vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2402908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES ETRANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée les 7 novembre 2024, M. B C A représenté par Me Bordes, demande à la magistrate désignée :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel la préfète des Landes l'a assigné à résidence dans le département des Landes pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter tous les jours entre 9h00 et 10h00, au commissariat de police nationale de Mont-de-Marsan ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1191 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel la préfète des Landes l'a assigné à résidence est fondé sur la décision du 6 juin 2024 qui est illégale dès lors que cet arrêté ne lui a pas été transmis de sorte qu'il ne peut s'appliquer et fonder la décision litigieuse ;
- l'auteur signataire de l'arrêté du 31 octobre 2024 est incompétent ;
- les dispositions de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers
et de l'asile ont été méconnues ;
- il n'est pas l'auteur de coups de feu de sorte que la préfète a commis une erreur dans
l'appréciation des faits et de sa situation ;
- il remplit les conditions de l'article 2.2 de la circulaire Valls de sorte qu'il peut
bénéficier d'une admission au séjour au titre du travail ;
- il remplit les conditions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des
étrangers et de l'asile ;
- il remplit les conditions de l'article L. 435-1 du même code ;
- il a travaillé, vit depuis sept années en France, est en couple et a été en situation
régulière de sorte que les conditions de l'article L. 423-23 du même code précité sont remplies et sollicite sur ce fondement un titre de séjour vie privée et familiale ;
- une décision de refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît l'article 8 de la
convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de se présenter tous les jours entre 9h00 et 10h00 est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2024, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Crassus, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 7761-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 novembre 2024 à 15h00, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience le rapport de Mme Crassus, magistrate déléguée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, de nationalité guinéenne, a été destinataire d'un arrêté en date du 6 juin 2024 par lequel la préfète des Landes lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Suite à son placement en garde à vue par les services de police, par une décision du 31 octobre 2024, la préfète des Landes l'a assigné à résidence dans le département des Landes. Par la requête, M. A demande à la magistrate désignée l'annulation de la décision d'assignation à résidence.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. En premier lieu, la préfète des Landes a donné délégation, selon arrêté du 6 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à Mme Stéphanie Monteuil, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer, notamment, les décisions relatives à la liberté et détention. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est remis aux étrangers assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 une information sur les modalités d'exercice de leurs droits, les obligations qui leur incombent et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'une aide au retour. () ". Aux termes de l'article R. 732-5 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la remise du formulaire relatif aux droits et obligations des étrangers assignés à résidence doit s'effectuer au moment de la notification de la décision d'assignation à résidence ou, au plus tard, lors de la première présentation de l'étranger aux services de police ou de gendarmerie. Ainsi, cette formalité peut être satisfaite postérieurement à l'édiction de la décision d'assignation à résidence. Dès lors, l'absence d'information telle que prévue aux articles L. 732-7 et R. 732-5 précités ou l'irrégularité de cette information demeure sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige, laquelle s'apprécie à la date de son édiction et non pas de sa notification. Par suite, le moyen tiré leur méconnaissance doit être écarté.
5. En troisième lieu, si M. A soutient que l'assignation à résidence est dépourvue de base légale pour être fondée sur un arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 6 juin 2024 dont il n'a pas reçu notification, il ressort des pièces des dossiers que l'arrêté du 6 juin 2024 a été régulièrement présenté à l'adresse connue de l'administration, la circonstance que le pli n'a pas été délivré faute au destinataire de le réclamer auprès des services postaux est sans incidence sur la régularité de cet acte. Le moyen tiré du défaut de base légale en l'absence de notification de la décision du 6 juin2024 doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
7. La décision attaquée n'a pas pour objet de refuser à M. A la délivrance d'aucun titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " étudiant ". Dès lors, le requérant ne peut utilement invoquer, ni la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui fixe les conditions devant être réunies par un étranger pour se voir délivrer un titre en qualité d'étudiant, ni la méconnaissance de l'article L. 435-1 du même code et l'article 2.2 de la circulaire dite Valls, qui fixent notamment les conditions devant être réunies par un étranger pour se voir délivrer un titre en qualité de " salarié ". Il ne peut pas plus davantage invoquer utilement la méconnaissance de l'article L. 423-23 du même code en ce qu'il fixe les critères à remplir pour se voir délivrer un titre au titre du regroupement familial. Les moyens tirés de la méconnaissance des article L. 422-1, L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants et ne peuvent, par suite, qu'être écartés.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsqu'un Etat requis a refusé de prendre en charge ou de reprendre en charge l'étranger, il est immédiatement mis fin à l'assignation à résidence édictée en application du présent article, sauf si une demande de réexamen est adressée à cet Etat dans les plus brefs délais ou si un autre Etat peut être requis. / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. / L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article ou placé en rétention administrative, n'a pas déféré à la décision de transfert dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire peut être à nouveau assigné à résidence en application du présent article ". Aux termes de l'article L. 733-1 de ce même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Enfin, aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, qui est de s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
9. L'arrêté attaqué fait obligation au requérant de se présenter tous les jours entre 9h00 et 10h00, au commissariat de police de Mont-de-Marsan, 6, place Pancau et l'oblige à rester dans le département des Landes. Cette mesure d'assignation vise à assurer l'exécution de la mesure d'éloignement dès lors que les conditions seront réunies. Si le requérant soutient que le pointage quotidien est fastidieux, il ne démontre pas que l'obligation d'assignation et les modalités d'application mises en œuvre pour en assurer le respect, notamment un pointage à Mont-de-Marsan alors qu'il y réside, ne travaille pas et n'a pas de charge de famille, seraient incompatibles avec sa situation personnelle. Les mesures prononcées par l'arrêté litigieux apparaissent ainsi nécessaires et adaptées et ne présentent pas un caractère disproportionné au regard de l'objectif poursuivi, ni une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
11. M. A ne justifie ni de sa vie familiale, n'a aucun enfant à charge et ne justifie pas en quoi cette assignation à résidence méconnaît la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs cités au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel la préfète des Landes l'a assigné à résidence dans le département des Landes pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La magistrate désignée,
L. CRASSUSLa greffière,
M. CALOONE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026