Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2305273

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2305273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de Mme A, ressortissante albanaise, contestant le refus de la préfète du Rhône de lui délivrer une convocation pour déposer une demande de titre de séjour. Postérieurement à l'introduction du recours pour excès de pouvoir, Mme A a pu déposer sa demande le 14 janvier 2024, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État a été condamné à verser 1 000 euros à Mme A.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2023, Mme C B épouse A, représentée par le cabinet d'avocats Koszczanski et Berdugo (Me Berdugo), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer une convocation ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit d'observations mais a produit une pièce, enregistrée le 25 juillet 2024.

Par un courrier du 26 juillet 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision en date du 27 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de délivrer à Mme A une convocation et des conclusions à fin d'injonction sous astreinte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Leravat a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante albanaise née le 1er septembre 1991, est entrée en France le 21 août 2016, selon ses déclarations. Par un arrêté du 28 janvier 2022, le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée. Par un jugement n° 2201495 et n° 2201497 du 16 juin 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet du Rhône de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation administrative. Le 6 avril 2023, Mme A, qui a par ailleurs engagé une procédure en vue de l'exécution de ce jugement, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur la plateforme " démarches simplifiées ". Elle demande l'annulation de la décision du 27 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui fixer un rendez-vous.

2. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'enregistrement de la requête, Mme A a pu déposer une demande de titre de séjour, le 14 janvier 2024. Dans ces conditions, les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision en litige et celles tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône, sous astreinte et dans un délai de quinze jours, de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête de Mme A.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Leravat, conseillère,

Mme de Tonnac, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

C. LERAVAT

La présidente,

V. VACCARO-PLANCHET

La greffière,

I. RIGNOL

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,