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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402713

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402713

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCES ETRANGERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 18 octobre et le 21 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Pather, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligé à quitter le territoire français avec un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a obligé à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 542-1 et L. 611-1-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est privée de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

- la décision attaquée est privée de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch :

- la décision attaquée est privée de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'auteur de l'acte attaqué a reçu délégation par arrêté du 18 juillet 2024 régulièrement publié ;

- la décision attaquée comporte les éléments de faits et de droit qui la fondent ;

- elle a été prise après que la cour nationale du droit d'asile a statué et rejeté la demande du requérant ;

- les conditions d'entrée et du séjour du requérant, récentes, avec sa compagne faisant l'objet d'une même décision d'éloignement ne permettent pas de considérer que l'éloignement porterait atteinte à son droit à une vie privée et familiale en France sans que puisse être valablement invoqué le contrat de travail qu'il a signé avec Burger King.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- l'exception d'illégalité sera rejetée ;

- aucune violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être invoquée dans la mesure où ses allégations ne sont pas assorties d'éléments probants établissant les risques auxquels il serait exposé en Côte d'Ivoire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pendant un an sur le territoire français :

- l'exception d'illégalité sera écartée ;

- la motivation au sens de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été respectée ;

- aucune erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a été commise compte tenu de la durée de son séjour sur le sol français et ses conditions de vie.

En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch :

- l'exception d'illégalité sera écartée ;

- la décision est motivée au sens de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- aucune erreur de droit dans l'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être retenue ;

- enfin ; les modalités d'application de l'article L. 721-7 de ce code ne sont entachées d'aucune erreur manifeste d'appréciation que lors que le requérant ne fait valoir aucun obstacle à ce qu'il se présente au commissariat de police.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 25 novembre 2024 à 10 heures, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, ajoute les nouveaux moyens tirés du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant et de l'erreur de fait dès lors que la préfecture allègue qu'il n'est pas inséré alors qu'il a signé un contrat à durée indéterminée à Burger King, insiste sur la situation personnelle de l'intéressé en précisant qu'il a suivi plusieurs stages de mise en situation l'ayant conduit à obtenir ce contrat et ajoute que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'a pas lieu d'être dès lors que c'est la première fois que M. B est visé par une obligation de quitter le territoire français.

Le préfet du Gers n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, de nationalité ivoirienne, né le 11 décembre 1998 à Nioulde Guiglo en Côte d'Ivoire, est irrégulièrement entrée en France le 5 juillet 2023. Il a sollicité l'asile enregistrée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 2 août 2023 qui l'a rejetée par décision du 28 novembre 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 17 mai 2024. Le 18 juin 2024, M. B a déposé une demande de titre de séjour " étranger malade " qui a été rejetée. Par un arrêté du 18 septembre 2024, le préfet du Gers lui a fait obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a obligé à se présenter au commissariat d'Auch une fois par semaine. Par un arrêté du 10 novembre 2024, le préfet du Gers l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 pris par le préfet du Gers.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Gers mentionne la circonstance que la demande d'asile de M. B a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 novembre 2023 et que la légalité de cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 17 mai 2024. Il mentionne également l'union avec sa compagne qu'il a rencontrée au cours de son parcours migratoire, et la naissance de son fils le 14 juillet 2021 en Tunisie. Si le requérant soutient que l'arrêté contesté ne mentionne pas le contrat à durée indéterminée qu'il a conclu le 21 août 2024 avec la société Burger King, soit un mois avant l'arrêté en litige, cette seule circonstance ne saurait démontrer une insuffisance de motivation ou un défaut d'examen sérieux et personnalisé de sa situation, alors même que l'arrêté attaqué mentionne explicitement et précisément des circonstances propres à sa situation personnelle et familiale. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation de la décision attaquée et du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. B doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Gers se serait fondé sur un élément matériellement inexact pour édicter la décision attaquée.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". En outre, aux termes de l'article R. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".

5. Il ressort du relevé d'information de la base de données " Telemofpra " relative à l'état des procédures de demande d'asile, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours de M. B par une décision du 17 mai 2024. Il ressort de cette décision qu'une lecture publique en a été faite le même jour. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B ne bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français que jusqu'au 17 mai 2024. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Si M. B soutient que le centre de ses intérêts se situe en France et se prévaut de la présence de sa compagne enceinte et de son fils à naître et qu'il a conclu un contrat à durée indéterminée, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est arrivé en France en juillet 2023, soit à peine un peu plus d'un an avant la décision attaquée et que sa compagne, également ressortissante ivoirienne, est aussi en situation irrégulière sur le territoire français et visée par une obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, M. B ne soutient pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans et au sein duquel, il pourrait construire sa cellule familiale avec sa compagne, ressortissante de ce même pays et son enfant à naître. Enfin, si le requérant se prévaut de son intégration professionnelle par la réalisation de quatre stages de mise en situation professionnelle au cours de l'année 2024 et de la conclusion d'un contrat à durée indéterminée, il ressort des pièces du dossier cette dernière n'est intervenue que le 21 août 2024, soit moins d'un mois avant l'édiction de la décision attaquée, ne démontrant pas l'existence d'une réelle insertion en France. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas avoir noué des liens suffisamment anciens, intenses et stables sur le territoire français. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que le préfet du Gers a édicté à l'encontre de M. B une obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

8. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " De même, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

10. M. B n'établit pas qu'il serait exposé à des risques actuels, personnels et réels de peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Côte d'Ivoire. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision interdiction de retour sur le territoire français :

11. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

13. L'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'examen de l'un d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse, à sa seule lecture, en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

14. La décision attaquée vise les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constituent les fondements de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et a relevé que l'intéressé est entré récemment en France, qu'il ne justifie pas y avoir noué des liens personnels caractérisés par leur ancienneté et leur intensité, qu'il n'a pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui ont fondé la décision. Si elle ne vise pas les dispositions de l'article L. 612-10, s'agissant de la détermination de la durée de cette interdiction, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'ensemble des critères énoncés par l'article L. 612-10 du code précité ont été pris en compte par le préfet du Gers pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

15. Enfin, si M. B soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre est disproportionnée, il ne conteste pas être entré en France en juillet 2023 et ne se prévaut pas d'attaches personnelles ou familiales en France autres que sa compagne, ressortissante ivoirienne, arrivée en France en même temps que lui. Malgré les circonstances que l'intéressé n'ait pas déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement ne constituerait pas une menace à l'ordre public et, eu égard à la durée d'un an fixée par le préfet, la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne présente pas un caractère disproportionné.

En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter au commissariat d'Auch une fois par semaine :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle astreignant M. B à se présenter au commissariat d'Auch une fois par semaine doit être écarté.

17. En deuxième lieu, la décision faisant obligation à M. B de se présenter de façon hebdomadaire au commissariat d'Auch constitue une mesure de police visant à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui doit être motivée en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Cette motivation peut toutefois se confondre avec celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire, laquelle est, ainsi qu'il a été dit au point 2, suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

18. En troisième et dernier lieu, la aux termes des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".

19. La circonstance que l'arrêté en litige ne mentionne pas le fait que la décision portant astreinte à se présenter au commissariat d'Auch est prise pour une durée limitée au délai de départ volontaire de trente jours n'est pas de nature à entacher cette décision d'illégalité dès lors qu'il ressort des termes de cet arrêté que la décision attaquée a été prise sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision auraient produit des effets après l'expiration du délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a astreint à présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch , de sorte que les conclusions présentées à cette fin doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

21. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

22. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme dont M. B demande le versement sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C B et au préfet du Gers.

Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

La magistrate désignée,

M. ALa greffière,

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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