lundi 3 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2500101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2025, Mme B C, représentée par Me Pather, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui fixer un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail faisant valoir sa demande de titre de séjour dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'attestation de pré-dépôt ne lui permet pas de travailler et qu'elle ne bénéficie d'aucun droit, qu'elle se retrouve maintenue dans une situation d'extrême précarité sans accompagnement social, sans protection judiciaire, sans document attestant de sa demande d'admission au séjour alors qu'elle vient de porter plainte pour des faits de traite des êtres humains et de proxénétisme et qu'à ce jour elle se trouve en situation irrégulière du seul fait de l'absence de délivrance de récépissé ou d'attestation de prolongation de l'instruction ;
- il n'existe aucun obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que le dépôt de sa demande ne préjuge en rien des suites qui lui seront données par le préfet des Pyrénées-Atlantiques et qu'aucune décision de rejet n'est née sur la demande de titre de séjour enregistrée il y a moins de quatre mois et ne peut donc être attaquée devant le tribunal ;
- la mesure sollicitée est pleinement utile en ce qu'elle lui permettra d'obtenir un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction autorisant l'exercice d'une activité professionnelle et sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2025, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et sur les frais de l'instance présentées par la requérante.
Il soutient que :
- la condition d'urgence posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative fait défaut puisqu'il y a eu un dysfonctionnement informatique de la plateforme ANEF empêchant aux services de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande indépendamment de la volonté de la préfecture ;
- Par ailleurs, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et aux conclusions de frais d'instance de la requérante dès lors qu'elle a fait l'objet, le 24 janvier 2025, d'une convocation en vue de la délivrance de son attestation de prolongation de son titre de séjour.
Par une lettre envoyée le 28 janvier 2025, le Tribunal administratif de Pau a en application des dispositions de l'article R 612-5-1 du code de justice administrative, fait une demande de maintien de la requête.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 30 janvier 2025, présenté pour Mme B C, Me Pather, maintient seulement ses conclusions au titre du paiement des frais irrépétibles, sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la requérante a été convoquée en préfecture le 24 janvier 2025 en vue de la délivrance de l'attestation objet du recours. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme B C sont devenues sans objet.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit à la demande de Mme B C et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme B C.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1000 euros à Mme B C au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au ministre de l'intérieur.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Pau, le 3 mars 2025.
La juge des référés,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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