vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207191 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ AVOCATS ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 septembre 2022 et le 4 janvier 2023, sous le n° 2207191, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 août 2022, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période allant du 30 juillet au 28 août 2022, inclus ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 30 juillet 2022 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 septembre 2022 et le 4 janvier 2023, sous le n° 2207192, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 août 2022, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période allant du 29 août 2022 au 12 septembre 2022, inclus ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 30 juillet 2022 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
III. Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, sous le n° 2300019, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 novembre 2022, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période allant du 15 novembre 2022 au 31 janvier 2023, inclus ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 15 novembre 2022 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
IV. Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, sous le n° 2303887, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2023, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période allant du 1er février 2023 au 23 mars 2023, inclus ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 1er février 2023 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
V. Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, sous le n° 2303888, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 février 2023, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période allant du 2 avril 2023 au 6 avril 2023, inclus ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 2 avril 2023 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
VI. Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, sous le n° 2304093, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 avril 2023, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour le 7 avril 2023 ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et compatible avec son grade à compter du 7 avril 2023 et, en toute hypothèse de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ; elle a sollicité en vain, la communication de l'avis de ce conseil ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par MeWalgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
VII. Par une requête, enregistrée le 10 août 2023, sous le n° 2306849, Mme D B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2023, par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon l'a placée en position de congé de maladie ordinaire, à demi-traitement, pour la période du 8 avril 2023 au 30 avril 2023 ;
2°) d'enjoindre aux Hospices civils de Lyon de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle ait été dûment convoquée devant le conseil médical, ni n'ait été informée de ses droits ;
- en la maintenant à demi-traitement, sans lui proposer un poste adapté à son état de santé, alors qu'elle avait sollicité sa réintégration dès le 12 août 2022 et était apte à reprendre sur un poste d'aide-soignante adapté à sa pathologie, le directeur général des Hospices civils de Lyon a méconnu son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Walgenwitz, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante n'est pas recevable à contester une décision dont elle a elle-même sollicité le bénéfice ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- la saisine du comité médical départemental n'était pas nécessaire, s'agissant d'une décision de maintien à demi-traitement, à titre conservatoire ;
- ils ont pu proposer un poste adapté à l'intéressée dès la fin de son congé maladie ordinaire à savoir à compter du 1er mai 2023 ;
- pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dèche, présidente rapporteure,
- les conclusions de Mme Fullana Thevenet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Employée par les Hospices civils de Lyon en qualité d'aide-soignante depuis 1991, Mme A B a été placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement, à compter du 30 juillet 2022 jusqu'au 30 avril 2023, par des décisions du directeur général des Hospices civils de Lyon des 18 août 2022, 21 novembre 2022, 23 février 2023, 24 février 2023, 5 avril 2023 et 15 juin 2023. Par sept requêtes distinctes, Mme A B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
2. Les requêtes visées ci-dessus nos 2207191, 2207192, 2300019, 2303887, 2303888, 2304093 et 2306849 concernent la situation d'une même et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement
3. Aux termes de l'article L. 822-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de maladie lorsque la maladie qu'il présente est dûment constatée et le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions ". Selon l'article L. 822-5 de ce code : " Le bénéfice des dispositions de la présente section est subordonné à la transmission par le fonctionnaire à son administration de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie ". Enfin, aux termes de l'article 15 du décret n°88-386 du 19 avril 1988 susvisé, relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. Cet avis indique, d'après les prescriptions d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme, la durée probable de l'incapacité de travail. () "
4. D'une part, il résulte des dispositions des articles L. 822-1 et L. 822-5 du code général de la fonction publique que le congé de maladie est un droit pour le fonctionnaire qui fait parvenir à l'autorité administrative le certificat prévu par les dispositions du premier alinéa de l'article 15 du décret du 19 avril 1988, sous réserve des possibilités de contrôle prévues par le deuxième alinéa de ce dernier article.
5. D'autre part, une personne n'a pas intérêt à contester une décision qui lui donne satisfaction, même si elle en conteste les motifs. Un fonctionnaire ne peut ainsi demander l'annulation d'une décision individuelle dont il fait l'objet et qui fait droit à sa demande, même si celle-ci avait été demandée à titre subsidiaire.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B a adressé aux Hospices civils de Lyon des avis d'arrêt de travail de manière ininterrompue du 30 juillet 2022 au 30 avril 2023. En adressant ces avis d'arrêt de travail aux Hospices civils de Lyon, Mme A B pouvait raisonnablement s'attendre à faire l'objet de décisions la plaçant en congé de maladie ordinaire. Ainsi, elle doit être regardée comme ayant sollicité ces décisions la plaçant en congé maladie ordinaire. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier et notamment des décisions en litige, que le directeur général des Hospices civils de Lyon se serait, par ces décisions, opposé à la demande de réintégration qu'elle avait présentée dès le 12 août 2022. Dans ces conditions, et eu égard à leur objet qui vise à régulariser la situation de l'intéressée au regard de son droit à congé de maladie, et alors que Mme A B ne conteste pas qu'elle n'avait droit qu'à un demi-traitement, les décisions attaquées, qu'elle a elle-même sollicitées, n'affectent pas ses intérêts. Dès lors, les Hospices civils de Lyon sont fondés à soutenir que Mme A B ne dispose pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de ces décisions. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions, ainsi que celles à fin d'injonction sous astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L.761- du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des Hospices civils de Lyon, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme A B sur ce même fondement.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A B une somme de 1 500 euros à verser aux Hospices civils de Lyon au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A B sont rejetées.
Article 2 : Mme A B versera aux Hospices civils de Lyon une somme de 1 500 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et aux Hospices civils de Lyon.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La présidente rapporteure,
P. Dèche
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. Journoud
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
N°s 2207191 - 2207192 - 2300019 - 2303887 - 2303888 - 2304093 - 2306849
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026