jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2403175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SANCHEZ-RODRIGUEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de Mme D et de son fils de la chambre n°1 qu'ils occupent au sein de l'immeuble " Villarubio " situé 8 allée Villarubio à Anglet, centre d'hébergement collectif temporaire géré par l'association Atherbea ;
2°) d'enjoindre à Mme D et à son fils de libérer sans délai la chambre n° 1 ;
3°) d'assortir l'injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance ;
4°) de l'autoriser, à procéder d'office à l'expulsion de Mme D et de son fils, le cas échéant, avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
- le centre d'hébergement collectif " Villarubio ", antérieurement utilisé comme centre de vacances par l'association des personnels de l'administration des finances, appartient encore au domaine public de l'Etat, en dépit de l'arrêté préfectoral de déclassement du 17 juin 2024, dans la mesure où l'immeuble est toujours affecté au service public de l'hébergement d'urgence ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sont remplies car, d'une part, Mme D et son fils se maintiennent dans les lieux au-delà de la date du 30 juin 2024, terme initial du contrat de séjour, et de la date du 15 octobre 2024, terme du second contrat de séjour, et, d'autre part, l'Etat souhaite vendre l'immeuble " Villarubio " à l'établissement public foncier local du Pays Basque, la signature de l'acte de cession étant prévu le 16 décembre 2024 ; la présence de Mme D et de son fils empêche de finaliser la cession de l'immeuble ;
- la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse, Mme D et son fils ne pouvant plus occuper le bien depuis le 15 octobre 2024 ; Mme D a refusé d'élargir sa demande de logement social à d'autres départements que le département des Pyrénées-Atlantiques ; elle a également refusé le bénéfice d'un logement social à Saint-Pée-sur-Nivelle alors que la situation en termes d'accès au logement social est particulièrement tendue au Pays Basque ; Mme D a également refusé un hébergement à l'hôtel qui lui était proposé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, Mme D, agissant en son nom propre et pour le compte de son fils mineur, M. F représentée par Me Sanchez-Rodriguez conclut :
1°) à ce que lui soit accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) au rejet de la requête ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à leur conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition relative à l'urgence n'est pas remplie compte tenu des circonstances exceptionnelles liées à son état de santé et à la scolarisation de son fils.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le mercredi 11 décembre 2024 à 11 heures, en présence de Mme Caloone, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- Mme B, référente veille sociale à la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités et M. E, représentant le préfet des Pyrénées-Atlantiques, qui confirme ses écritures, et qui précise que les occupants sans titre sont toujours sur les lieux, que le contrat de vente qui doit être conclu avec l'établissement public foncier local du Pays Basque contient une clause prévoyant que l'expulsion des occupants sans droit ni titre sera réalisée par l'Etat vendeur et que la trêve hivernale ne s'applique pas aux biens relevant du domaine public.
- Me Sanchez Rodriguez, représentant Mme D, qui a repris les moyens invoqués en défense et qui produit des pièces relatives à l'état de santé de Mme D, à la situation scolaire de son fils et à la demande de logement social qu'elle a formulée le 6 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du dispositif d'accueil des réfugiés ukrainiens, une convention d'occupation précaire a été conclue entre l'Etat et l'association Atherbea prévoyant la mise à disposition de l'immeuble " Villarubio ", situé à Anglet, afin de constituer un centre d'hébergement pour l'accueil des familles à partir du 14 novembre 2023 jusqu'à la date de cession du bien, et au plus tard le 30 juin 2024. Par arrêté en date du 17 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a procédé au déclassement de l'immeuble " Villarubio " en vue de sa cession. En l'absence de solution de relogement pour les familles accueillies à la date du 30 juin 2024, l'association Atherbea a sollicité une prolongation de la mise à disposition de l'immeuble et une nouvelle convention a été signée pour la période du 1er juillet 2024 au 15 octobre 2024. Mme D et son fils ont été accueillis au sein de l'immeuble " Villarubio " le 11 décembre 2023 et en application du dernier contrat de séjour conclu, l'hébergement devait prendre fin au 15 octobre 2024. Mme D et son fils ont refusé de quitter la chambre mise à leur disposition au sein de l'immeuble " Villarubio ". L'Etat souhaitant vendre l'immeuble " Villarubio " à l'établissement public foncier local du Pays Basque et l'acte de cession devant être signé le 16 décembre 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques demande au juge des référés du tribunal d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de Mme D et de son fils.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme D.
Sur les conclusions à fins d'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Les mesures ainsi sollicitées ne doivent pas être manifestement insusceptibles de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Pour justifier de la condition d'urgence, le préfet des Pyrénées-Atlantiques fait valoir que Mme D et son fils occupent sans droit ni titre la chambre n° 1 de l'immeuble " Villarubio " et que l'acte de cession de cet immeuble, vente que l'Etat a initié en prenant l'arrêté préfectoral de déclassement du 17 juin 2024, sera signé devant notaire le 16 décembre 2024. Toutefois, et d'une part, il résulte de l'article 2 de l'arrêté du 17 juin 2024 que : " Le délai de désaffectation est de 36 mois à compter de la signature du présent arrêté. Il sera prolongé si la libération des locaux n'a pas eu lieu au terme fixé. ". En l'état de l'instruction, le préfet des Pyrénées-Atlantiques n'apporte aucun élément permettant de justifier de la signature de l'acte de vente de l'immeuble le 16 décembre 2024 alors que l'arrêté de déclassement prévoyait un délai de désaffectation de 36 mois, éventuellement prolongé en l'absence de libération des lieux. Il n'est pas davantage fait état d'une date limite avant laquelle la cession devait intervenir. L'Etat n'apporte non plus aucune précision sur les conséquences de toute nature que le report de la signature de la vente serait susceptible d'entrainer. D'autre part, l'état de santé de Mme D, qui est suivie par le service d'oncologie du centre hospitalier de la Côte Basque, caractérise une situation de vulnérabilité compte tenu de la saison au cours de laquelle la mesure d'expulsion est demandée. Par suite, et alors même que Mme D a refusé des solutions d'hébergement en hôtel ou dans des lieux plus éloignés du centre hospitalier où elle est suivie, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie dans les circonstances de l'espèce.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête du préfet des Pyrénées-Atlantiques doit être rejetée.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Sanchez Rodriguez, avocat de Mme D, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée, à titre provisoire, à Mme D.
Article 2 : La requête du préfet des Pyrénées-Atlantiques est rejetée.
Article 3 : L'Etat versera à la Me Sanchez Rodriguez une somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur, au préfet des Pyrénées-Atlantiques, à Mme A D et à Me Sanchez Rodriguez.
Fait à Pau, le 12 décembre 2024.
Le juge des référés,La greffière,
J-C. C M. CALOONE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026