Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2207977
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207977 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 octobre 2022 et 4 avril 2023, M. C A, représenté par Me Paquet demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'annuler la décision du 22 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de procéder à l'enregistrement et à l'examen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jours de retard, et de lui délivrer dans un délai de huit jours un récépissé constatant le dépôt de sa demande de titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant le temps de la fabrication de ce titre de séjour ;
5°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le Système d'Information Schengen (SIS) dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jours de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Paquet au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision implicite de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision ne comporte pas le nom de son auteur et n'est pas signée par un agent disposant d'une délégation de signature pour ce faire ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et particulier de sa situation personnelle ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière sans saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L.431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le pouvoir discrétionnaire d'appréciation et de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale.
En ce qui concerne la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen complet et particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu et des droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen complet et particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 janvier et 9 mai 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle elle a refusé la délivrance d'un titre de séjour à M. A sont irrecevables en l'absence de décision implicite dès lors que la demande de titre de séjour de l'intéressé a fait l'objet d'un refus exprès d'enregistrement ;
- aucun des moyens de la requête de M. A n'est fondé.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle n°2022/019780 du 10 novembre 2022, M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme B, magistrate rapporteure,
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 2 décembre 1985, de nationalité pakistanaise, déclare être entré en France au cours de l'année 2012 démuni de tout visa ou document de séjour. Sa demande d'asile a été rejetée de manière définitive par la Cour nationale du droit d'asile le 22 mai 2015 et l'intéressé a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 16 novembre 2015. S'étant maintenu sur le territoire français, M. A sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 24 février 2021. Toutefois, l'intéressé a fait l'objet d'un refus de titre de séjour, assorti d'une nouvelle mesure d'éloignement, pris par la préfète de l'Ain à son encontre le 19 avril 2021. S'étant à nouveau maintenu sur le territoire français, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur les mêmes fondements, en se prévalant notamment de sa situation professionnelle, le 14 juin 2022. Dans la cadre de la présente instance, M. A demande l'annulation de la décision du 22 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer cette nouvelle demande de titre de séjour introduite le 14 juin 2022.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle n°2022/019780 du 10 novembre 2022, M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense tirée de l'absence de décision implicite refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A :
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé pendant quatre mois sur une demande de délivrance de titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet.
4. En l'espèce, M. A a formulé une nouvelle demande de titre de séjour le 14 juin 2022 qui a fait l'objet d'une décision expresse de refus d'enregistrement le 22 septembre 2022, réputée notifiée à l'intéressé le 14 octobre 2022. Dès lors, aucune décision implicite de refus de titre de séjour n'était encore née lorsque la préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour le 22 septembre 2022. Il s'ensuit qu'en l'absence de décision implicite de rejet, les conclusions à fin d'annulation d'une telle décision sont manifestement irrecevables. La fin de non-recevoir soulevée par la préfète de l'Ain en défense doit être accueillie. Par voie de conséquence, les conclusions de M. A D tendant à ce que la préfète lui délivre un titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées en ce qu'elles sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus d'enregistrement :
5. En premier lieu, le refus d'enregistrement qui a été opposé à M. A vise les dispositions internationales, légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde, et notamment les article L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise en outre que l'intéressé, qui déclare être entré en France le 1er juin 2012 et a déposé une demande d'asile le 20 mars 2014, est célibataire et sans charge de famille et qu'il ne démontre pas une intégration particulière sur le territoire français, ni ne fait valoir des éléments permettant de considérer que la décision attaquée aurait des conséquences disproportionnées au regard de la vie privée et familiale de l'intéressé. L'arrêté mentionne également que M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il a d'ores et déjà fait l'objet d'une première mesure d'éloignement à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile le 16 novembre 2015, puis le 19 avril 2021 dans le cadre de sa première demande de régularisation. La décision attaquée mentionne également la condamnation dont M. A a fait l'objet pour faux et usage de faux par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse le 19 février 2021. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué fait apparaître que l'autorité préfectorale s'est livrée à un examen approfondi de la situation individuelle du requérant. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, la décision de refus d'enregistrement opposée à M. A comporte les considérations détaillées de faits et de droit qui en constituent le fondement et est suffisamment motivée. Le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, les dispositions législatives et réglementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient la procédure de dépôt, d'instruction et de délivrance des différents titres autorisant les étrangers à séjourner en France. Ainsi, selon l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil / 2° Les documents justifiants de sa nationalité / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents / () ". L'article R. 431-12 du même code dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Ainsi que le précise l'article L. 431-3 du même code, la délivrance d'un tel récépissé ne préjuge pas de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. En outre, selon l'article R. 431-11 dudit code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ", cet arrêté dressant une liste de pièces pour chaque catégorie de titre de séjour.
8. Il résulte de ces dispositions, qui constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l'administration des demandes de titres de séjour, qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est effectivement incomplet. Le refus d'enregistrer une telle demande pour un motif ne relevant pas du caractère incomplet du dossier ou du caractère abusif ou dilatoire de la demande constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
9. En l'espèce, M. A a fait l'objet de deux mesures d'éloignement antérieures et d'une première décision de refus de séjour le 19 avril 2021, assortie d'une obligation de quitter le territoire français compte-tenu de la fraude documentaire pour laquelle il a été condamné le 19 février 2021 par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. M. A, qui ne fait valoir que deux promesses d'embauche non assorties d'autorisation de travail du service compétent et sans établir d'expérience ni de qualification spécifique dans ce domaine, ne peut être regardé comme justifiant d'éléments nouveaux permettant l'enregistrement de cette nouvelle demande de titre de séjour. Par suite, la préfète de l'Ain pouvait valablement estimer que sa demande présentait un caractère dilatoire et refuser de procéder à son enregistrement, sans entacher ce refus d'un détournement de procédure, ni d'une erreur de droit
10. En dernier lieu, un refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour ne porte pas par lui-même une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de refus sur la situation personnelle de l'intéressé, doivent être écartés en ce qu'ils sont inopérants.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
12. En premier lieu, le droit d'être entendu, notamment énoncé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et affirmé par un principe général du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Une atteinte à ce droit garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
13. En l'espèce, M. A qui ne pouvait ignorer que l'absence d'exécution des décisions d'éloignement du 16 novembre 2015, puis du 19 avril 2021, l'exposait à une mesure d'interdiction de retour, a pu présenter dans sa nouvelle demande d'admission exceptionnelle au séjour tous les éléments relatifs à sa situation personnelle de nature à faire obstacle au prononcé d'une telle mesure. Par conséquent, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas bénéficié du droit d'être entendu doit être écarté.
14. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision en litige, qui comporte l'ensemble des considérations détaillées de droit et de fait en constituant le fondement, ne révèle aucun défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ni aucune erreur de fait. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen doivent être écartés.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
16. En l'espèce, pour fonder l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an infligée à M. A, la préfète de l'Ain s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé n'avait pas déféré aux obligations de quitter le territoire français dans le délai de trente jours prises à son encontre les 16 novembre 2015 et 19 avril 2021. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A, qui est dépourvu de toute attache familiale en France, se maintient irrégulièrement en France en dépit des refus opposés à ses différentes demandes d'asile ou tendant à la délivrance d'un titre de séjour, et malgré les obligations de quitter le territoire français édictées les 16 novembre 2015 et 19 avril 2021. L'intéressé, ne justifie par ailleurs d'aucune circonstance humanitaire, qui aurait dû conduire la préfète à ne pas édicter d'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision aurait été prise en méconnaissance des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués précédemment, en opposant une interdiction de retour d'un an à M. A, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette interdiction sur la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
19. Dès lors que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A sont rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles formulées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'octroi du bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète de l'Ain.
Copie en sera adressée à Me Paquet.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pascale Dèche, présidente,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Mme Charlotte Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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