vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2302581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 avril 2023, le 30 octobre 2023, le 5 février 2024, le 14 mai 2024, le 16 août 2024 et le 1er décembre 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas fait l'objet d'une communication, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Forez a fixé le coefficient de calcul de la part fonctionnelle de sa prime de fonctions et de résultats à 2,5 à compter du 1er janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier du Forez de procéder au remboursement de la retenue sur sa rémunération pour le mois de mars 2023 à hauteur de 2 576 euros ainsi qu'au versement des sommes correspondant au montant de sa prime de fonctions et de résultats calculée sur la base d'un coefficient de 2,9 à compter d'avril 2023 ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Forez à lui verser une somme de 1 000 euros au titre de son préjudice moral et financier.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne saurait être fondée sur les instructions du centre national de gestion du 20 mai 2022 et du 13 juillet 2022 ainsi ou sur l'instruction ministérielle du 27 juin 2022 dès lors qu'elle ne fait pas référence à ces textes ;
- sa fiche de poste du 22 novembre 2020 indique un coefficient de calcul de sa prime de fonctions et de résultats de 2,9 dont 2,7 pour la part fonctionnelle, et ses traitements entre septembre 2020 et février 2023 ont été versés après application de cette cotation ;
- le montant de sa prime de fonctions et de résultats ne pouvait être modifié tant qu'il occupait les mêmes fonctions, conformément à l'instruction du centre national de gestion CNG/DGD/2022/179 du 20 mai 2022, et la décision fixant la part fonction de cette indemnité doit être présentée au moment de la prise de fonctions ;
- la première page du support de son évaluation professionnelle pour 2022 ne mentionnait pas la nouvelle cotation de cette part fonctionnelle et n'a été modifiée que le 23 février 2023 ;
- sa fiche de poste ne mentionne pas la nouvelle cotation de cette part fonctionnelle ;
- le trop-perçu a été prélevé sur son traitement du mois de mars 2023 sans aucune prévenance ni information.
Par des mémoires en défense enregistrés le 2 octobre 2023, le 21 décembre 2023, le 27 mars 2024, et le 16 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas fait l'objet d'une communication, le centre hospitalier de Forez, représenté par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête.
Le centre hospitalier de Forez fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de liaison du contentieux ;
- les conclusions tendant au versement du montant de la part de fonction de la prime de fonctions et de résultats à sur la base d'un coefficient de 2,7 depuis le mois d'avril 2023 sont irrecevables dès lors qu'il s'agit d'une demande nouvelle ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2012-749 du 9 mai 2012 relatif à la prime de fonctions et de résultats des corps ou emplois fonctionnels des personnels de direction et des directeurs des soins de la fonction publique hospitalière ;
- l'arrêté du 9 mai 2012 fixant les montants de référence de la prime de fonctions et de résultats applicables aux corps ou emplois fonctionnels des personnels de direction et des directeurs des soins de la fonction publique hospitalière ;
- l'instruction CNG/DGD/2022/179 du 20 mai 2022 relative à l'évaluation et à la prime de fonctions et de résultats des directeurs d'hôpital, directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, et des directeurs des soins des établissements ;
- l'instruction DGOS/RH4/DGCS/4B/2022/177du 27 juin 2022 relative à la mise en œuvre de la prime de fonctions et de résultats pour les personnels des corps de direction de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouyet,
- les conclusions de Mme Maguy Fullana-Thevenet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lucquet, représentant le centre hospitalier du Forez.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, directeur d'établissement sanitaire social et médico-social hors classe, a été détaché pour une durée de cinq ans dans le corps des directeurs d'hôpitaux hors classe en qualité de directeur adjoint auprès du centre hospitalier du Forez, à compter du 1er septembre 2020. Dans le cadre de ces fonctions, il a été chargé de la direction des EHPAD de Champdieu, de Bussière et de Panissières, aussi, en vertu d'une convention de mise à disposition, de celle des EHPAD de Noirétable et de Saint-Just-en-Chevalet. Par une décision du 22 février 2023 le directeur du centre hospitalier du Forez a fixé le coefficient de calcul de la part fonctionnelle de la prime de fonctions et de résultats de M. A à 2,5 à compter du 1er janvier 2022. Ce dernier demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui verser une indemnité.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Selon les termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. Si M. A demande que le centre hospitalier de Forez soit condamné à l'indemniser des préjudices subis, il ne résulte pas de l'instruction, ainsi que le fait valoir le centre hospitalier en défense, qu'il aurait adressé, antérieurement ou postérieurement à l'introduction de sa requête, une demande indemnitaire préalable de nature à lier le contentieux. Par suite, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables à défaut de liaison du contentieux et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2012-749 susvisé : " Les fonctionnaires appartenant aux corps, d'une part, des personnels de direction des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et, d'autre part, des directeurs des soins de la fonction publique hospitalière ou détachés dans l'un de ces corps ou sur un emploi fonctionnel, relevant des décrets du 2 août 2005 et du 9 mai 2012 susvisés, perçoivent une prime de fonctions et de résultats, dans les conditions fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " La prime de fonctions et de résultats comprend deux parts : / ' une part tenant compte des responsabilités, du niveau d'expertise et des sujétions spéciales liées aux fonctions exercées ; / ' une part tenant compte des résultats de la procédure d'évaluation individuelle prévue par la réglementation en vigueur et de la manière de servir ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " Les montants individuels de la part fonctionnelle et de la part liée aux résultats de l'évaluation et à la manière de servir sont respectivement déterminés comme suit : / 1° Pour la part fonctionnelle, l'attribution individuelle est déterminée par application au montant de référence d'un coefficient multiplicateur compris dans une fourchette de 1 à 6 au regard des responsabilités, du niveau d'expertise et des sujétions spéciales liés à la fonction exercée ".
5. Les emplois des personnels de direction d'hôpital font l'objet d'une cotation de fonctions selon un barème défini dans l'annexe II-A de l'instruction ministérielle du 27 juin 2022 susvisée. Celle-ci prévoit, pour les adjoints hors classe comme M. A, une cotation de 2,5 ou 2,7, qui est augmentée de 0,2 en cas d'exercice multisites, d'exercice de directeur de site ou d'exercice de fonctions d'administrateur de groupement de coopération sanitaire notamment. Par la décision attaquée, le directeur du centre hospitalier de Forez a fixé la cotation de la part fonctionnelle de la prime de fonctions et de résultats de M. A à 2,5, conformément aux modalités ainsi prévues par cette instruction.
6. D'une part, il ne ressort d'aucune des dispositions fixant le régime de la prime de fonctions et de résultats, ni d'aucun principe, que les agents aient droit à ce que cette prime leur soit attribuée selon un coefficient déterminé, y compris s'agissant de sa part fonctionnelle. L'instruction CNG/DGD/2022/179 du 20 mai 2022 invoquée par le requérant, qui renvoie aux règles fixées par l'instruction de la direction générale de l'offre de soin alors applicable, désormais remplacée par l'instruction susvisée du 27 juin 2022, ne saurait davantage être regardée comme garantissant un droit au maintien de ladite cotation dès lors qu'elle se borne à indiquer que la cotation de la part fonctionnelle " a vocation à rester stable ".
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la première page de l'évaluation professionnelle de M. A a été modifiée pour y faire figurer la nouvelle cotation, et que cette version rectifiée a été signée par l'intéressé le 24 février 2023. Si l'instruction du 20 mai 2022 prévoit que la cotation de la part fonctionnelle de la prime de fonctions et de résultats doit figurer sur la première page du support d'évaluation, cette mention à titre informatif ne fait pas obstacle à ce que la cotation de cette part fonctionnelle, laquelle n'est pas déterminée au regard de la manière de servir de l'agent, puisse être modifiée postérieurement à l'évaluation professionnelle de ce dernier, dès lors que celui-ci en a connaissance. Enfin, la circonstance que la fiche de poste de M. A n'aurait pas été actualisée pour indiquer le nouveau montant de cette cotation n'entache pas d'illégalité la décision procédant à cette modification.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 février 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Forez a fixé le coefficient de calcul de la part fonctionnelle de sa prime de fonctions et de résultats à 2,5 à compter du 1er janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement au centre hospitalier de Forez d'une somme au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Forez sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Forez.
Copie en sera adressée pour information au centre national de gestion de la fonction publique hospitalière
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
La rapporteure,
C. Pouyet
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026