vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402711 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL GOSSEMENT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2023, l'association One Voice, représentée par Me Gossement, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de :
1°) enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de suspendre l'exécution de l'arrêté pris le 15 octobre 2024, autorisant à des fins scientifiques la capture dans le milieu naturel d'alouettes des champs à l'aide de pantes ;
2°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors que l'association a intérêt à agir et qu'elle est agréée pour la protection de l'environnement ;
- l'urgence est établie dès lors que la période de capture des alouettes des champs a d'ores et déjà débuté et qu'elle a pour effet de perturber de manière manifeste l'espèce alors que la pratique de l'expérimentation scientifique a souvent été interdite par la cour de justice de l'union européenne, qu'il est constant que l'espèce est en déclin et a subi une diminution de plus de 20% au cours des vingt dernières années, qu'elle a été classée sur la liste rouge du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature comme " quasi-menacé ", qu'elle est susceptible de porter atteinte à d'autres oiseaux, capturés de manière non sélective ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré prévu par l'article premier de la Charte de l'environnement ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte de l'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
3. L'association One Voice fait valoir que les conséquences qui découlent de la décision contestée justifient que son exécution soit suspendue en urgence dès lors que la période de capture des alouettes des champs a d'ores et déjà débuté et qu'elle a pour effet de perturber de manière manifeste l'espèce alors qu'il est constant que l'espèce est en déclin et a subi une diminution de plus de 20% au cours des vingt dernières années et que l'expérimentation a pour but de permettre la chasse de cette espèce. Par ailleurs, elle relève que la chasse aux pantes utilisées contre les alouettes a été interdite au regard du fait qu'elle ne respecte pas les objectifs de l'article 9 de la directive du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages et qu'elle est susceptible de porter atteinte à d'autres oiseaux, capturés de manière non sélective. Cependant, il est constant qu'il est prévu que les spécimens soient immédiatement relâchés après leur capture et que l'alouette des champs a été classée sur la liste rouge du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature comme " quasi-menacée " et non " en danger " ou " en danger critique ". Si l'intéressée peut ainsi être regardée comme faisant état d'une atteinte au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré, la situation décrite ne révèle pas d'une situation d'urgence de nature à justifier l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de l'association One Voice en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Néanmoins, il est loisible à la requérante, si elle s'y croit fondée, d'introduire une nouvelle requête en référé qui n'implique pas une intervention du juge administratif dans un délai aussi bref.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme sollicitée par l'association One Voice au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association One Voice est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée l'association One Voice.
Fait à Pau, le 25 octobre 2024.
La juge des référés
M. A
La République mande et ordonne préfet des Pyrénées Atlantiques, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026