jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES ETRANGERS |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 22 octobre 2024, M. D A, représenté par Me Thelcide, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il aurait dû bénéficier de la procédure de réadmission prévue par les dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il disposera prochainement d'un droit au séjour sur le territoire espagnol ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation eu égard aux conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le risque qu'il se soustrait à la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établi et qu'il possède des garanties de représentation suffisantes.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- en fixant comme pays de renvoi le Maroc alors qu'il disposera prochainement d'un titre de séjour espagnol, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a entaché la décision attaquée d'illégalité.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle fixe un délai disproportionné dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques ;
- le requérant n'a jamais mentionné avoir des attaches en Espagne et il n'est pas établi qu'il dispose d'un titre de séjour délivré par les autorités espagnoles en cours de validité ;
- le requérant n'est en France que depuis peu de temps, ne fait pas preuve d'une intégration professionnelle significative et ne verse au dossier aucun justificatif de domicile.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- le risque de soustraction à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire est établi dès lors que le requérant n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour, a manifesté son souhait de rester en France et ne présente pas de garanties de représentation suffisantes.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il pouvait légalement assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français dès lors qu'aucun délai de départ volontaire ne lui a été octroyé et qu'il ne justifie pas de circonstance humanitaire particulière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 23 octobre 2024 à 15 heures 30, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Thelcide, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, insiste sur le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dès lors que la délégation du signataire est démesurément générale et non circonstanciée et précise que les liens de M. A avec le Maroc sont rompus dès lors qu'il ne s'y est pas rendu depuis quatre ans et que sa mère se trouve sur le territoire espagnol.
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, de nationalité marocaine, né le 27 novembre 1996 à Jnane El Ouard au Maroc, est entré régulièrement sur le territoire français le 27 juillet 2021, muni d'un visa long séjour mention " étudiant " et était titulaire d'une carte de séjour temporaire valide jusqu'au 14 octobre 2023. Le 15 octobre 2024, M. A a été interpellé par les services de la police aux frontières d'Hendaye et a fait l'objet d'une retenue afin qu'il puisse être procédé à la vérification de la régularité de son séjour. Par un arrêté du 16 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, il demande l'annulation de cette décision. Par décision du 16 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé de le placer en rétention administrative, renouvelée par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du 21 octobre 2024 pour une durée de vingt-six jours.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 26 août 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, le préfet de ce département a donné délégation à M. Samuel Gesret, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, sous-préfet de Pau et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat. Ainsi, M. B a régulièrement reçu par cette délégation, qui n'est ni générale ni absolue, compétence pour signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que ce dernier a été pris par une autorité incompétente manque en fait et doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 621-4 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne l'étranger, détenteur d'un titre de résident de longue durée - UE en cours de validité accordé par cet Etat, en séjour irrégulier sur le territoire français. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. () ".
5. Il ressort de ces dispositions et de celles précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat membre de l'Union européenne ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-4, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union européenne d'où il provient, sur le fondement de cet article, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.
6. En l'espèce, M. A soutient qu'il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire dès lors qu'il dispose d'un titre de séjour espagnol. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'il bénéficie effectivement de ce droit au séjour sur le territoire espagnol ni qu'il ait demandé à être éloigné vers l'Espagne alors au demeurant qu'au terme du procès-verbal d'audition du 15 octobre 2024, il a déclaré vivre en France depuis le 27 juillet 2021 et être hébergé chez un ami à Pau. Dans ces conditions, le préfet, qui n'était nullement tenu de mettre en œuvre une procédure de réadmission, a pu légalement obliger l'intéressé à quitter le territoire français.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Si M. A soutient que le centre de ses intérêts se situe en France et qu'il s'est inscrit pour suivre une formation de manager d'équipe relation client à distance, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire et sans enfant, qu'il est arrivé en France il y a seulement trois ans et qu'il a déclaré, au cours de son audition du 15 octobre 2024 par les services de police, que sa famille se trouve au Maroc. En outre, il ne démontre aucune intégration professionnelle significative. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être énoncés au point précédent, le moyen tiré de ce que le préfet des Pyrénées-Atlantiques aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A était titulaire d'une carte de séjour temporaire mention étudiant valable jusqu'au 14 octobre 2023 dont il n'a pas demandé le renouvellement. D'autre part, lors de l'audition du 15 octobre 2024 effectuée par les services de police, M. A a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de quitter le territoire français et qu'il n'est plus en possession de ses documents d'identité qu'il a perdus. S'il a également déclaré être hébergé par un ami à titre gratuit, toutefois, en l'absence de tout autre élément permettant de corroborer ses dires, il n'établit pas qu'il dispose d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, l'intéressé entrait donc dans la situation prévue aux 3° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au titre desquelles le préfet pouvait légalement refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire, en application du 3° de l'article L. 612-2 du même code. Par conséquent, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le préfet n'était nullement tenu de mettre en œuvre une procédure de réadmission prévue par les dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, il n'était pas tenu de fixer l'Espagne comme pays de renvoi. Au demeurant, la décision attaquée précise que le requérant pourra être éloigné à destination de tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet des Pyrénées-Atlantiques aurait entaché, sur ce point, sa décision d'illégalité, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision interdiction de retour sur le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
15. M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où le préfet doit assortir son obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction ne soit pas décidée. En l'espèce, il n'est justifié d'aucune circonstance humanitaire, de sorte que c'est à bon droit que le préfet des Pyrénées-Atlantiques a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, et le préfet précise que l'intéressé ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois années, alors même que M. A s'était inscrit pour suivre une formation en France, est disproportionné. La décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée dans cette mesure.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au bénéfice de Me Thelcide, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 16 octobre 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français est annulée en tant qu'elle prévoit une durée d'interdiction de trois ans.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros au bénéfice de Me Thelcide, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La magistrate désignée,
M. CLa greffière,
M. CALOONE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026