Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2207573
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207573 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS ADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 octobre 2022, 18 janvier 2023, 3 juillet 2023 et 20 décembre 2023, M. B et Mme A E, représentés par Me Chavda, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le permis de construire tacitement délivré le 9 mai 2022 par le maire de Saint-Genis-les-Ollières à M. C en vue de la réalisation de trois box artisanaux à louer et six places de stationnement sur un terrain situé rue Bel Air, ainsi que le permis de construire modificatif délivré le 2 mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-les-Ollières et de M. C la somme de 1 500 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir ;
- leur requête n'est pas tardive ;
En ce qui concerne les dispositions du permis de construire initial non modifiées par le permis de construire modificatif :
- la consultation du service " nature et fleuves " de la direction adjointe du patrimoine végétal de la métropole de Lyon n'a pas été réalisée régulièrement, dès lors que l'emplacement du chêne, situé dans un espace végétalisé à valoriser, indiqué dans la demande de permis est inexact ; ce service n'a donc pu émettre un avis sur le projet en toute connaissance de cause et son appréciation a été faussée ;
- les prescriptions émises par le service " nature et fleuves " n'ont pas été reprises par le permis de construire litigieux, qui a en effet été tacitement délivré ;
- en application de l'article 2.5.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicable à la zone UEi2, seul le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) bas est applicable dans l'hypothèse, comme en l'espèce, d'une construction ne comportant qu'un niveau ; or, les toitures présentent une pente de 10 %, alors que l'article 2.5.4.2.3 des dispositions communes relatives au VETC bas imposent des toitures présentant une pente de 40 % ;
En ce qui concerne les dispositions du permis de construire initial modifiées par le permis de construire modificatif :
- le pétitionnaire ne disposait d'aucun titre pour déposer une demande de permis de construire sur la parcelle cadastrée AH 106 ; l'inclusion de cette parcelle dans le terrain d'assiette du projet a eu une influence sur l'appréciation de la légalité du projet par le service instructeur ;
- le dossier de la demande de permis de construire est insuffisant et inexact ; en effet, d'une part, l'emplacement du chêne, situé dans un espace végétalisé à valoriser, indiqué dans cette demande est inexact, ce qui a été de nature à fausser l'appréciation de l'administration, laquelle aurait dû, compte tenu de l'emplacement réel de cet arbre, refuser de délivrer le permis ; d'autre part, l'appréciation du service instructeur a également été faussée par le document graphique produit en application des dispositions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, ce document ne permettant pas d'apprécier l'impact du projet sur son environnement, ni l'aspect des matériaux utilisés ;
- le pétitionnaire, qui ne pouvait ignorer l'emplacement exact dudit chêne, a délibérément présenté une fausse déclaration pour échapper aux contraintes d'implantation liées à cet arbre ; le permis litigieux est ainsi entaché d'une fraude ;
- les espaces de pleine terre prévus ne présentent pas tous une largeur d'au moins 4 mètres, notamment en limite séparative ouest, alors que l'article 3.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon impose que chacune des parties de l'espace de pleine terre présente une telle largeur minimale ;
- le projet ne permettra pas de garantir la pérennité du chêne par un éloignement suffisant de la construction ; par suite, l'article 3.2.5, relatif aux espaces végétalisés à valoriser, des dispositions communes du règlement du PLU-H est méconnu ;
- les dispositions de l'article 2.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable la zone UEi2, qui imposent une implantation du projet à une distance d'au moins 10 mètres par rapport à la limite séparative de la zone URi1 située à l'est, ne sont pas respectées ; en effet, alors que l'article 2.2.2 des dispositions communes impose de prendre en compte les débords de toiture qui mesurent plus de 80 cm, la construction projetée présente des débords de toiture d'environ 2,80 mètres ; par suite, cette construction doit être regardée comme étant située à 7,49 mètres de cette limite séparative ; par ailleurs, si le permis de construire modificatif respecte désormais cette règle, le maire aurait dû imposer l'application de la règle alternative prévue à l'article 2.2.2 de ce même règlement afin de préserver et de mettre en valeur l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette du projet ;
- les dispositions des articles 4.1 et 4.4 du règlement de la zone UEi2 relatives à l'insertion du projet dans son environnement et au choix des couleurs sont méconnues, dès lors que le volume, l'aspect extérieur et les couleurs des matériaux de la construction projetée ne correspondent pas aux caractéristiques prédominantes du secteur dans lequel s'inscrit le terrain d'assiette.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 novembre 2022 et 9 novembre 2023, la commune de Saint-Genis-les-Ollières, représentée par la SELAS Adaltys affaires publiques, conclut au rejet de la requête, au besoin après avoir fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, M. F C, représenté par la SELARL BG avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de M. et Mme E, requérants,
- les observations de Me Temps, substituant la SELAS Adaltys affaires publiques, représentant la commune de Saint-Genis-les-Ollières,
- et celles de Me Rourret, représentant M. C.
Une note en délibérée, présentée pour M. et Mme E, a été enregistrée le 10 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé en mairie de Saint-Genis-les-Ollières le 8 février 2022 une demande de permis de construire en vue de la réalisation de trois box artisanaux à louer et six places de stationnement sur un terrain situé rue Bel Air. Le permis de construire ainsi sollicité a été tacitement délivré le 9 mai 2022. M. et Mme E demandent au tribunal l'annulation de ce permis de construire ainsi que du permis de construire modificatif délivré le 2 mai 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les dispositions du permis de construire initial non modifiées par le permis de construire modificatif :
2. En premier lieu, si l'emplacement du chêne, situé au sein de l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette du projet, matérialisé sur le plan de masse du dossier de demande de permis de construire initial n'est pas exact, les requérants n'établissent pas que le service " nature et fleuves " de la direction adjointe du patrimoine végétal de la métropole de Lyon, consulté dans le cadre de l'instruction du dossier, n'a pas été en mesure d'émettre un avis éclairé sur le projet, alors que l'arbre litigieux est visible sur les photographies jointes au dossier et que la notice mentionne que les quelques arbres existants " sont juste sur la limite et font partie de l'espace végétalisé à valoriser ". Dans ces conditions, M. et Mme E ne sont pas fondés à soutenir que la consultation de ce service, au demeurant facultative, est irrégulière.
3. En deuxième lieu, les requérants ne précisent pas quelles dispositions d'urbanisme applicables auraient été méconnues du fait de l'absence de reprise des prescriptions émises par le service " nature et fleuves " de la direction adjointe du patrimoine végétal de la métropole de Lyon, lesquelles portent sur la taille minimale des arbres à planter, alors qu'au surplus cette consultation était facultative.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article 2.5.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicable à la zone UEi2 : " Le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) () / Pour les constructions ou parties de construction ne comportant qu'un niveau*, seul le VETC bas* est applicable. ". Et aux termes de l'article 2.5.4.2.3 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " La hauteur maximale de ce VETC est : / - soit d'1,50 mètre ; / - soit constituée par le volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet sera couvert d'une toiture à pentes de 10 % et que le VETC ne déborde pas du volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant appui sur un pied droit d'1,50 mètre, prenant lui-même naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le VETC bas prévu par le projet en litige répond aux critères posés par l'article 2.5.4.2.3, lequel n'interdit pas que le VETC présente un volume inférieur à celui défini par cet article.
En ce qui concerne les dispositions du permis de construire initial modifiées par le permis de construire modificatif :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / () ". Selon l'article R. 431-35 du même code : " () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. / () ". En vertu de ce même article, aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. Par ailleurs, une autorisation d'urbanisme est délivrée sous réserve du droit des tiers, elle vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme, elle ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme.
7. Si M. et Mme E font valoir que le pétitionnaire ne disposait d'aucun titre pour déposer une demande de permis de construire sur la parcelle cadastrée section AH n° 106, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette parcelle ne fait pas partie du projet du pétitionnaire. Ainsi, le formulaire Cerfa produit dans le cadre de la demande de permis de construire modificatif ne mentionne pas cette parcelle litigieuse. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Et aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. D'une part, le plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif a rectifié l'emplacement du chêne situé dans l'espace végétalisé à valoriser. Ainsi, M. et Mme E ne peuvent utilement faire valoir que le dossier de demande de permis de construire est inexact sur ce point. D'autre part, le document graphique d'insertion joint au dossier de demande de permis de construire modificatif permet d'apprécier l'impact visuel du projet dans son environnement, la notice précisant quant à elle les matériaux et les références des couleurs choisies. Dès lors, le service instructeur a pu apprécier l'impact du projet sur son environnement ainsi que l'aspect des matériaux utilisés. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance et de l'inexactitude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
11. En troisième lieu, une autorisation d'urbanisme n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
12. Si les requérants soutiennent que le permis de construire a été obtenu par fraude en raison de l'erreur de représentation, de l'ordre de trois mètres, du chêne litigieux sur le plan de masse du dossier de permis de construire initial, ils n'établissent pas que cette erreur a une incidence sur la préservation de l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette du projet, ni qu'elle constitue un élément de nature à établir que le permis attaqué aurait été obtenu au moyen de la fraude alors qu'au demeurant, le plan de masse du permis de construire modificatif a rectifié l'implantation de cet arbre.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " Pleine terre () / La surface totale en pleine terre est réalisée : / - d'un seul tenant pour au moins ses deux tiers. () / - et chacune de ses parties présente une largeur minimale de 4 mètres, pouvant intégrer des cheminements piétons, dès lors qu'ils sont réalisés avec des matériaux assurant la perméabilité de leur emprise, sauf en cas d'extension d'une construction existante à la date d'approbation du PLU-H. () ".
14. Le plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif fait apparaître une surface de pleine de terre de 209 m² d'un seul tenant dont chacune de ses parties présente une largeur minimale de 4 mètres. Par suite, compte tenu de la délivrance le 2 mai 2023 du permis de construire modificatif, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon est inopérant.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " Espace végétalisé à valoriser (EVV) / () Tout projet réalisé sur un terrain concerné par l'inscription d'un espace végétalisé à valoriser est conçu, tant dans son organisation, son implantation, sa qualité architecturale, que dans l'aménagement des espaces libres, en prenant en compte les caractéristiques paysagères ou la sensibilité écologique du lieu. / La configuration, l'emprise et les composantes végétales de cet espace peuvent évoluer et leur destruction partielle est admise dès lors que : / - sont préservés les éléments végétalisés de qualité de cet espace, tels que les arbres de qualité au regard de leur âge ou de leur essence et les ensembles boisés qui ont un impact sur le paysage. Pour les arbres, une attention toute particulière est portée à l'implantation des constructions, travaux et ouvrages, localisés à proximité, afin de garantir, notamment par un éloignement suffisant, la préservation du système racinaire et du houppier assurant les conditions de pérennité adaptées à chaque espèce compte tenu de ses caractéristiques ; () / - en outre, en cas de destruction partielle, une compensation contribue à l'ambiance végétale et paysagère sur le terrain. (). ".
16. Si le projet prévoit que la construction est implantée à environ deux mètres d'un chêne âgé de 80 à 100 ans, d'une hauteur de 12 mètres et présentant un état globalement satisfaisant, le rapport d'expertise arboricole versé aux débats par les requérants eux-mêmes précise que cet arbre, situé entre les deux parties d'un mur de clôture, est " affaibli par les contraintes de son environnement et la présence d'insectes sous-corticaux ". Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que le chêne litigieux constitue un arbre de qualité devant être préservé au sens des dispositions de l'article 3.2.5 précité. Dans ces conditions, à supposer même que le projet litigieux affecte le système racinaire de cet arbre, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon ne peut qu'être écarté.
17. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 2.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone UEi2 : " Règle générale / () Dans tous les cas, toute construction doit être implantée, par rapport à la limite d'une zone URi1, URi2, N1, N2, A1 et A2, à une distance au moins égale à : () / - 10 mètres dans les autres cas. ". Et aux termes de l'article 2.2.2 de ce même règlement : " Règles alternatives / Une implantation différente de celle prévue par la règle peut être appliquée dans les conditions et cas suivants : / a. l'implantation d'une construction qui ne peut pas être conforme à la règle, en raison de la préservation ou de la mise en valeur d'un élément ou d'un espace végétal de qualité, identifié aux documents graphiques du règlement (espace boisé classé*, délimitation d'espace de pleine terre*, terrain urbain cultivé et terrain non bâti pour le maintien de continuités écologiques* et espace végétalisé à valoriser*), ou à titre exceptionnel si des arbres non identifiés présentent une qualité remarquable compte tenu de leur nature, caractéristiques et localisation. Dans ce cas, le choix d'implantation de la construction est fait afin de mettre en valeur cet élément ou cet espace, tout en prenant en compte la morphologie urbaine environnante. () ". D'autre part, aux termes de l'article 2.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon dans sa version applicable à la date de délivrance du permis de construire initial : " Modalités de calcul et champ d'application du retrait / () Pour le calcul du retrait, ne sont pas pris en compte : / - les débords de toiture, les balcons, les oriels et les marquises, dont la profondeur est inférieure ou égale à 0,80 mètre, par rapport au nu général de la façade ; (). ".
18. Il ressort du plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet modifié, qui a supprimé les débords de toiture, est implanté à 10 mètres de la limite séparative est du terrain, laquelle est située en limite de la zone URi1. Ainsi, le projet respecte la règle générale prévue à l'article 2.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone UEi2. Dès lors que la règle générale est ainsi respectée, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de l'application de la règle alternative prévue à l'article 2.2.2 de ce même règlement destinée à préserver et mettre en valeur un espace végétalisé à valoriser. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de la règle d'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives ne peut qu'être écarté.
19. En dernier lieu, aux termes de l'article 4.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone UEi2 : " Insertion du projet / 4.1.1 -Principes généraux / Cette zone qui accueille des activités économiques de production, qu'elles soient artisanales ou industrielles, se caractérise par une certaine diversité morphologique des constructions. / L'objectif principal vise l'insertion qualitative du projet au sein de la zone et à son environnement. / Les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, prennent en compte l'intérêt des lieux avoisinants, des sites, des paysages naturels ou urbains ainsi que la conservation des perspectives monumentales. / 4.1.2 - Principes adaptés () / c. La conception des constructions, dans leur volumétrie et leur aspect, prend en compte les caractéristiques de la composition et de la structure de la zone dans laquelle elles sont implantées. ". Et aux termes de l'article 4.4 de ce même règlement : " () / b. Le choix des couleurs / Le choix des couleurs offre une harmonisation des coloris avec l'architecture de la construction et prend en compte l'ambiance chromatique de la zone ou de l'opération d'ensemble. ".
20. Le projet est implanté dans une zone qui accueille des activités économiques de production, artisanales ou industrielles, laquelle se caractérise par une certaine diversité morphologique des constructions. Il est également situé en limite avec la zone URi1 qui regroupe des secteurs à dominante résidentielle et d'habitat individuel. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce secteur, hétérogène dans la morphologie et les couleurs des constructions, présenterait un intérêt architectural particulier. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le projet modifié en litige, de faible ampleur, notamment par sa hauteur et sa volumétrie, qui ne comporte qu'un seul niveau et quelques ouvertures, ainsi qu'une surface de pleine terre de 209 m² et des espaces verts, ne prend pas en compte les caractéristiques de la composition et de la structure de la zone dans laquelle il est implanté. Par ailleurs, les teintes choisies pour le bardage métallique, RAL 7016, les menuiseries grises, RAL 7005 et la toiture en bac acier gris sont harmonieuses. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce choix des couleurs ne prend pas en compte l'ambiance chromatique de la zone. Par suite, le maire de Saint-Genis-les-Ollières n'a commis aucune erreur d'appréciation en délivrant le permis de construire en litige quant à l'insertion du projet dans son environnement, ni quant au choix des couleurs.
21. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par M. C en défense, que les conclusions à fin d'annulation du permis de construire tacitement délivré le 9 mai 2022 et du permis de construire modificatif délivré le 2 mai 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Genis-les-Ollières et de M. C qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par la commune de Saint-Genis-les-Ollières et par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Genis-les-Ollières sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme A E, à la commune de Saint-Genis-les-Ollières et à M. F C.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Besse, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
F.-M. DLe président,
T. Besse
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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