Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307541
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 1er septembre 2023 et le 1er novembre 2023, Mme B, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône sur sa demande de remise d'un indu de dette d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 475,00 euros ;
2°) de lui accorder une remise totale de sa dette, ou, à défaut, une remise partielle ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la suspension du remboursement de sa dette dans l'attente de sa reprise d'activité professionnelle, puis un échelonnement de sa dette.
Elle soutient que :
- si elle a bien reçu la notification de réception de sa demande de remise de dette le 13 juin 2023, elle n'a depuis pas reçu de réponse ;
- elle est de bonne foi ;
- sa situation est précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une décision explicite de remise partielle à hauteur de 1 237,50 euros de la dette de Mme B a été prise le 8 janvier 2024, laissant à sa charge la somme de 1 237,50 euros ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan, première vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jourdan, présidente.
Aucune partie n'était présente ou représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande du 23 février 2023, Mme B a sollicité une remise de ses dettes d'allocation de logement sociale d'un montant total de 2 575,00 euros. La directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a accusé réception de cette demande et a indiqué que celle-ci serait étudiée par un courrier du 13 juin 2023. En l'absence de réponse dans un délai de 2 mois suivant la réception de cette demande par la caisse d'allocations familiales du Rhône, une décision implicite de rejet est née. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision refusant la remise de sa dette d'allocation de logement sociale, de lui accorder une remise de dette totale ou, à défaut, une remise partielle, et à titre subsidiaire, la mise en place d'un échelonnement.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable. " L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Par une décision du 8 janvier 2024, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a accordé à Mme B une remise partielle d'un montant de 1 237,50 euros. Il n'y a donc plus lieu de statuer, à hauteur de cette somme, sur les conclusions de la requête relatives à la remise gracieuse de l'indu d'allocation de logement sociale mis à la charge de la requérante.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de remise :
4. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indus d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
5. Il appartient au tribunal, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
6. Mme B, dont la bonne foi n'est pas contestée, fait valoir que sa précarité financière fait obstacle au remboursement de la somme qui lui est réclamée. Toutefois, malgré une mesure d'instruction en ce sens, elle ne fournit aucun élément sur ses revenus et ses charges, et ne met ainsi pas le tribunal en mesure d'apprécier si sa situation justifie qu'une remise de dette lui soit accordée. Ainsi, Mme B, n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 janvier 2024, par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a seulement accordée une remise partielle de sa dette d'allocation de logement sociale.
Sur les conclusions aux fins de suspension du remboursement de sa dette et la mise en place d'un échelonnement :
7. Mme B demande également au tribunal de suspendre le remboursement de sa dette dans l'attente de son retour à l'emploi, puis la mise en place d'un échelonnement. Toutefois, il n'appartient qu'à l'autorité administrative de prononcer à titre gracieux sur une telle demande, ainsi que sur l'échelonnement du remboursement d'une somme perçue à tort. Par suite, les conclusions susvisées tendant à obtenir un échelonnement du remboursement de sa dette sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur de la remise de dette de 1 237,50 euros accordée par décision du 8 janvier 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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