mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2500328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES ETRANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2025, et un mémoire enregistré le 20 février 2025, M. B A, représenté par Me Aymard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a assigné à résidence à son adresse située à Boucau, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter tous les mardis et jeudis à 10h00, au service de la police aux frontières, Esplanade de l'Europe, à Anglet ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision a été signée par Mme C et l'administration devra justifier que cette dernière disposait d'une délégation régulièrement publiée du préfet ;
- elle est insuffisamment motivée et méconnaît ainsi les exigences des articles L. 211-2 et 5 du code des relations entre le public et l'administration ; le préfet n'a pas tenu compte de ses garanties de représentation, du pacte civil de solidarité conclu avec une française et est fondé sur une appréciation erronée de sa situation ;
- le préfet des Pyrénées-Atlantiques a commis une erreur de droit en considérant qu'il pouvait faire l'objet d'une assignation alors que l'obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde avait été exécutée ;
- la décision procède d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation du requérant qui a conclu un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française et il n'existe aucun risque qu'il se soustrait à la mesure d'éloignement prise à son encontre, si tant est qu'elle soit encore effective puisque le préfet mentionne qu'il a été placé en garde à vue pour pénétration non autorisée sur le territoire national après une interdiction de retour sur le territoire ce qui tend à prouver qu'il a quitté le territoire et, par suite, que la mesure d'éloignement a été exécutée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 et 24 février 2025, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président à désigné Mme Perdu, vice-présidente, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 février 2025, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience, le rapport de Mme Perdu, ainsi que les observations de :
- Me Ducoin, en présence de M. A, qui maintient l'ensemble de ses conclusions et moyens en précisant que l'insuffisante motivation révèle un défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né en 1994 à Mersin (Turquie), de nationalité turque, est entré irrégulièrement en France en 2018, selon ses déclarations. Il a formulé une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 janvier 2020, notifiée le 6 février 2020. Il a fait l'objet d'un arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 31 mai 2020 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et s'est maintenu en France. Il a demandé le réexamen de sa demande d'asile le 30 septembre 2020 et cette demande a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 27 octobre 2020. Le préfet de la Gironde, par un arrêté du 1er septembre 2021, a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours, et l'a interdit de retour pendant une durée de deux ans. M. A s'est maintenu en France et a déposé une nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile le 2 juin 2022, clôturée par l'OFPRA le 10 juin 2022. Le préfet de la Gironde a pris à son encontre un nouvel arrêté, en date du 2 juin 2022, l'obligeant à quitter le territoire français, puis un arrêté du 10 juin 2024 l'obligeant de nouveau à quitter le territoire dans un délai de trente jours et prononçant à son encontre une interdiction de retour en France pendant une durée de deux ans. Le 3 février 2025, il a été interpellé par les services de la gendarmerie de Bayonne, placé en garde à vue pour des faits de pénétration non autorisée sur le territoire national après une interdiction de retour sur le territoire, et par un arrêté du même jour, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a assigné à résidence, en application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ce dernier arrêté l'assignant à résidence.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". Enfin, aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 5 décembre 2024, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a donné délégation à M. Gesret, secrétaire général de la préfecture, et en cas d'absence ou d'empêchement de M. Gesret et de Mme Gras, secrétaire générale adjointe, à Mme C, directrice de cabinet du préfet, pour signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département à l'exclusion de certaines décisions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions d'assignation à résidence. Dès lors, en l'absence de toute contestation de l'absence ou de l'empêchement du secrétaire général de la préfecture et de la secrétaire générale adjointe, l'arrêté en litige signé par Mme C n'a pas été pris par une autorité incompétente.
4. En deuxième lieu, l'arrêté du 3 février 2025 vise notamment les articles L. 731-1 et L.732-3 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, précise que M. A a fait l'objet de précédentes décisions l'obligeant à quitter le territoire français, la dernière ayant été prise le 10 juin 2024, notifiée le même jour, et précise notamment que ce dernier a été interpelé le 3 février, en situation irrégulière, et placé en garde à vue pour des faits de pénétration non autorisée sur le territoire français, que le délai pour exécuter l'obligation de quitter le territoire a expiré et qu'il dispose d'une adresse stable à Boucau. Ainsi, cet arrêté, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments propres à la situation de M. A, comporte les éléments de droit et de fait lui permettant d'utilement en contester la légalité. L'insuffisance de motivation doit donc être écartée. Pour les mêmes motifs, il ne peut être retenu que le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant avant de prendre la décision en litige.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A réside à Boucau, avec une ressortissante de nationalité française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité en avril 2024. Il ressort également de ces pièces qu'une mesure l'obligeant à quitter le territoire français a été prise à son encontre le 10 juin 2024, lui a été notifiée le jour même, et que lors de son interpellation le 3 février 2025, le délai de trente jours fixé pour qu'il exécute cette mesure d'éloignement était expiré. Ainsi, M. A faisait bien l'objet d'une mesure d'éloignement prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire était expiré, et entrait ainsi dans les prévisions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, quel que soit le motif pour lequel il a été placé en garde à vue à l'issue de son interpellation par la gendarmerie le 3 février 2025, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet n'a nullement entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A dès lors qu'il est assigné à résidence au domicile qu'il partage avec la ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité, depuis moins d'un an. Le préfet a donc tenu compte de ses garanties de représentation en l'assignant à résidence à cette adresse, dans l'attente de l'organisation de son départ de France.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 3 février 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a assigné à résidence à Boucau pour une durée de quarante-cinq jours doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des frais de justice exposés, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État n'ayant pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
La magistrate désignée,
S. PERDULa greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026