Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2401435

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2401435
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPINHEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par Mme B d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. En cours d’instance, la préfète de l’Ain lui a délivré une carte de séjour temporaire d’un an portant la mention « salarié ». Le tribunal a constaté que les conclusions principales et subsidiaires de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur celles-ci. Il a également rejeté les conclusions présentées au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative et article 37 de la loi du 10 juillet 1991).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2024, Mme A B, représentée par Me Pinhel, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de l'Ain sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la préfète de l'Ain conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle fait valoir que, le 14 mars 2024, elle a délivré à Mme B une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " salarié ".

Par un mémoire, enregistré le 11 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Pinhel, avocate, déclare maintenir ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Vu les autres pièces du dossier.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 22 mars 2024.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Il est constant que, le 14 mars 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète de l'Ain a délivré à Mme B une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " salarié ". Par suite, sont devenues sans objet les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de l'Ain sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et à ce qu'il soit enjoint à la préfète, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonctions sous astreinte de la requête de Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Pinhel et à la préfète de l'Ain.

Fait à Lyon, le 14 janvier 2025.

Le président de la 1ère chambre,

Hervé Drouet

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

1