vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402598 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, M. B C, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à la commune de Guéthary de procéder à l'enlèvement de la barrière entravant l'accès à sa propriété par le chemin de passage prévu dans le plan local d'urbanisme de la commune, sous astreinte de 5 000 euros par heure de retard ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Guéthary la somme de 7 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- depuis la révision du plan local d'urbanisme de la commune en 2020, l'accès à sa propriété ne se fait plus par la route nationale (RN) 10 devenue la route départementale (RD) 810 mais par un chemin de passage d'une largeur de 3,50 mètre prévu pour désenclaver sa propriété ; les travaux pour supprimer l'accès par la RD 810 et créer ce chemin ont été réalisés en 2020 ; cependant, la commune n'a pas mis en place les servitudes nécessaires, notamment pour passer sur la parcelle cadastrée section AD n° 55 ;
- en outre, par la mise en place de grilles empêchant l'accès à sa propriété par cette voie de désenclavement, ses voisins ainsi que la maire de la commune de Guéthary, qui refuse d'exercer ses pouvoirs de police au motif que cette voie de désenclavement désormais entravée serait un chemin privé, portent atteinte à la liberté d'aller et venir du requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
3. M. C fait valoir que la mise en place de barrières par les consorts A entrave le passage par le seul chemin permettant d'accéder à sa propriété, passage expressément prévu dans le plan local d'urbanisme de la commune, et que la maire de la commune de Guéthary a l'obligation de mettre en œuvre ses pouvoirs de police en procédant à l'enlèvement des obstacles empêchant d'emprunter cette voie qui, en outre, ne saurait être considérée comme un chemin privé, afin de rétablir un accès à sa propriété. Si l'intéressé peut ainsi être regardé comme faisant état d'une atteinte à sa liberté d'aller et venir et à son libre accès à la voie publique, accessoire du droit de propriété, la situation décrite ne révèle pas une situation d'urgence de nature à justifier l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter la requête de M. C en toutes ses conclusions, en ce comprises, en tout état de cause, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er r : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Copie pour information en sera adressée à la commune de Guétary.
Fait à Pau, le 11 octobre 2024.
La juge des référés,
S. PERDU
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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