mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2403033 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024, et des pièces produites le 9 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Moura, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination d'un éventuel éloignement, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées, à titre principal, de lui délivrer, à titre temporaire, un certificat de résidence algérien, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour, en attendant la décision du juge du fond ;
3°) et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est présumée face à un refus de renouvellement et, en l'espèce, elle est caractérisée par la circonstance qu'il est placé dans une situation de précarité économique et sociale, en raison du délai probable de jugement de sa requête au fond, alors qu'il a un enfant à charge et qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche ;
- en outre, des moyens sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté en litige :
* en ce qui concerne le refus de titre :
- la décision est signée par la secrétaire générale de la préfecture, par délégation, sans que soit apportée la preuve que cette délégation a été publiée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet a commis une erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien ; les époux ne sont pas séparés, l'absence de cohabitation temporaire étant lié à la situation personnelle de son épouse, qui avait gardé un logement au Havre afin de recevoir son fils adolescent, né d'une précédente union et placé temporairement dans un foyer ; elle le voit des fins de semaines ainsi que pendant les petites vacances scolaires, tandis que le déménagement à Tarbes de ce jeune est prévu et préparé avec l'équipe éducative qui le suit ; M. A a justifié de la réalité de la vie commune à Tarbes, dans un studio d'abord puis, lorsque le fils adolescent de Mme arrivera à Tarbes, dans un logement plus grand ; Mme produit à l'instance des billets de train justifiant de ces allers retours entre Tarbes et le Havre, tandis que l'adresse principale de Mme figurant sur de nombreux documents (CNI, passeport, courriers de la CAF) est bien celle où se trouve son mari à Tarbes ; l'absence de cohabitation permanente, justifiée par des circonstances indépendantes de la volonté des époux, n'est à elle seule de nature à faire regarder la communauté de vie comme ayant cessé ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le requérant étant intégré et ayant régulièrement travaillé tant qu'il disposait d'un titre de séjour, tandis que son frère réside à Tarbes et exploitant une entreprise de travaux dans le bâtiment ;
* en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- cette décision n'est pas motivée ;
- son droit d'être entendu garanti à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux a été méconnu ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien ;
* en ce qui concerne le délai de départ volontaire :
- elle est signée par une personne devant justifier d'une régulière délégation ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle n'accorde qu'un délai de trente jours, beaucoup trop bref ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre et de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
* en ce qui concerne pays de destination :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des précédentes décisions contestées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, le préfet des Hautes Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il précise que :
- la condition d'urgence n'est en l'espèce pas remplie dès lors que le requérant est en situation irrégulière depuis la notification, le 2 novembre 2023, de l'arrêté du 20 octobre 2023 et n'apporte aucune justification au délai d'un an mis pour demander la suspension du refus de titre ; la présomption d'urgence ne pourra donc être retenue ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 15 novembre 2024 sous le n° 2302914 par laquelle le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 9 décembre 2024 en présence de la greffière d'audience, le rapport de Mme Perdu, ainsi que les observations de :
- Me Moura, en présence de M. et Mme A, qui rappelle que le requérant a obtenu un titre de séjour " vie privée et familiale " en sa qualité de conjoint de française et a travaillé pendant cette période mais que, lors du renouvellement de son titre, un mariage blanc a été suspecté alors que la situation familiale est claire : Mme se rend régulièrement, environ deux fois par mois, au Havre afin de maintenir des liens avec son fils, adolescent, placé, le projet éducatif consistant à ce que ce dernier rejoigne le couple A à Tarbes ; pour l'instant, le requérant ne pouvant travailler, les revenus du couple ne permettent pas de louer un logement plus grand qu'un studio et ce studio ne permet pas d'accueillir le fils de Mme issu d'une précédente union ; M. A ajoute qu'il prend des cours de français, qu'il souhaite pouvoir travailler dans le bâtiment et rester auprès de sa femme et de son frère qui se trouve à Tarbes ;
- le préfet n'étant ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né en 1986 à Khalloul, en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France régulièrement, le 23 décembre 2021, muni d'un visa long séjour valable du 20 décembre 2021 au 17 juin 2022. Il s'est marié précédemment, le 8 octobre 2021, avec une ressortissante de nationalité française et a obtenu, en sa qualité de conjoint d'une française, un récépissé de demande de titre de séjour le 7 juin 2022, puis un titre de séjour délivré au titre de la " vie privée et familiale " le 19 juillet 2022, valable jusqu'au 18 juillet 2023. Il a déposé une demande de renouvellement de ce titre et, par un arrêté du 20 octobre 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées a opposé un refus à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire et a fixé le pays de destination d'un éventuel éloignement. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi ". Aux termes de l'article L. 722-8 du même code : " Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français ". Il résulte de ces dispositions que le dépôt, dans le délai de recours, d'une requête en annulation contre l'arrêté refusant la délivrance d'un titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français suspend l'exécution de cette obligation ainsi que, par voie de conséquence, celle de la décision fixant le pays de destination et de l'interdiction de retour sur le territoire français.
4. Il ressort des pièces portées à la connaissance du juge des référés que le requérant a saisi le présent tribunal d'une requête n° 2302914 tendant à obtenir l'annulation de l'arrêté en litige du 20 octobre 2023. Le dépôt de cette requête aux fins d'annulation, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle n'aurait pas été déposée dans les délais de recours, a eu pour effet de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement, prononcées à l'encontre du requérant. Il ne saurait donc être demandé au juge des référés de suspendre l'exécution de ces décisions, dont le recours en annulation formé contre elles a déjà entraîné cet effet suspensif. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de ces décisions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne le refus de titre :
5. À supposer que la condition d'urgence soit considérée comme remplie pour obtenir la suspension de l'exécution du refus opposé à la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A, même si le préfet souligne en défense dans la présente instance que le référé a été formé plus d'un an après la notification de l'arrêté du 20 octobre 2023, en l'état de l'instruction, au vu des éléments dont semblait disposer le préfet des Hautes-Pyrénées à la date où il a pris sa décision, aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité du refus opposé le 20 octobre 2023.
6. Dans ces conditions, la demande de suspension de l'exécution du refus de renouvellement de titre de séjour opposé le 20 octobre 2023 à M. A, doit être rejetée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions présentées par M. A aux fins de suspension de l'exécution des décisions prises par le préfet des Hautes-Pyrénées dans son arrêté du 20 octobre 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hautes-Pyrénées.
Fait à Pau, le 11 décembre 2024.
La juge des référés, La greffière,
S. PERDU A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026