mercredi 6 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2502201 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS PONS & CARRERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2025, M. A C, représenté par Me Auvergnas, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 juillet 2025 par laquelle la commission d'appel de l'Association France Galop a suspendu son autorisation d'entraîneur de chevaux de course pour une durée de trois mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Association France Galop les entiers dépens.
Il soutient que :
-l'urgence est caractérisée dans la mesure où la décision en litige le prive de tout revenu ; en effet, un entraîneur assure l'hébergement, l'alimentation, l'entraînement, le suivi vétérinaire des chevaux qui lui sont confiés en pension et l'organisation des engagements des courses en contrepartie d'une pension mensuelle et d'un pourcentage sur les gains remportés par les chevaux lors des courses ; alors qu'il doit faire face à des charges incompressibles, la décision en litige entraînera une perte de clientèle, certains clients ont déjà quitté l'écurie et ne reviennent pas en général, mettant fin à des années de relations commerciales et de confiance ; il devra licencier les six salariés qu'il emploie à temps plein et rompre les trois contrats d'apprentissage de sorte que les conséquences de la décision en litige sont d'une exceptionnelle gravité et risquent d'être irréversibles alors qu'aucun intérêt public ne fait obstacle à ce que son exécution soit suspendue ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*les manquements retenus, non contestés, procèdent avant tout de négligences et ont été régularisés en toute bonne foi ; l'absence de déclaration de cour secondaire, a pourtant été signalée spontanément lors du contrôle réalisé par le vétérinaire de France Galop, servant principalement au débourrage de jeunes poulains, et ne saurait fonder la suspension en litige ; les chevaux non déclarés à l'effectif d'entraînement venaient d'arriver et l'ont été dans les 48 heures ; de même il a été immédiatement remédié à la situation de 5 chevaux en rupture avec le protocole de vaccination prévu à l'article 135 du Code des courses au galop dès qu'il a été mis en possession de leur carnet de vaccination ; quant à l'absence d'ordonnance vétérinaire, la commission d'appel a considéré qu'elles existaient mais qu'elles étaient peu nombreuses au regard de l'effectif de 55 chevaux, ce qui est une appréciation subjective et non une infraction avérée, tout en admettant que de nombreux soins courants et actes techniques ne nécessitent pas de prescription et qu'était mise en place une politique de médication raisonnée ; s'agissant des non conformités des déclarations de propriété de six chevaux, un accord est intervenu et des contrats d'association ont été conclus, accordant la propriété partielle à sa compagne et excluant tout frais de pension et d'entraînement ;
* la sanction est disproportionnée dès lors que les manquements ont été ponctuels, que toute mesure a été prise sans délai pour y remédier, qu'il n'y a pas de volonté de dissimulation ni de mauvaise foi de sa part et que pour des faits similaires, des sanctions d'une sévérité moindre ont été prononcées.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 juillet 2025 sous le numéro 2502197 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi du 2 juin 1891 ayant pour objet de réglementer l'autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux ;
- la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 ;
- le décret n° 97-456 du 5 mai 1997 ;
- le décret n° 2010-1314 du 2 novembre 2010 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C s'est vu délivrer le 23 mars 2023 par l'Association " France Galop-Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux de galop en France ", organisme chargé d'une mission de service public dont les statuts sont approuvés par le ministre chargé de l'agriculture, une autorisation d'entraîner des chevaux. A la suite d'un contrôle, il s'est vu infliger par une décision du 17 juin 2025 des commissaires de " France Galop " une sanction disciplinaire, la suspension de son autorisation pour une durée de six mois, pour des manquements à la réglementation fixée par le code des courses au galop. A la suite du recours préalable qu'il formé contre cette décision, la sanction a été réduite à une durée de trois mois par une décision du 21 juillet 2025 de la commission d'appel de l'Association France Galop. Par la présente requête, il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision, avant que le juge statue sur sa requête n° 2502197 tendant à son annulation.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Aux termes de l'article 2 de la loi du 2 juin 1891 ayant pour objet de réglementer l'autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux, modifiée : " Sont seules autorisées les courses de chevaux ayant pour but exclusif l'amélioration de la race chevaline et organisées par des sociétés dont les statuts sociaux auront été approuvés par le ministre de l'agriculture./ Ces sociétés participent, notamment au moyen de l'organisation des courses de chevaux, au service public d'amélioration de l'espèce équine et de promotion de l'élevage, à la formation dans le secteur des courses et de l'élevage chevalin ainsi qu'au développement rural./ Dans chacune des deux spécialités, course au galop et course au trot, une de ces sociétés de courses de chevaux est agréée comme société-mère. Chaque société-mère exerce sa responsabilité sur l'ensemble de la filière dépendant de la spécialité dont elle a la charge. Elle propose notamment à l'approbation de l'autorité administrative le code des courses de sa spécialité, délivre les autorisations qu'il prévoit, veille à la régularité des courses par le contrôle des médications, tant à l'élevage qu'à l'entraînement, et attribue des primes à l'élevage. / Les obligations de service public incombant aux sociétés-mères et les modalités de leur intervention sont définies par décret ". Aux termes de l'article 12 du décret du 5 mai 1997 relatif aux sociétés de courses et au pari mutuel : " () II.-Les sociétés mères : / Exercent leur responsabilité sur l'ensemble de la filière dépendant de la spécialité dont elles ont la charge ; / Proposent à l'approbation du ministre chargé de l'agriculture le code des courses de leur spécialité et toutes modifications de ce code. () / Veillent au respect des prescriptions de ce code () / Délivrent les autorisations de faire courir, d'entraîner, de monter et de driver les chevaux de courses, selon les critères définis par leurs statuts et par le code des courses de chaque spécialité. () Elles peuvent être suspendues, pour une durée maximale de six mois ou être retirées par la société mère concernée à l'issue d'une procédure contradictoire engagée de sa propre initiative ou à la demande du ministre de l'intérieur. () ".
5. Il résulte de l'article 25 du code des courses au galop, établi par la société France Galop, agréée par le ministre de l'agriculture comme société-mère des courses au galop, que l'autorisation d'entraîner est accordée par les commissaires de France Galop. Elle permet à la personne physique ou morale qui en est titulaire, d'entraîner des chevaux dans les conditions fixées par le présent Code en vue de leur participation aux courses publiques. Selon l'article 26 du même code, " un cheval ne peut être déclaré à l'entraînement en France que par une personne titulaire d'une autorisation d'entraîner délivrée par les commissaires de France Galop. /II. Un cheval ne peut être engagé ou courir dans une course régie par le présent Code que s'il a été déclaré régulièrement à l'entraînement en France, par une personne titulaire d'une autorisation délivrée pour l'année en cours par les commissaires de France Galop ".
6. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. C soutient que la décision en litige le prive de tout revenu alors qu'il doit faire face à des charges incompressibles. Ainsi, il présume, sans en justifier, que la décision en litige entraînera une perte de clientèle, et s'il allègue que certains clients ont même déjà quitté l'écurie, il ne l'établit pas. Au surplus, ainsi qu'il le précise, un entraîneur assure l'hébergement, l'alimentation, l'entraînement, le suivi vétérinaire des chevaux qui lui sont confiés en pension et l'organisation des engagements des courses en contrepartie d'une pension mensuelle et d'un pourcentage sur les gains remportés par les chevaux lors des courses. Si la décision en litige a pour effet de le priver temporairement d'exercer certaines de ces tâches, en particulier l'entraînement et l'organisation des engagements des courses, elle ne saurait le priver de la possibilité d'assurer l'hébergement et l'alimentation de chevaux, qu'ils soient destinés aux courses ou non. Dès lors, s'il justifie employer six salariés et trois apprentis, il n'établit pas, en se bornant à produire à l'appui de ses allégations, pour seuls justificatifs de sa situation, les bulletins de paie du mois de juin 2025 des neuf personnes qu'il emploie, ni la nature et le montant de ses revenus, ni l'état de ses charges incompressibles et encore moins qu'il devra licencier ces neuf personnes qu'il emploie. Dès lors, en l'absence de justificatif de la perte de revenu invoqué, il n'établit pas l'état exact de sa situation financière et ne démontre nullement que la décision en litige engendrerait, en l'état, une atteinte grave et immédiate à sa situation pécuniaire.
7. Dès lors, en l'absence de démonstration d'une urgence, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Pau, le 6 août 2025.
La juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026