Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300012

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300012
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme A C. Celle-ci contestait un titre de perception émis par l'établissement national de la solde pour le remboursement d'un trop-perçu de prime d'engagement supplémentaire de 1 348,46 euros, suite à sa radiation des contrôles pour inaptitude physique. Le tribunal a jugé que la radiation n'était pas liée à une blessure imputable au service, comme le soutenait la requérante. En application du décret n° 97-440 du 24 avril 1997, le ministre des armées a donc pu légalement réclamer le remboursement au prorata du temps non effectué. La demande d'annulation et de décharge de l'obligation de payer a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, Mme B A C doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 10 décembre 2021 par lequel le directeur de l'établissement national de la solde lui réclame le remboursement d'un trop-perçu de solde d'un montant de 1 348,46 euros ;

2°) d'annuler la décision du 19 décembre 2022 par laquelle le directeur de l'établissement national de la solde a rejeté sa contestation ;

3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 348,46 euros.

Elle soutient que la créance est mal-fondée, dès lors qu'elle a été réformée pour blessure en lien avec le service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par Mme A C n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la défense ;

- le décret n° 97-440 du 24 avril 1997 ;

- l'arrêté du 27 juin 2003 fixant le montant des primes d'engagement attribuées aux militaires non officiers servant sous contrat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leravat,

- et les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté de la ministre des armées du 23 novembre 2020, Mme A C, caporal de l'armée de terre affectée au régiment médical à Dagneux-Montluel (Ain), a été rayée des contrôles pour raison médicale à compter du 13 décembre 2020. Le directeur départemental des finances publiques de la Moselle a émis à son encontre, le 10 décembre 2021, un titre de perception pour un trop-perçu de prime d'engagement supplémentaire d'un montant de 1 348,56 euros, que Mme A C a contesté par un courrier du 1er mars 2022. Par une décision du 19 décembre 2022, le directeur de l'établissement national de la solde a rejeté sa contestation. Mme A C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 10 décembre 2022 du directeur de l'établissement national de la solde rejetant sa contestation et le titre de perception du 10 décembre 2021.

2. Aux termes de l'article 1er du décret du 24 avril 1997 relatif au régime des primes d'engagement attribuées aux militaires non officiers servant sous contrat, alors en vigueur : " Le militaire non officier servant sous contrat au titre d'une armée ou d'un service reçoit, dans la limite de huit années de service, une ou plusieurs primes déterminées ci-après : / 1° Une prime, au titre d'un engagement initial d'au moins trois ans ; dans le cas d'un contrat d'au moins deux ans, cette prime pourra être attribuée le premier jour de la troisième année de service au titre d'un nouveau contrat ; / 2° Une ou plusieurs primes supplémentaires, à compter du premier jour de la cinquième année de service, au titre du contrat en cours ou du ou des nouveaux contrats d'une durée minimum d'un an ; () ". Aux termes de l'article 3 de ce décret : " Les primes sont versées dans les conditions ci-après : / 1° La prime, afférente à l'engagement initial, est versée au début du treizième mois de service ; / 2° La ou les primes supplémentaires est ou sont versées en une fois ou en plusieurs fractions, en fonction de la durée de ce ou de ces engagements, le premier jour de la cinquième, de la sixième, de la septième et ou de la huitième année. / () / 4° En cas de résiliation de l'engagement pour une cause autre que l'inaptitude résultant d'un accident ou d'une maladie imputable au service ou que l'admission au statut de sous-officier de carrière, la ou les primes ne restent acquises qu'au prorata du temps écoulé entre la date d'effet de l'engagement et la date de résiliation. " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 juin 2003: " Les montants des primes prévues par le décret du 24 avril 1997 susvisé sont les suivants : / () / Au titre du contrat en cours ou des autres engagements ultérieurs d'au moins 1 an après 4 ans de service et portant la durée des services militaires à 8 ans au plus : / () / De 4 ans et plus : 1524, 50 ".

3. Il est constant que Mme A C a été rayée des contrôles, par un arrêté du 23 novembre 2020, à compter du 13 décembre 2020. Il ressort des termes de cet arrêté et, notamment, de l'avis de la commission de réforme des militaires de Lyon du 18 novembre 2020 qu'il vise, que la requérante ne présentait pas " l'aptitude physique nécessaire à l'exercice effectif des fonctions afférentes aux emplois de son grade ". Si Mme A C soutient que son inaptitude physique résulte d'une blessure en lien avec le service, cela ne ressort ni des termes de l'arrêté portant radiation des contrôles du 23 novembre 2020, ni d'aucun élément produit par l'intéressée. Par ailleurs, il est constant que Mme A C a perçu, au mois de décembre 2020, la prime d'engagement supplémentaire pour les cinquième, sixième, septième et huitième années du contrat d'engagement à servir pour une durée de 10 ans à compter du 1er décembre 2016 souscrit par la requérante. Dans ces circonstances, le ministre des armées a pu à bon droit faire application des dispositions du 4° de l'article 3 du décret du 24 avril 1997 et procéder au rappel du montant proratisé de la prime d'engagement supplémentaire perçue par la requérante à hauteur de 1 348,56 euros. Par suite, Mme A C n'est pas fondée à soutenir que la créance dont elle est redevable serait mal-fondée.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée

.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au ministre des armées et des anciens combattants.

Copie en sera adressée pour information au directeur de l'établissement national de la solde et au directeur départemental des finances publiques de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Feron, première conseillère,

Mme Leravat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2025.

La rapporteure,

C. LERAVAT

La présidente,

V. VACCARO-PLANCHET

La greffière,

E. GROS

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,