Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2302690

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2302690
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme C épouse B, ressortissante algérienne, qui contestait les refus implicites du préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans et un titre de séjour d’un an. Le tribunal a jugé que les conclusions étaient irrecevables car dirigées contre des décisions inexistantes, la requérante n’ayant pas établi avoir déposé de demande de titre de séjour aux dates alléguées. En conséquence, les demandes d’annulation, d’injonction et de frais de justice ont été rejetées. La décision se fonde sur l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, Mme A C épouse B, représentée par Me Gillioen, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 5 mars 2023 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans et la décision implicite née le 5 mars 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour valable un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée,

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation,

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit d'observations.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la requête au motif que celles-ci sont dirigées contre deux décisions matériellement inexistantes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

- et les observations de Me Stadler, substituant Me Gillioen.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C épouse B, ressortissante algérienne née le 12 décembre 1968 et entrée en France le 14 décembre 2017 demande au tribunal d'annuler la décision implicite née le 5 mars 2023 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans et la décision implicite née le 5 mars 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour valable un an.

2. Si Mme C épouse B demande l'annulation des décisions implicites de rejet qui seraient nées les 5 mars 2022 et 2023, elle n'apporte aucun élément de nature à établir qu'elle aurait présenté une demande de titre de séjour susceptible d'avoir fait naître une décision implicite à l'une de ces dates, les récépissés de demande de titre de séjour qu'elle produit faisant seulement apparaître qu'elle a déposé une demande de titre de séjour le 2 mars 2018. A supposer qu'une décision implicite de rejet soit née le 2 juillet 2018 du silence gardé par le préfet du Rhône sur cette demande, la requérante n'en demande pas l'annulation. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la requête sont dirigées contre deux décisions inexistantes et, sont pour ce motif, irrecevables. Par suite, ces conclusions ainsi que par voie de conséquence celles à fin d'injonction sous astreinte, ne peuvent qu'être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Leravat, conseillère,

Mme de Tonnac, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

V. Vaccaro-Planchet

L'assesseure la plus ancienne,

C. Leravat

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,