jeudi 17 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2500760 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCES ETRANGERS |
| Avocat requérant | MAINIER-SCHALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mars et 15 avril 2025, Mme B A, représentée par Me Mainier-Schall, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 19 février 2025 par laquelle le préfet du Gers a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Gimont ;
3°) d'enjoindre au préfet du Gers, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", et à titre subsidiaire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il indique que l'intéressée se serait maintenue irrégulièrement en France, alors qu'elle avait sollicité une prolongation de son visa pour des raisons médicales ;
- il fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'intéressée bénéficie des ressources suffisantes ;
- il fait une inexacte application des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant, et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2025, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Sellès, vice-présidente, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Mainier-Schall, avocate de Mme A, qui indique se désister de ses conclusions à fin d'injonction de délivrance à titre subsidiaire d'un titre de séjour portant la mention " salarié ".
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante tunisienne née le 29 juillet 1958 à Henchir El Magcem, est entrée en France le 21 août 2024, sous couvert d'un visa court séjour valable jusqu'au 17 octobre 2024. Le 13 novembre 2024, elle a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " sur le fondement de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 février 2025, le préfet du Gers a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Gimont. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
4. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions dont elle fait application. Elle indique que la requérante est entrée en France sous couvert d'un visa de court séjour et s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire, qu'elle disposerait d'une couverture maladie mais non de ressources suffisantes pour vivre de ses seules ressources, et que ses trois enfants majeurs résident régulièrement en France. Il s'ensuit que la décision attaquée est suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. / Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. ". Et aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
6. D'une part, pour rejeter la demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " de Mme A, le préfet du Gers s'est fondé sur le fait que celle-ci ne disposerait pas de ressources suffisantes. Cependant, il ressort des pièces du dossier que Mme A touche une pension d'un montant de 520,29 euros par mois, et que sa nièce, de nationalité française, a produit une attestation certifiant héberger la requérante et la prendre en charge, ainsi que ses bulletins de salaire faisant apparaître des ressources largement supérieures au salaire minimum de croissance net annuel. Il s'ensuit qu'en considérant que Mme A ne disposait pas de ressources suffisantes au sens de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Gers a fait une inexacte application de ces dispositions.
7. Toutefois, et d'autre part, pour rejeter la demande de Mme A, le préfet du Gers s'est également fondé sur le fait que celle-ci n'était pas munie d'un visa de long séjour. Or, si la requérante établit qu'elle est régulièrement en France sous couvert d'un visa de court séjour le 5 octobre 2024, et s'y est maintenue en raison d'une opération médicale imminente, cette circonstance est sans influence sur l'examen de sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'en application des dispositions citées au point 5, la délivrance de ce titre est subordonnée à la production d'un visa de long séjour et non de court séjour. Il résulte de ce qui précède que le préfet du Gers aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur ce motif.
8. En troisième lieu, il ressort du formulaire de demande de titre de séjour produit par le préfet du Gers que Mme A n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet du Gers n'était pas tenu d'examiner la demande de Mme A au regard de ces dispositions. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le préfet aurait fait une inexacte application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que les trois enfants de Mme A vivent en France et sont tous titulaires d'une carte de résident, que sa sœur est de nationalité française, que ses deux frères sont titulaires d'une carte de résident, et que son petit-fils, sa nièce et son neveu sont de nationalité française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a jamais résidé en France et qu'elle y effectue régulièrement des courts séjours réguliers afin de rendre visite à sa famille, de sorte qu'elle ne justifie d'aucune intégration dans la société française ni n'établit que le centre de ses intérêts se trouverait en France. Il s'ensuit qu'en considérant que l'admission de Mme A au séjour ne répondait pas à des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, le préfet du Gers n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. La décision attaquée ne méconnaît pas davantage l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989, et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par suite, celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Mainier-Schall et au préfet du Gers.
Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.
La magistrate désignée,
M. SELLÈS
La greffière,
M. CALOONE
L'assesseure la plus ancienne,
M. C
Le président-rapporteur,
A. MARCHAND
L'assesseure la plus ancienne,
M. C La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026