vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2403212 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 décembre 2024, Mme D C, représentée par Me Roussillon, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2024 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a refusé de lui délivrer un permis de visiter son compagnon incarcéré, M. B A ;
3°) d'enjoindre à la directrice du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan de lui délivrer le permis de visite sollicité, sans délai, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) d'ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde des libertés fondamentales du couple qu'elle forme avec M. A.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en la privant de tout contact direct avec son compagnon, le refus d'octroi du permis de visite sollicité porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les articles L. 341-1 et suivants du code pénitentiaire ;
- le refus opposé à sa demande de permis de visite porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que la directrice du centre pénitentiaire fonde sa décision sur des considérations générales liées au casier de son compagnon ainsi que sur un incident survenu le 23 octobre 2024, circonstances qui ne se rattachent pas à la protection du bon ordre et la sécurité de l'établissement pénitentiaire ;
- son compagnon est ainsi victime d'une sanction supplémentaire non justifiée ;
- en se fondant sur ses antécédents judiciaires pour prendre la décision attaquée, la directrice de l'établissement pénitentiaire a également porté atteinte au principe d'interdiction de toute discrimination, garanti par les stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perdu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions avec celles, citées au point 1, de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de cet article et qu'il constate la réunion de l'ensemble des conditions posées par ce même article, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets d'une atteinte portée à une liberté fondamentale. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Ce caractère provisoire s'apprécie au regard de l'objet et des effets des mesures en cause, en particulier de leur caractère réversible.
3. Ainsi, le juge des référés ne saurait, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative. Par suite, la requête de Mme C présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en ce qu'elle tend à obtenir l'annulation de la décision du 12 novembre 2024 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a refusé de lui délivrer un permis de visiter son compagnon, ne peut qu'être rejetée.
4. En outre, lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
5. En l'espèce, si Mme C demande également au juge des référés d'enjoindre à la directrice du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan de lui accorder un permis de visite pour voir son compagnon M. A, et de prononcer toute mesure nécessaire à la sauvegarde de leurs droits et libertés, elle se borne à indiquer que le refus de lui accorder ce permis de visite est manifestement illégal et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Elle ne fait ainsi état d'aucune circonstance susceptible de caractériser une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a donc lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter la requête de Mme C en toutes ses conclusions, y compris la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C.
Copie pour information sera adressé au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.
Fait à Pau, le 13 décembre 2024.
La juge des référés,
S. PERDU
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026