vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 8 et 15 octobre et le 5 novembre 2024, M. A C, représenté par Me Picard, demande à la juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 août 2024 par laquelle la ministre de l'éducation nationale a mis fin, à compter du 1er septembre 2024 et par anticipation, à son détachement auprès de la communauté d'agglomération du Pays Basque et l'a réintégré dans son corps d'origine à compter de cette même date ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 1er septembre 2024 par laquelle le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque a mis fin, à compter de cette même date et par anticipation, à son détachement auprès de la communauté d'agglomération du Pays Basque ;
3°) de mettre solidairement à la charge de la ministre de l'éducation nationale et de la communauté d'agglomération du Pays-Basque la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la recevabilité de la requête :
- la requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux et qu'elle est assortie d'une requête en annulation déposée devant le tribunal de céans ;
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision à intervenir au fond est susceptible de n'intervenir qu'après l'entière exécution de l'arrêté litigieux qui ne peut que bouleverser ses conditions d'existence et emporte des conséquences sur sa rémunération ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'arrêté pris par la ministre de l'éducation nationale est illégal dès lors que l'auteur de l'acte était incompétent pour le prendre et qu'il est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'arrêté pris par le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'arrêté pris par le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'invitation à consulter son dossier est intervenue après que la décision litigieuse a été prise ;
-les arrêtés contestés n'ont pas respecté la procédure de licenciement applicable dans son cas dès lors qu'il ne s'agissait pas d'un détachement sur un emploi fonctionnel mais d'un emploi occupé par la voie contractuelle ;
- la cessation anticipée du détachement ne peut prendre effet qu'à la fin de son congé maladie ;
- les décisions en litige sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son intérêt et l'intérêt du service n'ont pas été pris en compte et que la décision a été prise en considération de sa personne ;
- la décision de fin de détachement anticipée correspond à une sanction déguisée au regard des accusations dont fait l'objet M. C ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2024, la communauté d'agglomération du Pays-Basque, représentée par Me Carrere, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 3000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la recevabilité de la requête :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision prise par la ministre de l'éducation nationale le 30 août 2024 est intervenue alors qu'il se trouvait en situation de compétence liée eu égard à la décision du 27 juin 2024 prise par le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque, que la décision du président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque du 1er septembre 2024 ne fait que tirer les conséquences de la décision prise par la ministre de l'éducation nationale et que la suspension de la décision du 27 juin 2024 n'est pas sollicitée dans la présente requête ;
Sur la condition d'urgence :
- le requérant ne justifie pas d'une atteinte grave et immédiate à sa situation, dès lors, l'urgence à suspendre l'exécution n'est pas établie ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'auteur de l'acte était compétent pour le prendre ;
- l'arrêté pris par la ministre de l'éducation nationale ne peut être entaché d'un défaut de motivation dès lors qu'il a été adopté dans une situation de compétence liée. Le moyen est donc inopérant.
- l'arrêté pris par le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque n'est pas entaché d'un défaut de motivation dès lors qu'il ne fait pas grief au requérant et se borne à constater la situation des décision antérieures ;
- le délai de préavis invoqué par le requérant lui est inapplicable dès lors qu'il ne concerne pas les décisions portant fin de détachement anticipée des fonctionnaires de l'Etat ;
- la procédure préalable était contradictoire dès lors que par une lettre du 4 juin 2024, M. C a été informé de la décision de fin de détachement que la communauté d'agglomération du Pays-Basque envisageait de prendre et de la possibilité de formuler des observations ou de consulter son dossier ;
- la procédure de licenciement ne lui est pas applicable dès lors qu'il a été recruté par voie de détachement ;
- le moyen tiré de l'adoption de la mesure en période de congé de maladie n'est pas fondé en droit ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est inopérant à l'encontre des décisions contestées dès lors que la décision de la ministre de l'éducation nationale est prise en situation de compétence liée et que la décision du président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque se borne à acter la fin du détachement prononcé par la ministre de l'éducation nationale ;
- l'intérêt du service justifiant la fin de détachement anticipée du requérant est établi dès lors qu'il est constant que le requérant n'est plus en mesure et ne souhaite plus assurer ses fonctions ou quelconques fonctions au sein du centre de formation d'apprentis et que la communauté d'agglomération du Pays-Basque n'était pas tenue de lui proposer un autre emploi ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2024, la ministre de l'éducation nationale conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la situation d'urgence n'est pas établie dès lors que l'intéressé a refusé de reprendre ses fonctions alors que la communauté d'agglomération ne pouvait lui confier un autre post et que la ministre de l'éducation nationale était en situation de compétence liée ;
- si le requérant allègue que la décision attaquée a impacté sa rémunération, la diminution de son salaire depuis le 1er juin 2024 était justifiée par son arrêt maladie et à compter du 1er septembre 2024 il a fait l'objet d'une réintégration dans le corps des professeurs des écoles et la ministre de l'éducation nationale a alors pris le relais dans le versement de son traitement ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'auteur de l'acte était compétent pour le prendre ;
- l'arrêté pris par la ministre de l'éducation nationale ne peut être entaché d'un défaut de motivation dès lors qu'il ne figure pas au nombre des décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et que le défaut de motivation d'une décision prise en situation de compétence liée n'emporte pas son illégalité ;
- le moyen relatif à l'absence de consultation du dossier du requérant est inopérant et infondé dès lors qu'il a pu présenter des observations par le biais de son conseil le 17 juin 2024 et a été informé qu'il pouvait consulter son dossier par un courrier du 4 juin 2024.
- le délai de préavis invoqué par le requérant lui est inapplicable dès lors que l'administration d'accueil a souhaité mettre fin de manière anticipée à son détachement dans l'intérêt du service en application de l'article 24 du décret du 16 septembre 1985 et que cette procédure n'est pas soumise à un délai particulier ;
- rien ne faisait obstacle à ce que la fin de détachement anticipée prenne effet à compter du 1er septembre 2024 dès lors que cette décision n'emporte aucune conséquence particulière sur la situation de l'intéressé et que les moyens tendant à critiquer la légalité d'une décision prise en situation de compétence liée sont inopérants ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est inopérant à l'encontre de la décision contestée dès lors que la décision prise par la ministre de l'éducation nationale est prise en situation de compétence liée et qu'il ne ressort pas de l'article 24 du décret du 16 septembre 1985 que la demande de fin de détachement anticipée ne puisse être fondée que sur des motifs disciplinaires ou des manquements de l'agent.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 octobre 2024 sous le n°2402599 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°85-986 du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sellès, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 novembre 2024 :
- le rapport de Mme Sellès, juge des référés ;
- les observations de Maître Picard, représentant le requérant, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que M. C souhaite et peut assurer ses fonctions au sein du siège de la communauté d'agglomération du Pays-Basque dès lors qu'il a pu continuer à travailler à distance durant son congé maladie ;
- les observations de M. D pour le ministère de l'éducation nationale qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens soulignant la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait la ministre rendant inopérant les moyens soulevés.
- les observations de Me Cadoux substituant Me Carrère pour la communauté d'agglomération qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et en outre que la décision prise n'est nullement une sanction déguisée mais la conséquence de ce que M. C ne peut et ne veut pas reprendre les fonctions sur lesquelles il a été détaché, considérant que la CAPB ne peut lui offrir aucune autre poste.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'arrêté pris par la ministre de l'éducation nationale :
2. Aux termes de l'article 24 du décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " Il peut être mis fin au détachement avant le terme fixé par l'arrêté le prononçant soit à la demande de l'administration ou de l'organisme d'accueil, soit de l'administration d'origine. Lorsqu'il est mis fin au détachement à la demande de l'administration ou de l'organisme d'accueil, le fonctionnaire continue, si son administration d'origine ne peut le réintégrer immédiatement, à être rémunéré par l'administration ou l'organisme d'accueil jusqu'à ce qu'il soit réintégré, à la première vacance, dans son administration d'origine () ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'administration d'origine, en tant qu'autorité investie du pouvoir de nomination, est seule compétente pour mettre fin au détachement avant le terme fixé. Saisie d'une demande en ce sens du fonctionnaire intéressé ou de l'administration ou de l'organisme d'accueil, elle est tenue d'y faire droit. Si elle ne peut le réintégrer immédiatement, le fonctionnaire continue à être rémunéré par l'administration ou l'organisme d'accueil jusqu'à ce qu'il soit réintégré, à la première vacance, si la demande de fin de détachement émanait de cet administration ou organisme d'accueil ; il cesse d'être rémunéré et est placé en position de disponibilité jusqu'à ce qu'intervienne sa réintégration à l'une des trois premières vacances dans son grade, si la demande émanait de lui.
4. Par suite, eu égard à la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait la ministre de l'éducation nationale, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est, en l'état de l'instruction de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 30 août 2024 dont il est demandé la suspension.
En ce qui concerne l'arrêté pris par le président de la communauté d'agglomération du Pays - Basque :
5. Au soutien de sa demande de suspension de l'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel le président de la communauté d'agglomération du Pays-Basque a mis fin, à compter de cette même date et par anticipation, à son détachement auprès de ladite communauté d'agglomération, le requérant soulève les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut de motivation, du vice de procédure d'une part, pour non-respect de la procédure de licenciement applicable dans son cas et d'autre part parce que la décision ne peut prendre effet durant son congé maladie, de l'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son intérêt et l'intérêt du service n'ont pas été pris en compte, de ce que la décision a été prise en considération de la personne et qu'elle constitue une sanction déguisée au regard des accusations dont il a fait l'objet.
6. En l'état de l'instruction, et aussi regrettable que soit la situation du requérant au regard des conditions à l'origine de son congé maladie qui pourront avoir des suites pénales, aucun des moyens soulevés ne constitue un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont il est demandé la suspension.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence ni sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions aux fins de suspension des décisions contestées doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que soit mise solidairement à la charge de la ministre de l'éducation nationale et de la communauté d'agglomération du Pays-Basque, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant, la somme que la communauté d'agglomération du Pays-Basque demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1eer : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération du Pays-Basque sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A C, à la ministre de l'éducation nationale et à la communauté d'agglomération du Pays-Basque.
Fait à Pau, le 8 novembre 2024.
La juge des référés,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026