lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402632 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VIOLLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, M. C A B, représenté par Me Violleau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a maintenu son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner son extraction en vue d'assister à l'audience ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il a demandé au juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Tarbes une permission de sortir pour se rendre à un rendez-vous avec le gérant de la société qui propose de l'embaucher dès sa sortie de détention ; une telle permission est un préalable nécessaire à l'octroi d'un aménagement de sa peine et lui sera probablement refusée s'il est maintenu au répertoire des détenus particulièrement signalés, de sorte qu'il est absolument indispensable que le juge des référés se prononce avant le 16 octobre 2024 ;
- des moyens sont, en outre, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que :
* elle a été prise par une autorité incompétente dans la mesure où aucune disposition du code pénitentiaire ne prévoit la possibilité pour le ministre de la justice de déléguer sa compétence ;
* elle est insuffisamment motivée en fait, se fondant sur des éléments anciens de plus de quatre ans, tandis que depuis cette date, son comportement en détention est exemplaire, il s'astreint à un suivi psychologique régulier, il a suivi des formations et obtenu les 7 diplômes correspondants, en informatique, cuisine, secourisme, hygiène et propreté, et il a mis en place des versements volontaires de 100 euros chaque mois afin d'indemniser les parties civiles et de régulariser sa situation auprès de la direction générale des douanes et des droits indirects ; l'autorité judiciaire lui a alors accordé l'entièreté des réductions de peine auxquelles il avait droit et, le 22 mars 2024, la commission " détenus particulièrement signalés " a émis un avis favorable à sa radiation du répertoire ;
* elle est entachée d'erreur d'appréciation dans la mesure où sa situation personnelle n'est marquée par aucun élément nouveau entre l'avis de la commission DPS et l'avis du ministre de la justice rendu le 30 mai 2024, en corrélation avec la mort de deux surveillants pénitentiaires lors de l'évasion d'un détenu à l'occasion de son transfert le 14 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le numéro 2402630 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Aux termes de l'article D. 223-11 du code pénitentiaire : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le garde des sceaux, ministre de la justice, décide de l'inscription et de la radiation des personnes détenues au répertoire des personnes détenues particulièrement signalées dans des conditions déterminées par instruction ministérielle. ". Il ressort de l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022, prise pour la mise en œuvre de ces dispositions, que l'inscription d'un détenu au répertoire des détenus particulièrement signalés a pour seul effet d'appeler l'attention des personnels pénitentiaires et des autorités amenées à le prendre en charge sur ce détenu, en intensifiant à son égard les mesures particulières de surveillance, de précaution et de contrôle prévues pour l'ensemble des détenus par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Dans ce cadre, seules peuvent être apportées aux droits des détenus les restrictions résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la récidive et de la protection de l'intérêt des victimes, dans les conditions rappelées par l'article L. 6 du code pénitentiaire.
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse, M. A B se prévaut de ce que sa demande de permission de sortir, formulée auprès du juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Tarbes, afin de pouvoir se rendre à un rendez-vous avec le gérant de la société qui propose de l'embaucher dès sa sortie de détention, lui sera très probablement refusée s'il est maintenu au répertoire des " détenus particulièrement signalés ", alors que cette permission de sortir est un préalable nécessaire à l'octroi d'un aménagement de sa peine. Il rappelle aussi que la commission " détenus particulièrement signalés " (DPS) a émis un avis favorable à sa radiation du répertoire DPS avant que le ministre de la justice émette, quant à lui, un avis favorable au maintien de son inscription sur ce répertoire. Toutefois, en se bornant à soutenir qu'il doit se rendre à un rendez-vous avec son futur employeur, sans assortir cette allégation des précisions permettant d'en apprécier l'authenticité, alors qu'il résulte de ses écritures que sa fin de peine est fixée en 2029, il n'apporte pas de justifications suffisantes de nature à établir que la mesure litigieuse préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation. En outre, la décision attaquée, motivée au regard du profil pénitentiaire de l'intéressé, doit être regardée comme répondant à un motif d'intérêt général, qui doit être mis en balance avec les effets sur la situation personnelle du requérant de cette décision, rappelés au point 2. Dans ces conditions, l'existence d'une situation d'urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée, ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Fait à Pau, le 14 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. D
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026