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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402608

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402608

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402608
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSANCHEZ-RODRIGUEZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par un mineur confié à l'aide sociale à l'enfance pour obtenir un hébergement et une prise en charge effective de la part du département des Pyrénées-Atlantiques. En cours d'instance, le département ayant procédé à cette prise en charge à compter du 10 octobre 2024, le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction, devenues sans objet. Par ailleurs, le requérant a été admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 600 euros a été mise à la charge de l'État au profit de son avocat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner au département des Pyrénées-Atlantiques d'assurer sa prise en charge et notamment son hébergement, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 600 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire, enregistré le 10 octobre 2024, M. A, représenté par Me Sanchez-Rodriguez, doit être regardé comme concluant au non-lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d'injonction et maintient, par ailleurs, sa demande tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, ainsi que celle présentée sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.

Il fait valoir que M. A sera pris en charge par le département à compter du 10 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né en 2008 à Dababa en Guinée, a été confié à l'aide sociale à l'enfance du département des Pyrénées-Atlantiques, après la réalisation en juillet 2024 d'une expertise médicale osseuse, par un jugement du 26 septembre 2024 du juge des enfants du tribunal judiciaire de Bayonne. Par la présente requête, M. A demande à bénéficier d'un hébergement et d'une prise en charge effective.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

Sur la demande tendant au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le département des Pyrénées-Atlantiques a procédé à la prise en charge effective de M. A à compter du 10 octobre 2024. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant sont devenues sans objet, et il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces dernières.

Sur les frais liés au litige :

5. M. A bénéficie provisoirement de l'aide juridictionnelle. L'État versera à Me Sanchez Rodriguez, son avocat, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, la somme de 600 (six cents) euros qu'il demande, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. A.

Article 3 : L'État versera à Me Sanchez Rodriguez, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, une somme de 600 (six cents) euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au département des Pyrénées-Atlantiques et à Me Sanchez Rodriguez.

Fait à Pau, le 14 octobre 2024.

La juge des référés,

S. PERDU

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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