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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2501115

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2501115

jeudi 26 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2501115
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBADANI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de M. B, qui contestait un arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques l'obligeant à quitter le territoire français. La juridiction a constaté que le requérant n'avait pas produit la décision attaquée, malgré une demande de régularisation, en violation de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. En application du 4° de l'article R. 222-1 du même code, les conclusions aux fins d'annulation ont été jugées manifestement irrecevables. Par conséquent, les demandes d'injonction et de frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, M. A B, représenté par Me Badani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ().".

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".

3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".

4. L'article R. 612-1 de ce code dispose que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours () ".

5. Si la requête de M. B tend à l'annulation de la décision du 18 mai 2025 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français, il ne produit qu'un arrêté du 18 mars 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a fait obligation à M. D de quitter le territoire français. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressé à son conseil le 14 mai 2025 par l'intermédiaire de l'application " Télérecours ", dont il a accusé réception le 10 juin 2025, le requérant n'a pas produit, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, la décision attaquée, ni justifié de l'impossibilité de la produire, en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B, qui sont manifestement irrecevables, doivent être rejetées en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Pau, le 26 juin 2025.

La présidente de la 1ère chambre,

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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