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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302219

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302219

mercredi 19 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302219
TypeDécision
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSABATAKAKIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mars 2023, Mme C B, représentée par Me Sabatakakis, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;

4°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur toutes les décisions en litige :

- elles ont été signées par une autorité incompétente.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une lettre du 31 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'opérer une substitution de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français, en la fondant sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en lieu et place du 1° du même article, visé par l'arrêté attaqué.

Par une lettre du 31 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'opérer une substitution de base légale de la décision portant refus de délai de départ volontaire, en la fondant sur le 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en lieu et place du 8° du même article, visé par l'arrêté attaqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Duez-Gündel, magistrat désigné ;

- les observations de Me Sabatakakis, avocate de Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- les observations de Mme B, qui indique qu'elle est arrivée en France en 2015, qu'après avoir arrêté ses études elle s'est engagée dans des activités bénévoles, qu'elle travaille actuellement en tant que serveuse dans un restaurant et qu'elle souhaite vivre en France avec son concubin.

Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 4 mars 1990, a été interpellée et placée en retenue le 28 mars 2023 par les services de police de Mulhouse pour vérification de son droit d'entrée et de séjour. Constatant qu'elle n'était pas en mesure de présenter un document de séjour, le préfet du Haut-Rhin, par un premier arrêté du 28 mars 2023, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Haut-Rhin l'a également assigné à résidence. Par le recours qu'elle forme, Mme B demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur la compétence de la signataire des arrêtés attaqués :

4. Par un arrêté du 12 janvier 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2022, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à Mme E A, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement de M. G D, directeur de la réglementation, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à ce service, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les arrêtés attaqués. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature des arrêtés en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme A, signataire de ces arrêtés, doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ferait l'objet d'une décision lui refusant l'attribution d'un titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français en litige par voie de conséquence de l'illégalité d'une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété comme impliquant que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur la perspective de l'éloignement.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a été auditionnée par les services de police de Mulhouse le 28 mars 2023. A cette occasion, elle a notamment été interrogée sur sa situation administrative en France et informée de ce que le préfet envisageait de prendre à son encontre une mesure d'éloignement. La requérante a ainsi été mise en mesure de faire valoir toute observation pertinente tenant à sa situation personnelle et de nature à faire obstacle à la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () " .

9. Il ressort des termes de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français que le préfet du Haut-Rhin a pris la mesure d'éloignement litigieuse sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que Mme B ne pouvait justifier être entrée régulièrement sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante est régulièrement entrée en France, munie d'un passeport revêtu d'un visa D valable du 20 septembre 2015 au 19 décembre 2015 en qualité d'étudiante. Ainsi, Mme B doit être regardée comme n'entrant pas dans le champ d'application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En revanche, il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision en litige que Mme B est en situation irrégulière depuis l'expiration de son dernier titre de séjour, valable jusqu'au 30 septembre 2018. Dès lors, elle entre dans les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substituées à celles du 1° du même article, dès lors que cette substitution de base légale, dont les parties ont été informées que le tribunal entendait y procéder, ne prive l'intéressée d'aucune garantie, et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.

11. En dernier lieu, eu égard à la substitution de base légale à laquelle il a été procédée, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen de la situation personnelle de Mme B au motif qu'elle justifie être entrée régulièrement en France doivent être écartés.

12. En cinquième lieu, Mme B fait valoir qu'elle est entrée en France en septembre 2015 en qualité d'étudiante, qu'elle a été admise au séjour sur ce fondement jusqu'en septembre 2018, qu'elle a obtenu une licence en Langues Littératures et Civilisations Etrangères auprès de l'université de Mulhouse, qu'elle était inscrite en Master de recherche pour l'année 2017-2018 mais qu'elle n'a pu la valider en raison de problèmes de santé, qu'elle travaille dans la restauration sous couvert de contrats à durée déterminée depuis le mois d'août 2022 et qu'elle a entamé une relation avec un ressortissant français avec lequel elle projette de vivre. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante a été admise au séjour en France sur le seul fondement de ses études qu'elle a désormais arrêté depuis 2018. Elle n'a plus été en situation régulière sur le territoire depuis l'expiration de son dernier titre de séjour le 30 septembre 2018. La circonstance que l'intéressée travaille depuis le mois d'août 2022 dans le domaine de la restauration et qu'elle dispose d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée, si elle traduit une volonté d'intégration, n'est pas suffisante pour estimer qu'elle a fixé le centre de ses attaches privées et familiales sur le territoire. Par ailleurs, sa relation avec un ressortissant français apparaît récente à la date de la décision en litige. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents, son frère et sa sœur. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée une atteinte disproportionnée par rapport au but en vue duquel la décision en litige a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur le refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte des points précédents que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, elle n'est pas davantage fondée à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, du refus de délai de départ volontaire en litige.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Par ailleurs, l'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

15. Il ressort des termes de la décision attaquée portant refus de délai de départ volontaire que le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur le 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que Mme B ne disposait pas d'un passeport authentique et valide lui permettant de voyager et qu'elle ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente. Il ressort toutefois des pièces produites à l'instance que la requérante dispose d'un passeport valable jusqu'en septembre 2024 et qu'elle justifie d'une adresse stable à Mulhouse. Ainsi, elle n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions précitées du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. En revanche, il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision en litige que Mme B est en situation irrégulière depuis l'expiration de son dernier titre de séjour, valable jusqu'au 30 septembre 2018. Dès lors, elle entre dans les dispositions du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substituées à celles du 8° du même article, dès lors que cette substitution de base légale, dont les parties ont été informées que le tribunal entendait y procéder, ne prive l'intéressée d'aucune garantie, et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Il s'ensuit que les moyens tirés du défaut de motivation, du défaut de base légale et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

17. Il résulte des points précédents que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, elle n'est pas davantage fondée à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, de la décision fixant le pays de destination en litige.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte des points précédents que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, elle n'est pas davantage fondée à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, de la décision portant interdiction de retour en litige.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

20. En l'espèce, compte tenu des considérations énoncées au point 12 du présent jugement, le préfet du Haut-Rhin n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de Mme B ne répondait pas à des circonstances humanitaires justifiant qu'il soit fait obstacle au prononcé d'une interdiction de retour. La décision en litige n'est pas davantage disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise.

Sur la décision portant assignation à résidence :

21. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ferait l'objet d'une décision lui refusant l'attribution d'un titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité de l'assignation à résidence en litige par voie de conséquence de l'illégalité d'une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

22. En second lieu, il résulte des points précédents que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, elle n'est pas davantage fondée à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, de la décision portant assignation à résidence en litige.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Sabatakakis et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.

Le magistrat désigné,

C. FLa greffière,

S. Soltani

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Soltani

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