Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2401005

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2401005
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus implicite de la commission de médiation du Rhône de la déclarer prioritaire pour un logement au titre du droit au logement opposable. La requérante n’a pas fourni les précisions ou pièces justificatives nécessaires pour étayer son recours, malgré une demande de régularisation du greffe. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête a été jugée insuffisamment motivée et rejetée par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de médiation du " droit au logement opposable " du Rhône a implicitement refusé de la déclarer prioritaire et dans une situation d'urgence pour un relogement.

Vu l'accusé réception de la demande et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative spécialement applicable en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 772-7 de ce même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête () a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

3. Mme B fait valoir qu'elle est en attente d'un logement depuis plus d'un an et demi, et soutient que, mère seule de deux enfants habitant à Toulouse, elle souhaite déménager et mettre toutes les chances de son côté pour reconstruire un nouveau chapitre. Par un courrier du 1er mars 2024 notifié le 6 mars suivant, Mme B, qui n'a produit aucune autre pièce que l'accusé réception de son recours devant la commission de médiation, a été invitée par le greffe du tribunal à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en la motivant suffisamment et en présentant toutes les pièces justificatives à l'aide du formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative. Elle n'a pas retourné ce formulaire complété des indications requises, ni produit aucune pièce ou écriture depuis. Sa requête ne comportant que des moyens manifestement pas assortis de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, elle doit, dans ces conditions, être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon le 12 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,