Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2301500

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2301500
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de parents d'élèves demandant l'annulation du refus du maire de Tassin-la-Demi-Lune de réintroduire des menus de substitution dans les cantines scolaires. Les requérants contestaient la légalité de la décision de 2016 ayant supprimé ces menus, mais le tribunal a jugé que cette circonstance était sans incidence sur la légalité de la décision implicite de rejet de leur demande de 2022. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction ont été rejetées. La commune n'étant pas la partie perdante, les requérants ont été condamnés à lui verser 1 500 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, Mme D E, Mme B H, M. I, Mme F A et M. C G représentés par Me Hamon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du maire de la commune de Tassin-la-Demi-Lune refusant de réintroduire dans les restaurants scolaires municipaux des menus de substitution ;

2°) d'enjoindre à la commune de Tassin-la-Demi-Lune de procéder à la réintroduction de menus de substitution dans les cantines scolaires ;

3°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution est une décision révélée annoncée par voie de presse ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution leur fait grief ;

- le maire n'était pas compétent pour prendre la décision de 2016 supprimant les menus de substitution ;

- si une délibération a été prise relativement à la suppression les menus de substitution, les élus n'ont pas été informés ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution a été prise en absence de concertation avec les parents d'élèves ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution constitue une modification substantielle des modalités d'organisation du service ; la commune ne démontre pas en quoi les frais et coûts d'un menu de substitution seraient manifestement disproportionnés au regard de l'intérêt des enfants ; le passage en liaison froide ne peut justifier la décision ; elle a été prise pour des motifs illégaux, les principes de neutralité et de laïcité ne pouvaient justifier une telle suppression ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision de 2016 supprimant les menus de substitution conduit au gaspillage alimentaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, la commune de Tassin-la-Demi-Lune, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Clément, président,

- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,

- les observations de Me Comte pour les requérants et les observations de Me Masson pour la commune.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 2 décembre 2022 reçue par la commune le 8 décembre 2022, Mme D E a demandé au maire de la commune de Tassin-la-Demi-Lune de réintroduire les menus de substitution qui étaient proposés dans les cantines scolaires de la commune jusqu'en 2016 et d'inscrire cette question à l'ordre du jour du prochain conseil municipal.

2. Alors que les requérants se bornent à l'appui de leur requête à soutenir que la décision de 2016 de la commune de ne plus proposer dans les restaurants scolaires municipaux des menus de substitution est illégale, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision implicite du maire de la commune rejetant la demande présentée par Mme E.

3. Par suite les conclusions à fin d'annulation de la requête et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme à verser aux requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D E, Mme B H, M. I, Mme F A et M. C G, ensemble, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Tassin-la-Demi-Lune.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme D E, Mme B H, M. I, Mme F A et M. C G est rejetée.

Article 2 : Mme D E, Mme B H, M. I, Mme F A et M. C G, verseront, ensemble, une somme de 1 500 euros à la commune de Tassin-la-Demi-Lune au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, Mme B H, M. I, Mme F A et M. C G et à la commune de Tassin-la-Demi-Lune.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Duca, première conseillère,

Mme Gros, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le président,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

A. Duca

La greffière,

A. Calmès

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,