LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2403143

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2403143

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2403143
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, Messieurs B A, Philippe De Casanove, Benoit Bourcey, Lorris Filhol, ainsi que Mesdames Angela Gutierrez et Clémence Huguet, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du directeur départemental de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques en date du 3 décembre 2024, notifiée le 4 décembre 2024, portant désignation d'agents de la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées Atlantiques en vue d'assurer les missions de service public en abattoir, et à titre subsidiaire, d'annuler cette décision en tant qu'elle les concerne ;

2°) à défaut, de suspendre l'exécution de cette décision du directeur départemental de la protection des populations des Pyrénées-Atlantiques en ce qui les concerne.

Ils soutiennent que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il est nécessaire que le tribunal administratif rende une décision avant la journée de grève du 5 décembre 2024 afin que les agents qui le souhaitent puissent bénéficier de leur droit de grève ;

- la désignation anticipée de Messieurs A, De Casanove, Bourcey, Filhol ainsi que de Mesdames Gutierrez et Huguet pour assurer les missions de service public en abattoir porte une atteinte grave à ce droit, en les privant de la possibilité d'exercer leurs droits de grève de manière effective ; cette désignation anticipée les empêche de participer au mouvement de grève national prévu le 5 décembre 2024, sans que cette atteinte soit justifiée par des nécessités impérieuses de service public ;

- l'absence totale de service d'inspection à l'abattoir d'Anglet ne permettant pas l'abattage d'animaux, ni la mise sur le marché de carcasses, ne compromet ni la sécurité alimentaire puisque l'approvisionnement des clients de l'abattoir pourrait se faire sur les réserves en chambres froides ou par d'autres abattoirs, ni la sécurité sanitaire des consommateurs, puisque seules peuvent être mises légalement sur le marché des viandes issues d'animaux ayant subi une inspection sanitaire conforme à la réglementation européenne, et si la marque de salubrité n'est pas apposée sur les carcasses faute d'inspecteurs, aucune viande ne peut être mise sur le marché, ni le bien-être animal car réglementairement l'abatteur est tenu de prendre toute disposition pour assurer le bien-être animal en toute circonstance et aucun animal ne peut être abattu en l'absence de service d'inspection ;

- les impératifs de maintien du service public des inspections en abattoir au titre de la sécurité sanitaire des aliments et au titre du bien-être animale ne sont pas fondés :

*la décision attaquée se fonde sur des considérations organisationnelles et des difficultés rencontrées lors de précédentes grèves nationales qui ne suffisent pas à justifier une atteinte aussi grave au droit de grève et qui ne sont pas démontrées ; la DDPP a d'ailleurs incité les abatteurs à alléger ou à reporter les abattages ;

*la DDPP n'ayant pas demandé la communication des plannings d'abattage allégés suffisamment en avance, est seule responsable de son incapacité à organiser les services d'inspection en abattoir ; elle n'a pas tenté de revoir les plannings ou la mobilisation de personnels volontaires ; par courriel en date du 29 novembre 2024, la DDPP a invité les abatteurs à alléger le planning du jeudi 5 décembre et à se préparer à l'impossibilité d'assurer l'abattage des animaux, et donc anticiper le maintien dans l'abattoir des animaux vivants dans des conditions adéquates de bien-être ; alors que l'équipe sanitaire de l'abattoir d'Anglet est composée de sept techniciens, le directeur pouvait trouver des agents du service sécurité sanitaire des aliments présents le 5 décembre qui pourraient faire des remplacements à l'abattoir d'Anglet ; la gestion des crises sanitaires en santé animale est assurée par les agents du service " Santé et protection animale ", et non par les agents " Santé et sécurité sanitaire des aliments " dont relèvent les agents d'inspection en abattoir ;

*la nécessité absolue d'abattre des animaux dont l'abattage ne pourrait pas être reprogrammé sur un autre site sans leur infliger un nouveau délai de transport, ou une attente inconsidérée en élevage ou stabulation n'est pas démontrée ;

- la désignation anticipée exigeant que Messieurs A, De Casanove, Bourcey, Filhol ainsi que Mesdames Gutierrez et Huguet soient présents à leurs postes de travail n'est pas proportionnée aux besoins du service public ; une journée ne peut pas être qualifiée de circonstance exceptionnelle ;

- elle viole également le principe de légalité, en ce qu'elle ne repose sur aucune base légale suffisante et que seul le Préfet peut disposer de la réquisition.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- l'arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d'immobilisation, d'étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Madelaigue pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et aux termes de l'article L. 522-3 du même code " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale.

Sur les conclusions principales aux fins d'annulation :

3. Si, pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut prescrire " toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale ", de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un " caractère provisoire ". Il suit de là que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, ni prononcer l'annulation d'une décision administrative, ni ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant pour défaut de base légale une telle décision. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des mesures de désignation prises par le directeur, sont irrecevables.

Sur les conclusions subsidiaires à fin de suspension :

4. Il résulte de l'instruction que le préfet des Pyrénées-Atlantiques (direction départementale de la protection des populations) a, par une décision en date du 3 décembre 2024, au vu des préavis nationaux de grève du 4 au 6 décembre 2024 déposés par plusieurs organisations syndicales nationales, fixé la liste des agents de la direction départementale de la protection des populations des Pyrénées Atlantiques désignés pour assurer les missions de service public en abattoirs le 5 décembre 2024.

5. La décision en litige est motivée par des impératifs de maintien du service public des inspections en abattoir au titre de la sécurité sanitaire des aliments et au titre du bien-être animal, la nécessité absolue d'abattre des animaux dont l'abattage ne pourrait pas être reprogrammé sur un autre site sans leur infliger un nouveau délai de transport, ou une attente inconsidérée en élevage ou stabulation, et les difficultés rencontrées en terme organisationnel lors de précédentes grèves nationales.

6. Aux termes de l'article R. 214-80 du code rural et de la pêche maritime : " Les agents mentionnés à l'article R. 210-1 assurent un contrôle régulier des établissements d'abattage, afin de vérifier le bon état de fonctionnement des matériels utilisés pour l'immobilisation, l'étourdissement et la mise à mort des animaux et leur utilisation dans des conditions conformes aux dispositions de la présente section. ". Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d'immobilisation, d'étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs : " Dans les abattoirs, les opérations d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux sont placées sous la surveillance continue des agents du service d'inspection qui s'assurent notamment de l'absence de défectuosité des matériels utilisés et de l'utilisation conforme de ces matériels par le personnel. /()".

7. En se bornant à soutenir que l'absence totale de service d'inspection à l'abattoir d'Anglet ne permettant pas l'abattage d'animaux ne compromettrait pas le bien-être animal car réglementairement l'abatteur est tenu de prendre toute disposition pour assurer le bien-être animal en toute circonstance, alors que les opérations d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux, s'opèrent, dans les abattoirs, sous la surveillance continue des agents de l'État, pour répondre à la réglementation européenne qui confère un caractère prioritaire aux mesures à prendre pour éliminer ou maîtriser les risques pour le bien-être des animaux, les requérants n'établissent pas eu égard à ces impératifs, que la décision en litige aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit de grève.

8. Enfin, la demande des requérants enregistrée au greffe du tribunal le 4 décembre 2024, visant la décision de désignation pour la journée du 5 décembre 2024, les exigences de la procédure contradictoire qui, aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative, " sont adaptées à celle de l'urgence ", ne permettaient pas, en tout état de cause, au juge des référés du tribunal administratif de Pau de convoquer une audience pour se prononcer en temps utile, avant le début de la journée de désignation des agents pour assurer les missions de service public en abattoirs et, à la date de la présente ordonnance, la décision contestée a épuisé ses effets en ce qui concerne les désignations du 5 décembre 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus d'urgence à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision litigieuse, qui doivent rejetées en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Les conclusions de la requête de Messieurs A, De Casanove, Bourcey, Filhol et de Mesdames Gutierrez et Huguet, sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, désigné représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative.

Fait à Pau, le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

F. MADELAIGUE

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2403143

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions