Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2302690
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2302690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, Mme A C épouse B, représentée par Me Gillioen, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 5 mars 2023 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans et la décision implicite née le 5 mars 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour valable un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée,
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation,
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit d'observations.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la requête au motif que celles-ci sont dirigées contre deux décisions matériellement inexistantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
- et les observations de Me Stadler, substituant Me Gillioen.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse B, ressortissante algérienne née le 12 décembre 1968 et entrée en France le 14 décembre 2017 demande au tribunal d'annuler la décision implicite née le 5 mars 2023 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans et la décision implicite née le 5 mars 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour valable un an.
2. Si Mme C épouse B demande l'annulation des décisions implicites de rejet qui seraient nées les 5 mars 2022 et 2023, elle n'apporte aucun élément de nature à établir qu'elle aurait présenté une demande de titre de séjour susceptible d'avoir fait naître une décision implicite à l'une de ces dates, les récépissés de demande de titre de séjour qu'elle produit faisant seulement apparaître qu'elle a déposé une demande de titre de séjour le 2 mars 2018. A supposer qu'une décision implicite de rejet soit née le 2 juillet 2018 du silence gardé par le préfet du Rhône sur cette demande, la requérante n'en demande pas l'annulation. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la requête sont dirigées contre deux décisions inexistantes et, sont pour ce motif, irrecevables. Par suite, ces conclusions ainsi que par voie de conséquence celles à fin d'injonction sous astreinte, ne peuvent qu'être rejetées.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Leravat
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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