Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi par Mme B... d’une demande de décharge de l’obligation de payer des frais de mise en fourrière de son véhicule, consécutive à une infraction au code de la route. Le juge a rejeté la requête par ordonnance, estimant que cette contestation relevait de la compétence des tribunaux judiciaires et non de l’ordre administratif. Il s’est fondé sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative et les articles L. 325-1 et R. 325-27 du code de la route, qui qualifient la mise en fourrière d’opération de police judiciaire.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 28 et 30 septembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal la décharge de l’obligation de payer des frais de mise en fourrière de son véhicule.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 325-1 du code de la route : « Les véhicules dont la circulation ou le stationnement en infraction aux dispositions du présent code (…) peuvent à la demande et sous la responsabilité du maire ou de l’officier de police judiciaire territorialement compétent, même sans l’accord du propriétaire du véhicule, dans les cas et conditions précisés par le décret prévu aux articles L. 325-3 et L. 325-11, être immobilisés, mis en fourrière, retirés de la circulation et, le cas échéant, aliénés ou livrés à la destruction. ». Aux termes de l’article R. 325-12 du même code : « I.- La mise en fourrière est le transfert d'un véhicule en un lieu désigné par l'autorité administrative ou judiciaire en vue d'y être retenu jusqu'à décision de celle-ci, aux frais du propriétaire de ce véhicule. (…) ». Aux termes de l’article R. 325-27 du même code : « Les intéressés peuvent contester la décision de mise en fourrière : / - auprès du procureur de la République du lieu de l'enlèvement du véhicule, lorsque la procédure est consécutive à la commission d'une infraction (…) ».
3. Il résulte des dispositions précitées que la mise en fourrière d’un véhicule revêt le caractère d’une opération de police judiciaire dont il n’appartient qu’aux tribunaux judiciaires de connaître. Dès lors, la requête de Mme B..., qui tend à la décharge des frais de mise en fourrière de son véhicule consécutive à une infraction au code de la route, ne peut qu’être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître, en application du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Pau, le 23 décembre 2025
Le président de la 2ème chambre,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,