mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402725 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2024, M. C A B, représenté par Me Violleau, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a maintenu son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner son extraction en vue d'assister à l'audience ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que des éléments nouveaux, depuis sa précédente demande de suspension présentée le 10 octobre 2024, dans une requête enregistrée sous le numéro 2402632, sont de nature à établir que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation : le 16 octobre 2024, la juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Tarbes a rejeté sa demande de permission de sortir en se fondant sur l'insuffisance des garanties de représentation soit, nécessairement et exclusivement, sur son statut de détenu particulièrement signalé, alors que son projet de réinsertion est sérieux ; cette permission de sortie était pourtant le préalable indispensable à un aménagement de sa peine ; un appel a été interjeté contre la décision du juge d'application des peines, et il est impératif qu'il soit statué sur cette demande de suspension de la décision maintenant son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés avant que la chambre d'application des peines de la Cour d'appel de Pau examine son recours ;
- des moyens sont, en outre, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que :
* elle a été prise par une autorité incompétente dans la mesure où aucune disposition du code pénitentiaire ne prévoit la possibilité pour le ministre de la justice de déléguer sa compétence ;
* elle est insuffisamment motivée en fait dès lors qu'elle se fonde sur des éléments anciens de plus de quatre ans, pour les plus récents, tandis que depuis 2020 son comportement en détention est exemplaire, justifiant que son régime de détention soit modifié ; il a en effet suivi des formations et a obtenu des diplômes (notamment en informatique, secourisme, hygiène), il s'investit dans un suivi psychologique et a mis en place des versements volontaires de 100 euros chaque mois afin d'indemniser les parties civiles et de régulariser sa situation auprès de la direction générale des douanes et des droits indirects ; l'autorité judiciaire lui a d'ailleurs accordé l'entièreté des réductions de peine auxquelles il avait droit et, le 22 mars 2024, la commission " détenus particulièrement signalés " a émis un avis favorable à sa radiation du répertoire ;
* elle est entachée d'erreur d'appréciation dans la mesure où sa situation personnelle n'est marquée par aucun élément nouveau entre l'avis de la commission DPS et l'avis du ministre de la justice rendu le 30 mai 2024, en corrélation avec la mort de deux surveillants pénitentiaires lors de l'évasion d'un détenu à l'occasion de son transfert le 14 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le numéro 2402630 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Y pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Aux termes, par ailleurs, de l'article D. 223-11 du code pénitentiaire : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le garde des sceaux, ministre de la justice, décide de l'inscription et de la radiation des personnes détenues au répertoire des personnes détenues particulièrement signalées dans des conditions déterminées par instruction ministérielle. ". Il ressort de l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022, prise pour la mise en œuvre de ces dispositions, que l'inscription d'un détenu au répertoire des détenus particulièrement signalés a pour seul effet d'appeler l'attention des personnels pénitentiaires et des autorités amenées à le prendre en charge sur ce détenu, en intensifiant à son égard les mesures particulières de surveillance, de précaution et de contrôle prévues pour l'ensemble des détenus par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Dans ce cadre, seules peuvent être apportées aux droits des détenus les restrictions résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la récidive et de la protection de l'intérêt des victimes, dans les conditions rappelées par l'article L. 6 du code pénitentiaire.
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse, M. A B produit l'ordonnance du 16 octobre 2024 par laquelle la juge d'application des peines du tribunal judiciaire de Tarbes a rejeté une demande de permission de sortir, présentée le 3 octobre 2024, pour préparer sa réinsertion sociale, aux motifs que le condamné ne présente pas les garanties suffisantes pour l'octroi de cette permission et qu'il figure par ailleurs sur le répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Le requérant précise avoir interjeté appel de cette ordonnance et souligne l'importante que la suspension de la décision en litige intervienne avant que la chambre d'application des peines de la Cour d'appel de Pau ne statue sur son recours.
5. Il ressort cependant des pièces du dossier que la décision du 21 juin 2024 en litige maintenant M. A B sur le répertoire des DPS est fondée, d'une part, sur l'appartenance du requérant à la criminalité organisée, résultant de condamnations prononcées en 2013 et 2015 pour des faits de délit et de trafic international non autorisé de stupéfiants commis en bande organisée, ainsi que pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement et de dégradation de bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, en récidive, d'autre part, sur la condamnation en 2017 à 9 ans d'emprisonnement délictuel pour des faits d'importation, d'acquisition, de détention et de transport non autorisés de stupéfiants en récidive, et sur " ses velléités de soustraction à la garde de la justice ", notamment son évasion le 4 juin 2014 lors d'une extraction médicale avec l'aide d'un commando armé, pour laquelle il a été condamné à une peine de 7 ans d'emprisonnement et les suspicions de préparatifs d'évasion en 2017 ayant conduit à son transfert par mesure d'ordre et de sécurité. Enfin, la décision est fondée sur la capacité de ce détenu à se procurer des objets et substances prohibées en détention et sur ses " velléités de communication avec l'extérieur en dehors de tout contrôle de l'administration ", des événements de 2019 et 2020 étant cités, ainsi que sur un refus d'obtempérer (refus de réintégrer sa cellule) en soutien à un codétenu le 5 mars 2020.
6. Ainsi, la décision attaquée, motivée par le profil pénal et pénitentiaire de l'intéressé, doit être regardée comme répondant à un motif d'intérêt général, qui doit être mis en balance avec les effets sur la situation personnelle du requérant de cette décision. Dans ces conditions, l'existence d'une situation d'urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée, ne peut être regardée comme satisfaite.
7. En outre, en l'état, aucun des moyens soulevés ne paraît propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 21 juin 2024.
8. Par suite, aucune des deux conditions posées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant remplie, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Copie pour information sera adressée au directeur du centre pénitentiaire de Lannemezan.
Fait à Pau, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. Y
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026