jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2311000 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 17 octobre 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Loire a rejeté son recours administratif contre le refus de lui reconnaître la qualité de travailleur handicapé, en second lieu, de lui reconnaître cette qualité.
Il soutient que :
- il a souffert d'une leucémie en 2016, qui a été soignée par chimiothérapie et greffe de moëlle ;
- il reste très fatigué et est en difficulté pour faire face à son travail et aux tâches de la vie familiale ;
- une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé lui permettrait d'obtenir un aménagement de son temps de travail.
La maison départementale des personnes handicapées de la Loire a produit des pièces, qui ont été enregistrées le 11 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public, sur sa proposition, a été dispensé de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire ;
- et les observations de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé auprès de la maison départementale des personnes handicapées de la Loire. Par une décision du 10 mai 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Loire a toutefois rejeté cette demande. M. A a présenté un recours préalable pour contester cette décision. Par une décision du 17 octobre 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a rejeté ce recours et a confirmé la décision initiale de refus. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision du 17 octobre 2023 et de lui reconnaître la qualité de travailleur handicapé.
2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail ; / () ". Aux termes de l'article R. 241-31 du même code : " Les décisions de la commission sont motivées. Elles sont prises au nom de la maison départementale des personnes handicapées. Leur durée de validité ne peut être inférieure à un an ni excéder dix ans sauf dispositions législatives ou réglementaires spécifiques contraires. / La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et l'orientation vers le marché du travail, prévues par l'article L. 5213-2 du code du travail, sont attribuées sans limitation de durée à toute personne qui présente, compte tenu des données de la science, une altération définitive d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique qui réduit ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi. / (). ".
3. Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail, qui reprend les dispositions auparavant codifiées à l'article L. 323-10 du même code : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Enfin, aux termes de l'article L. 5213-2 de ce code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive. / () ".
4. Eu égard à son office lorsqu'il est saisi d'un recours formé contre une décision d'une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statuant, en application des dispositions du 4° du I de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, sur une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé au sens de l'article L. 5213-1 du code du travail, il appartient au juge administratif de se prononcer sur la qualité de travailleur handicapé de la personne intéressée en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision.
5. Il résulte des dispositions précitées que la qualité de travailleur handicapé doit être appréciée en tenant compte, d'une part, de l'état de santé du demandeur et, d'autre part, de ses qualifications et de l'emploi qu'il occupe ou de celui qu'il aurait vocation à occuper. La reconnaissance de cette qualité ne peut être légalement reconnue qu'à des personnes atteintes d'un handicap susceptible de réduire de façon durable leurs possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi.
6. M. A, né le 26 février 1980, diplômé ingénieur, verse au dossier plusieurs documents dont il résulte qu'en 2016 il a été soigné pour une leucémie aiguë myéloïde. Il est en rémission complète depuis plusieurs années. Il fait valoir que depuis qu'il a repris son activité professionnelle en 2018, il a constaté une fatigabilité importante, associée à des pertes de mémoires et des difficultés à se concentrer. Un bilan neuropsychologique réalisé le 4 juillet 2023, a relevé des fluctuations attentionnelles, une fragilité de l'attention soutenue visuelle de la mémoire à court terme auditivo-verbale ainsi qu'une discrète lenteur d'apprentissage en mémoire antérograde verbale. Toutefois, la praticienne qui a réalisé le bilan, n'a pas relevé une altération significative des capacités cognitives de M. A. Il résulte des autres documents médicaux, que M. A souffre également d'un syndrome anxio-dépressif. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'à la date du présent jugement les possibilités de M. A de conserver son emploi seraient effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique au sens de l'article L. 5213-1 du code du travail.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la maison départementale des personnes handicapées de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
La magistrate désignée,
A. WolfLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026