jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Prt, magistrat désigné R.778-3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, M. B A, doit être regardé comme demandant au tribunal d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui attribuer une place dans une structure d'hébergement, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
Il soutient que :
- la commission de médiation des Pyrénées-Atlantiques a reconnu sa demande urgente et prioritaire, en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
- il n'a pas reçu d'offre d'hébergement, présente des fragilités importantes et a obtenu le bénéfice de l'allocation pour adultes handicapés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il précise que :
- les organismes désignés pour trouver un logement à M. A, à savoir le SIAO Pays-Basque et le SIAO Béarn, dans le délai de six semaines suivant la date de la décision de la commission de médiation, soit avant le 27 juin 2024, n'ont pas pu lui proposer un hébergement en CHRS, faute de places disponibles ;
- le préfet s'engage à héberger le requérant dès qu'une place se libèrera.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative et notamment l'article R. 778-1.
Le président a désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article R. 778-3 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Perdu été entendu au cours de l'audience publique tenue le 10 décembre 2024, en présence de Mme Strzalkowska, greffière.
Les parties n'étant ni présentées ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation: " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. ".
2. Aux termes de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsqu'elle est saisie au titre du III de l'article L. 441-2-3, la commission rend sa décision dans un délai qui ne peut dépasser six semaines. Le préfet propose, dans un délai de six semaines au plus à compter de la décision de la commission, une place dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes désignées par la commission de médiation en application du III ou du IV de l'article L. 441-2-3. Toutefois, si la commission préconise un accueil dans un logement de transition ou dans un logement-foyer, le délai est porté à trois mois. Passé le délai applicable, s'il n'a pas été accueilli dans l'une de ces structures, le demandeur peut exercer le recours contentieux défini au II de l'article L. 441-2-3-1. / () ".
3. Il résulte de l'instruction que lors de sa séance du 16 mai 2024, la commission de médiation des Pyrénées-Atlantiques, en application du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a reconnu que la situation de M. A était prioritaire et qu'il devait être accueilli, en urgence, dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale (CHRS).
4. Il résulte également de l'instruction qu'aucune offre d'hébergement correspondant aux besoins et aux capacités de M. A ne lui a été proposée, alors que le délai prévu par l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation a expiré. Par suite, et dès lors que la condition d'urgence n'a pas disparu, et qu'il n'est pas établi ni même allégué que le comportement du bénéficiaire de la décision de la commission de médiation serait de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Pyrénées- Atlantiques de proposer à M. A une place dans une structure d'hébergement de type centre d'hébergement d'urgence ou dans une résidence à vocation sociale, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai d'un mois. Cette astreinte sera versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, jusqu'au jugement de liquidation définitive.
D É C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de proposer à M. A une place dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale (centre d'hébergement et de réinsertion sociale - CHRS) dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai.
Article 2 : L'astreinte, d'un montant de 50 euros par jour de retard à compter du 13 janvier 2025, sera versée par les services de l'État au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, jusqu'à sa liquidation définitive par le juge.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La présidente,
S. PERDU
La greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026