Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308261

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308261
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL LEGA CITE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. et Mme A dirigée contre un permis de construire délivré par le maire de Craponne à la société Bouygues Immobilier pour un ensemble de 38 logements. Les requérants contestaient notamment l'insuffisance du dossier de demande et la méconnaissance des règles d'urbanisme. Le tribunal a jugé irrecevables plusieurs moyens, dont ceux relatifs à l'insuffisance du dossier et à la violation des articles L. 101-2 du code de l'urbanisme et L. 163-1 du code de l'environnement, car présentés après le délai de cristallisation prévu à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme. Les autres moyens, tirés de l'incompétence du signataire et de la méconnaissance des articles 5.1.1.2.2, 4.1.1 et 4.2.2 du règlement du PLU-H, ont été écartés comme infondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 octobre 2023 et 13 juin 2024, M. C A et Mme B A, représentés par la SCP Ducrot Associés (DPA), demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel le maire de Craponne a délivré un permis de construire à la société Bouygues Immobilier pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 38 logements et 60 places de stationnement sur un terrain situé route de Brindas, ainsi que la décision du 31 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Craponne la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt pour agir ;

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- le permis de construire attaqué a été délivré sur la base d'un dossier insuffisant ; le document graphique et les photographies de l'environnement proche et lointain joints à la demande ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ;

- il méconnaît les articles L. 101-2 6° du code de l'urbanisme et L. 163-1 I du code de l'environnement ;

- le projet méconnaît l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les articles 4.1.1 et 4.2.2 des dispositions applicables à la zone URi1 de ce règlement.

Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2023, la commune de Craponne, représentée par la SELARL ATV Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par deux mémoires, enregistrés les 24 avril et 4 juillet 2024, la société Bouygues immobilier, représentée par la SELAS Léga-cité Avocats, conclut au rejet de la requête, au besoin après application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à tout le moins à l'annulation partielle des actes attaqués en application de l'article L. 600-5 du même code et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la requête est irrecevable, faute pour les requérants d'avoir respecté les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une lettre du 14 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 5 juillet 2024 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 4 septembre 2024 en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, le 27 septembre 2024, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, des moyens tirés du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire et de la méconnaissance des articles L. 101-2 du code de l'urbanisme et L. 163-1 du code de l'environnement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Flechet, rapporteure,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Potronnat, représentant M. et Mme A, requérants,

- les observations de Me Vincens-Bouguereau, représentant la commune de Craponne,

- et celles de Me Perrier, représentant la société Bouygues Immobilier.

Une note en délibéré, enregistrée le 3 octobre 2024, a été produite pour M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. La société Bouygues Immobilier a déposé en mairie de Craponne, le 21 novembre 2022, une demande de permis de construire, valant permis de démolir, pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 38 logements et 60 places de stationnement. Par arrêté du 5 mai 2023, le maire de Craponne a délivré l'autorisation d'urbanisme ainsi sollicitée. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision du 31 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la recevabilité des moyens :

2. Aux termes de R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, () les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () / Le président de la formation de jugement, ou le magistrat qu'il désigne à cet effet, peut, à tout moment, fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens lorsque le jugement de l'affaire le justifie. () ".

3. Il résulte des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.

4. Les moyens présentés par les requérants dans leur mémoire enregistré le 13 juin 2024, postérieurement au délai de deux mois à compter de la communication du premier mémoire en défense qui a eu lieu le 6 décembre 2023, tirés de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire et de la méconnaissance des articles L. 101-2 6° du code de l'urbanisme et L. 163- I du code de l'environnement, distincts des moyens soulevés dans la requête introductive d'instance, ne sont fondés sur aucune circonstance de fait ou de droit dont les requérants n'auraient pu faire état avant l'expiration de ce délai. En application des dispositions précitées du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, ces deux moyens sont ainsi irrecevables.

En ce qui concerne le bien-fondé des moyens :

5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ".

6. L'arrêté attaqué a été signé par M. D, deuxième adjoint au maire, qui disposait d'une délégation de fonction emportant délégation de signature accordée par arrêté du maire de Craponne du 24 juillet 2020, dans le domaine de l'urbanisme et de l'aménagement, notamment pour l' " application du droit du sol (autorisation et utilisation des droits des sols) () ". Cette délégation ne présente pas un caractère général et définit avec une précision suffisante les limites de la délégation ainsi consentie, notamment dans le domaine de l'urbanisme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la mention apposée sur la délégation et de l'extrait du registre des affichages de la mairie, dont la valeur probante n'est pas critiquée, que cette délégation a été réceptionnée en préfecture le 27 juillet 2020 et affichée en mairie à compter de cette même date. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

7. En deuxième lieu, selon l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Aux termes de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " () b. Caractéristiques des accès. Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. / Les accès : - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : - de la position des accès et de leur configuration ; - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès est aménagé sur la voie présentant le moindre risque ou gêne pour la circulation. (). ".

8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est desservi par l'ancienne route de Brindas, voie à sens unique bordée d'un trottoir dont le tracé est rectiligne au droit du terrain d'assiette et sur laquelle la vitesse est limitée à 30 km / h. Après un premier avis du 6 avril 2023 de la métropole de Lyon assorti de prescriptions, la pétitionnaire a modifié son projet et a transmis, au cours de l'instruction de sa demande d'autorisation, les pièces permettant de justifier de la prise en compte de l'ensemble des prescriptions ainsi émises. Les services compétents de la métropole de Lyon ont d'ailleurs rendu un second avis sur le projet modifié postérieurement à la délivrance du permis, favorable à ce projet. Ainsi, le plan de masse fait apparaître, dans sa dernière version, un accès, aménagé sur l'ancienne route de Brindas perpendiculairement à l'axe de la voie publique, présentant une largeur d'environ 7 mètres. Il ressort également de ce plan que le projet prévoit un espace libre d'au moins 5 mètres entre le portail d'accès et la chaussée, permettant aux véhicules entrant ou sortant de patienter sans empiéter sur la voie publique. De même, ce plan fait apparaître que les conducteurs des véhicules stationnés sur les places aménagées du côté de la rue Marcel Plasse auront la possibilité de faire demi-tour pour ressortir en marche avant sur la voie. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les prescriptions émises dans le premier avis des services de la métropole sont irréalisables et, qu'en conséquence, le projet méconnaît les dispositions de l'article 5.1.1.2.2 précité. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les dimensions de l'ancienne route de Brindas sont adaptées à l'accueil du flux supplémentaire de véhicules impliqué par le projet, qui créera 38 logements et 60 places de stationnement, la desserte du terrain répondant ainsi à l'importance et la destination du projet. M. et Mme A, qui soutiennent également que le carrefour entre cette voie et l'avenue Edouard Millaud est saturé et sous-dimensionné pour accueillir ce flux supplémentaire de véhicules, ne peuvent utilement se prévaloir des conditions générales de circulation dans le secteur d'implantation du projet. Par suite, les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le projet présente un risque pour la sécurité, ni que la voie de desserte que constitue l'ancienne route de Brindas n'est pas adaptée à la destination et à l'importance du projet. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 5.1.1.2.2 précité du règlement du PLU-H et de l'erreur manifeste d'appréciation commise dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent, ainsi, être écartés en toutes leurs branches.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 1.1 de la partie II, applicable en zone URi1, du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " 1.1.2 - Usages des sols et natures d'activités interdites. a. Les occupations et utilisations du sol de nature à porter atteinte au caractère de la zone. / () ". Le règlement de ce même PLU-H définit la zone URi1 comme présentant les caractères suivants : " Cette zone regroupe les secteurs à dominante résidentielle et d'habitat individuel dont le bâti s'organise principalement selon un front bâti homogène soit à l'alignement, soit en recul de la voie. L'occupation des terrains à l'arrière du front bâti est variable mais toujours accompagnée d'une végétation abondante, perçue depuis la rue. L'objectif est d'accompagner la gestion de ces espaces en préservant leur organisation urbaine, tout en permettant une évolution du bâti. / La zone comprend quatre secteurs URi1a, URi1b, URi1c et URi1d qui se distinguent par une gestion différenciée du rapport entre le bâti et les espaces végétalisés. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 4.1.1 des dispositions applicables à la zone Uri1 de ce règlement : " Conception du projet dans son environnement urbain et paysager. / a. La conception du projet permet son insertion dans la morphologie urbaine de la zone considérée en prenant en compte son environnement urbain et paysager, sauf contexte urbain particulier. / () ". En vertu de l'article 4.2.2 des dispositions applicables à cette même zone : " Volume Enveloppe de Toiture et Couronnement. () / b. Différents types de toiture tels que terrasse, à pans ou formes contemporaines sont admis dès lors qu'ils respectent une harmonie d'ensemble et des proportions cohérentes avec la hauteur de façade de la construction. / Le projet recherche une simplicité de toiture et limite la multiplicité des formes de toitures. / () ".

10. Il résulte de la description de la zone URi1 par le règlement annexé au PLU-H que, si cette zone se caractérise par une dominante d'habitat individuel, ce type d'habitat n'y est toutefois pas exclusif. A cet égard, il ne résulte d'aucune des dispositions du règlement du PLU-H que les immeubles d'habitation de type " petit collectif " seraient interdits au sein de cette zone. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet de réalisation d'un ensemble immobilier de 38 logements répartis en deux maisons et cinq bâtiments de type " petit collectif " méconnaît la destination de la zone URi1.

11. Il ressort des pièces du dossier que le secteur d'implantation du projet se compose majoritairement de maisons individuelles couvertes de toits à pentes. Afin de s'insérer au mieux dans cet environnement, les 38 logements envisagés sont répartis entre deux maisons individuelles et cinq bâtiments de type " petit collectif " ne dépassant pas un étage au-dessus du rez-de-chaussée, dont la hauteur, dégressive, tient compte de l'implantation dans la pente caractérisant le terrain d'assiette. Si les bâtiments B et G comportent chacun une dizaine de logements, leur volumétrie ne crée pas de rupture avec celle des constructions avoisinantes, qui comptent d'ailleurs, à proximité immédiate du projet, un bâtiment collectif de plus d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le style contemporain du projet empêchera sa bonne insertion dans l'environnement bâti, dont il n'est pas établi qu'il présenterait une homogénéité particulière s'agissant du style architectural. Par ailleurs, s'il ressort de la vue aérienne produite par les requérants que l'environnement bâti du projet est exclusivement composé de constructions comportant des toits à pentes, la pétitionnaire a opté pour deux typologies de toitures, certains bâtiments étant couverts d'un toit plat et d'autres d'un toit à pentes, afin d'assurer une meilleure insertion dans la pente affectant le terrain d'assiette. Cette caractéristique du projet garantit en outre une simplicité de toitures, avec un type de toiture par bâtiment, et limite les formes de toitures. Enfin, il n'apparaît pas que les formes de toitures retenues pour le projet, implanté au cœur d'un vaste parc paysager, empêcherait le respect d'une harmonie d'ensemble. Le maire n'a ainsi pas commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles 4.1.1 et 4.2.2 précités du règlement du PLU-H.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions présentées par M. et Mme A à fin d'annulation de l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel le maire de Craponne a délivré un permis de construire à la société Bouygues Immobilier et de la décision du 31 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Craponne, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 400 euros, à verser, d'une part, à la commune de Craponne, d'autre part, à la société Bouygues Immobilier, au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront une somme globale de 1 400 euros à la commune de Caponne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. et Mme A verseront une somme globale de 1 400 euros à la société Bouygues Immobilier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme B A, à la commune de Craponne et à la société Bouygues immobilier.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,