Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2607585
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2607585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERRY |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Berry, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 13 août 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 12 février 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
4°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l’assignation à résidence :
- la décision attaquée est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur de droit dès lors qu’elle n’a pas fait l’objet préalablement d’une obligation de quitter le territoire français régulièrement notifiée ;
Sur la demande de suspension de la mesure d’éloignement :
- elle justifie de circonstances nouvelles depuis l’édiction de l’arrêté portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2026, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Thibault en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Thibault, magistrate désignée ;
- les observations de Me Berry, avocate de Mme B..., qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans la requête ;
- et les observations de Mme B..., assistée de Khatchatryan-Nazaryan, interprète en langue arménienne.
Le préfet du Bas-Rhin n’était ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., née le 13 mars 1972, de nationalité arménienne, déclare être entrée en France, accompagnée de son époux, le 20 mars 2025. Elle a présenté une demande tendant à la reconnaissance du statut de réfugié qui a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 juin 2025, puis par la Cour nationale du droit d’asile le 9 janvier 2026. Le 7 février 2025, Mme B... a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de l’admettre au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Par un arrêté du 13 août 2026, dont la requérante demande l’annulation, le préfet l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions en vue de l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ». Aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l’application de ces dispositions : « (…) / L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ».
Eu égard aux circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…) ».
Par arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de délivrer à Mme B... un titre de séjour et a assorti ce refus d’une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La requérante n’a pas exécuté l’arrêté du 12 février 2026 dans le délai de trente jours imparti. Dans ces conditions, elle pouvait, en application des dispositions précitées, faire l’objet d’une assignation à résidence.
Il appartient toutefois à l’administration de ne pas mettre à exécution l’obligation de quitter le territoire français si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d’éloignement. Dans pareille hypothèse, l'étranger peut demander, sur le fondement des articles L. 921-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision d'assignation à résidence dans les sept jours suivant sa notification. S’il n’appartient pas à ce juge de connaître de conclusions tendant à l’annulation de l’obligation de quitter le territoire français, après que le tribunal administratif a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, il lui est loisible, le cas échéant, d’une part, de relever, dans sa décision, que l’intervention de nouvelles circonstances de fait ou de droit fait obstacle à l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français et impose à l’autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l’étranger et, d’autre part, d’en tirer les conséquences en suspendant les effets de la décision devenue, en l’état, inexécutable.
Il ressort des pièces du dossier que l’époux de la requérante, ressortissant arménien né en 1959 avec lequel elle est mariée depuis trente-six ans, dispose d’une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé valable jusqu’au 25 novembre 2026. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B... et a pris à son encontre une mesure d’éloignement à ce jour exécutoire. Toutefois, il est établi que postérieurement à l’édiction de l’obligation de quitter le territoire français du 12 février 2026, l’époux de Mme B... s’est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois en raison de son état de santé, valable jusqu’au 25 novembre 2026. Contrairement à ce que fait valoir le préfet en défense, cet élément constitue une nouvelle circonstance de droit et de fait de nature à faire obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français de Mme B... dès lors qu’il mentionnait dans l’arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français précité que l’époux de la requérante était admis provisoirement en France « le temps de l’instruction de sa demande ». La connaissance par la préfecture du sens de l’avis de l’Office français de l’immigration et de l’intégration dès le mois de décembre 2025 est sans incidence sur la qualification de circonstance de droit ou de fait nouvelle dès lors que l’arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français précité se bornait à indiquer que l’époux de la requérante était admis provisoirement en France le temps de l’instruction de sa demande. Par conséquent, et d’une part, il y a lieu, de suspendre les effets de l'obligation de quitter le territoire de Mme B... devenue, en l'état, inexécutable.
D’autre part, l’assignation à résidence ayant pour objet de mettre à exécution une mesure d’éloignement, l’impossibilité d’exécuter cette dernière mesure entraîne nécessairement l’illégalité de la décision d’assignation à résidence.
Par suite, Mme B... est fondée à demander la suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français édictée le 12 février 2026 par le préfet du Bas-Rhin et l’annulation de l’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 13 août 2026 prononçant à son encontre une mesure d’assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
L’exécution du présent jugement implique uniquement que le préfet du Bas-Rhin procède au réexamen de la situation de Mme B.... Dès lors, il y a lieu d’enjoindre au préfet de procéder au réexamen de la situation de la requérante dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
Mme B... ayant été admise provisoirement à l’aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Berry, avocate de Mme B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État et sous réserve de l’admission définitive de sa cliente à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’État le versement à Me Berry de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Mme B... est admise provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Les effets de la décision du 12 février 2026 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a fait obligation à Mme B... de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sont suspendus.
Article 3 : L’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 13 août 2026 portant assignation à résidence est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet du Bas-Rhin de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L’État versera la somme de 1 000 euros hors taxes à Me Berry, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que Mme B... soit admise définitivement au bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Berry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Berry et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Saverne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er septembre 2026.
La magistrate désignée,
V. Thibault
La greffière,
L. Abdennouri
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Abdennouri
Par une requête, enregistrée le 23 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Berry, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 13 août 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 12 février 2026 par lequel le préfet du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
4°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l’assignation à résidence :
- la décision attaquée est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur de droit dès lors qu’elle n’a pas fait l’objet préalablement d’une obligation de quitter le territoire français régulièrement notifiée ;
Sur la demande de suspension de la mesure d’éloignement :
- elle justifie de circonstances nouvelles depuis l’édiction de l’arrêté portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2026, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Thibault en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Thibault, magistrate désignée ;
- les observations de Me Berry, avocate de Mme B..., qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans la requête ;
- et les observations de Mme B..., assistée de Khatchatryan-Nazaryan, interprète en langue arménienne.
Le préfet du Bas-Rhin n’était ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., née le 13 mars 1972, de nationalité arménienne, déclare être entrée en France, accompagnée de son époux, le 20 mars 2025. Elle a présenté une demande tendant à la reconnaissance du statut de réfugié qui a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 juin 2025, puis par la Cour nationale du droit d’asile le 9 janvier 2026. Le 7 février 2025, Mme B... a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de l’admettre au séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Par un arrêté du 13 août 2026, dont la requérante demande l’annulation, le préfet l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions en vue de l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ». Aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l’application de ces dispositions : « (…) / L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ».
Eu égard aux circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…) ».
Par arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de délivrer à Mme B... un titre de séjour et a assorti ce refus d’une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La requérante n’a pas exécuté l’arrêté du 12 février 2026 dans le délai de trente jours imparti. Dans ces conditions, elle pouvait, en application des dispositions précitées, faire l’objet d’une assignation à résidence.
Il appartient toutefois à l’administration de ne pas mettre à exécution l’obligation de quitter le territoire français si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d’éloignement. Dans pareille hypothèse, l'étranger peut demander, sur le fondement des articles L. 921-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, au président du tribunal administratif l'annulation de cette décision d'assignation à résidence dans les sept jours suivant sa notification. S’il n’appartient pas à ce juge de connaître de conclusions tendant à l’annulation de l’obligation de quitter le territoire français, après que le tribunal administratif a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, il lui est loisible, le cas échéant, d’une part, de relever, dans sa décision, que l’intervention de nouvelles circonstances de fait ou de droit fait obstacle à l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français et impose à l’autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l’étranger et, d’autre part, d’en tirer les conséquences en suspendant les effets de la décision devenue, en l’état, inexécutable.
Il ressort des pièces du dossier que l’époux de la requérante, ressortissant arménien né en 1959 avec lequel elle est mariée depuis trente-six ans, dispose d’une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé valable jusqu’au 25 novembre 2026. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet du Bas-Rhin a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B... et a pris à son encontre une mesure d’éloignement à ce jour exécutoire. Toutefois, il est établi que postérieurement à l’édiction de l’obligation de quitter le territoire français du 12 février 2026, l’époux de Mme B... s’est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois en raison de son état de santé, valable jusqu’au 25 novembre 2026. Contrairement à ce que fait valoir le préfet en défense, cet élément constitue une nouvelle circonstance de droit et de fait de nature à faire obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français de Mme B... dès lors qu’il mentionnait dans l’arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français précité que l’époux de la requérante était admis provisoirement en France « le temps de l’instruction de sa demande ». La connaissance par la préfecture du sens de l’avis de l’Office français de l’immigration et de l’intégration dès le mois de décembre 2025 est sans incidence sur la qualification de circonstance de droit ou de fait nouvelle dès lors que l’arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français précité se bornait à indiquer que l’époux de la requérante était admis provisoirement en France le temps de l’instruction de sa demande. Par conséquent, et d’une part, il y a lieu, de suspendre les effets de l'obligation de quitter le territoire de Mme B... devenue, en l'état, inexécutable.
D’autre part, l’assignation à résidence ayant pour objet de mettre à exécution une mesure d’éloignement, l’impossibilité d’exécuter cette dernière mesure entraîne nécessairement l’illégalité de la décision d’assignation à résidence.
Par suite, Mme B... est fondée à demander la suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français édictée le 12 février 2026 par le préfet du Bas-Rhin et l’annulation de l’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 13 août 2026 prononçant à son encontre une mesure d’assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
L’exécution du présent jugement implique uniquement que le préfet du Bas-Rhin procède au réexamen de la situation de Mme B.... Dès lors, il y a lieu d’enjoindre au préfet de procéder au réexamen de la situation de la requérante dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
Mme B... ayant été admise provisoirement à l’aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Berry, avocate de Mme B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État et sous réserve de l’admission définitive de sa cliente à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’État le versement à Me Berry de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Mme B... est admise provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Les effets de la décision du 12 février 2026 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a fait obligation à Mme B... de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sont suspendus.
Article 3 : L’arrêté du préfet du Bas-Rhin du 13 août 2026 portant assignation à résidence est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet du Bas-Rhin de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L’État versera la somme de 1 000 euros hors taxes à Me Berry, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que Mme B... soit admise définitivement au bénéfice de l’aide juridictionnelle et que Me Berry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Berry et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Saverne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er septembre 2026.
La magistrate désignée,
V. Thibault
La greffière,
L. Abdennouri
La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Abdennouri
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