Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306529
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2306529 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Achou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la métropole de Lyon a implicitement rejeté son recours du 18 mars 2023 exercé contre la décision du 9 novembre 2022 décidant de mettre fin à son accompagnement par l'établissement et service d'aide par le travail (ESAT) " Messidor ", à compter de cette dernière date ;
2°) d'enjoindre à l'administration de le réintégrer au sein de cet établissement à compter du 9 novembre 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a introduit sa requête dans le délai de recours contentieux ;
- la décision du 9 novembre 2022 est entachée d'incompétence ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la saisine de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est irrégulière, la note du 27 avril 2022 procédant à cette saisine n'étant pas signée et cette dernière n'ayant pas été précédée d'une décision conservatoire prise par le directeur de l'ESAT " Messidor ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. -La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; / 2° Désigner les établissements, les services mentionnés à l'article L. 312-1 ou les dispositifs au sens de l'article L. 312-7-1 correspondant aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent ou concourant à la rééducation, à l'éducation, au reclassement et à l'accueil de l'adulte handicapé et en mesure de l'accueillir ; / () La décision de la commission prise au titre du 2° du I s'impose à tout établissement ou service dans la limite de la spécialité au titre de laquelle il a été autorisé. () / Lorsque l'évolution de son état ou de sa situation le justifie, l'adulte handicapé, ou, s'il n'est pas apte à exprimer sa volonté, la personne chargée à son égard d'une mesure de protection juridique avec représentation relative à la personne, en tenant compte de son avis, les parents ou le représentant légal de l'enfant ou de l'adolescent handicapé ou l'établissement ou le service peuvent demander la révision de la décision d'orientation prise par la commission. L'établissement ou le service ne peut mettre fin, de sa propre initiative, à l'accompagnement sans décision préalable de la commission. " Il résulte de ces dispositions une obligation pour les établissements concourant à l'accueil des adultes handicapés de saisir la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées avant toute décision de mettre un terme à leur prise en charge.
3. En application des dispositions citées au point précédent, l'établissement et service d'aide par le travail (ESAT) " Messidor " a demandé à la maison départementale métropolitaine des personnes handicapées de Lyon de mettre fin à l'accompagnement de M. B réalisé par cet établissement. Par une décision du 9 novembre 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la métropole de Lyon a décidé, à compter de cette date, de faire droit à cette demande. M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle cette commission a implicitement rejeté son recours du 18 mars 2023 exercé contre cette décision du 9 novembre 2022, laquelle décision implicite, prise sur recours administratif préalable obligatoire, s'est substituée à cette décision initiale.
4. Toutefois, les recours formés contre les décisions des commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statuant en application des dispositions précitées constituent des recours de plein contentieux. Eu égard à son office lorsqu'il est saisi d'un tel recours, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais seulement sur le bien-fondé de celle-ci, en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision. Il s'ensuit que les moyens visés ci-dessus, tirés de l'incompétence, du défaut de motivation et du vice de procédure, au surplus dirigés contre la décision initiale du 9 novembre 2022, à laquelle la décision attaquée s'est substituée, sont inopérants.
5. Au demeurant, alors que les circonstances ayant amené l'ESAT " Messidor " a demandé la fin de l'accompagnement de M. B sont exposées de manière circonstanciée dans la demande de sortie du 27 avril 2022 qui a été adressée à la maison départementale métropolitaine des personnes handicapées de Lyon, le requérant ne conteste pas l'exactitude de ces circonstances.
6. Il suit de là que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la modalité prévue par l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la maison départementale métropolitaine des personnes handicapées de Lyon.
Fait à Lyon, le 17 septembre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
Jean-Pascal Chenevey
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
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