mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402779 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mars et 29 août 2024, Mme E A et M. B D, représentés par la SELARL Itinéraires Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Priest-en-Jarez a délivré à la société Entreprise Thomas un permis de construire en vue de l'édification, après démolition d'une maison individuelle avec piscine, d'un immeuble collectif de vingt-cinq logements sur un tènement situé rue de la Piot, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Saint-Priest-en-Jarez et de la société Entreprise Thomas une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable, dès lors qu'en tant que voisins immédiats, ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- l'arrêté attaqué doit être regardé comme entaché d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;
- le dossier de permis de construire est incomplet, faute de comporter un plan de masse coté dans les trois dimensions, ainsi que l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale et l'attestation de réalisation d'une étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie prévues à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire en litige aurait dû être précédé d'une autorisation de division ;
- ce permis méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, dès lors que le pétitionnaire ne s'est pas engagé à prendre à sa charge le coût de l'extension électrique nécessaire au raccordement de la construction ;
- l'implantation sur l'alignement du portail d'accès méconnaît l'article UCb 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le local d'entreposage des déchets et de stationnement des cycles est implanté sur l'alignement, en méconnaissance de l'article UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'immeuble projeté méconnaît la règle de hauteur prescrite par l'article UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- ce projet porte atteinte au caractère des lieux avoisinants en méconnaissance de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les clôtures ne respectent pas les prescriptions de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme, alors en outre qu'aucune des pièces du dossier de demande de permis de construire ne décrit avec précision l'aspect et la hauteur de la clôture prévue en limite séparative Est.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2024, la société Entreprise Thomas, représentée par Me Thiry, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal sursoit à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation du permis de construire en litige, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que les requérants n'ont pas notifié leur recours contentieux conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et qu'ils ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2024, la commune de Saint-Priest-en-Jarez, représentée par Me Mouseghian, conclut à titre principal au rejet de la requête, le cas échéant après que le tribunal ait fait usage des pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation de l'arrêté attaqué, et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre du permis de construire attaqué ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré pour la société Entreprise Thomas le 21 octobre 2024 et n'a pas été communiqué.
Par un courrier du 17 décembre 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer sur la requête dans l'attente de la régularisation des illégalités tenant à :
- l'incompétence du signataire de l'auteur de l'arrêté attaqué, faute de preuve de la publication de l'arrêté du 28 mai 2024 donnant délégation de signature à M. C F ;
- l'incomplétude du dossier de permis de construire s'agissant de l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale et l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie, en méconnaissance des dispositions du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- la méconnaissance de l'article UCb 3 du règlement du plan local d'urbanisme communal en ce qui concerne l'aménagement du portail sur l'alignement ;
- la méconnaissance de l'article UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'implantation sur l'alignement du local d'entreposage des déchets et de stationnement des cycles ;
- l'erreur de droit dans l'application de l'article UCb 11 s'agissant de la clôture située à l'Est du terrain d'assiette, faute de précision sur les caractéristiques de cette clôture dans le dossier de demande de permis.
Des observations en réponse ont été enregistrées respectivement les 20 et 31 décembre 2024 pour la société Entreprise Thomas et la commune de Saint-Priest-en-Jarez.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viotti, première conseillère,
- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,
- les observations de Me Ollier, représentant les requérants, celles de Me Mouseghian, représentant la commune de Saint-Priest-en-Jarez et celles de Me Ibanez pour la société Entreprise Thomas.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 septembre 2023, le maire de la commune de Saint-Priest-en-Jarez a délivré à la société Entreprise Thomas un permis de construire en vue de l'édification, après démolition d'une maison individuelle avec piscine, d'un immeuble collectif de vingt-cinq logements sur un tènement situé rue de la Piot. Le 23 novembre 2023, Mme A et M. D ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le maire de Saint-Priest-en-Jarez pendant deux mois, soit le 23 janvier 2024. Par la présente requête, Mme A et M. D demandent l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".
3. Il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Mme A et M. D justifient être propriétaires d'une maison d'habitation contigüe au terrain d'assiette du projet, de sorte qu'ils ont la qualité de voisins immédiats. Le permis de construire attaqué autorise la société Entreprise Thomas à édifier, après démolition d'une modeste maison individuelle, un immeuble collectif comportant vingt-cinq logements répartis sur deux étages, représentant une surface de plancher de 2 495 mètres carrés. Ainsi que le font valoir les requérants, le projet est, par sa situation et ses caractéristiques, de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien qu'il détienne, de nature à leur conférer un intérêt pour agir à l'encontre du permis de construire en litige. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt pour agir ne peut être accueillie.
5. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ".
6. Les requérants démontrent avoir notifié à la commune de Saint-Priest-en-Jarez et à la société Entreprise Thomas leur recours contentieux dans le délai de quinze jours qui leur était imparti par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense à ce titre doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité du permis de construire attaqué :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article R. 2122-7 de ce même code : " La publication des arrêtés du maire peut être constatée par une déclaration certifiée du maire ".
8. L'arrêté en litige a été signé par M. C F, quatrième adjoint, qui disposait, en vertu d'un arrêté du 28 mai 2020 d'une délégation pour exercer les fonctions du maire relevant de l'urbanisme. Cette délégation a été régulièrement transmise au contrôle de légalité le lendemain et affichée pendant deux mois à compter du même jour, ainsi qu'en atteste le certificat d'affichage produit en défense et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". L'article R. 431-7 de ce code prévoit : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". L'article R. 431-9 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Enfin, en vertu de l'article R. 431-16 de ce code : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; () ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis voire inexacts, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Contrairement à ce que soutiennent Mme A et M. D, le dossier de permis de construire comprend un plan de masse coté dans les trois dimensions, conformément aux dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme. Si ce plan de masse fait apparaître la hauteur des bâtiments calculée à partir du niveau du terrain fini, les plans de coupes illustrent le profil du terrain naturel ainsi que la hauteur de l'immeuble mesurée à partir de celui-ci. Ces éléments étaient suffisants pour permettre aux services instructeurs d'apprécier la conformité de la construction, notamment à la règle de hauteur posée par l'article UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme.
12. En revanche, il est constant que le dossier de demande ne comportait pas une attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, ni l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie. La société Entreprise Thomas ne conteste pas que ces documents étaient exigés en application des articles R. 122-24-1 et R. 122-2-1 du code de la construction et de l'habitation. L'absence de production de tout élément sur ce point est ainsi de nature à avoir faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative compétente, qui n'a pas été mise à même de pouvoir vérifier la conformité du projet modifié à la réglementation applicable en matière de performance énergétique et environnementale, quand bien même cette dernière s'est abstenue de demander à la société pétitionnaire de compléter son dossier. Par suite, Mme A et M. D sont fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire était incomplet au regard des dispositions du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". L'article L. 442-1-1 de ce code prévoit : " Un décret en Conseil d'Etat énumère les divisions en vue de construire qui, en fonction de leur objet particulier ou par suite de leur contrôle au titre d'une autre procédure, ne sont pas constitutives d'un lotissement au sens de l'article L. 442-1 ". Selon l'article L. 442-2 dudit code : " Un décret en Conseil d'Etat précise, en fonction de la localisation de l'opération ou du fait que l'opération comprend ou non la création de voies, d'espaces ou d'équipements communs, les cas dans lesquels la réalisation d'un lotissement doit être précédée d'un permis d'aménager ". En outre, l'article L. 442-3 de ce code dispose : " Les lotissements qui ne sont pas soumis à la délivrance d'un permis d'aménager doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ". Enfin, en vertu de l'article R. 442-1 du même code : " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : / () f) Les détachements de terrain d'une propriété en vue d'un rattachement à une propriété contiguë ; () ".
14. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire que le terrain d'assiette du projet s'étend sur une superficie totale de 3 369,9 mètres carrés, composé des parcelles cadastrées section AN 28, 198, 199 ainsi qu'une partie de la parcelle AN 201, sur laquelle est construite une piscine destinée à être démolie. Cette opération, qui consiste à détacher le terrain d'une propriété en vue de le rattacher à une propriété contigüe ne constitue pas un lotissement au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme et n'était, dès lors, pas soumise à l'obtention préalable d'une autorisation.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ". Aux termes de l'article L. 342-6 du code de l'énergie, dans sa version applicable du 12 mars 2023 au 10 novembre 2023 : " La part des coûts de branchement et d'extension non couverts par les tarifs d'utilisation des réseaux publics peut faire l'objet d'une contribution due par le redevable selon les principes établis au présent article ainsi qu'aux articles L. 342-7 à L. 342-12. La contribution est versée au maître d'ouvrage des travaux, qu'il s'agisse d'un gestionnaire de réseau, d'une collectivité territoriale, d'un établissement public de coopération intercommunale ou d'un syndicat mixte ".
16. Il ressort de l'avis émis le 1er septembre 2023 par la société Enedis dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, et visé par l'arrêté en litige, que la desserte du terrain d'assiette du projet nécessite une extension du réseau public d'électricité de 203 mètres sur le domaine public, qu'une contribution financière de 22 795,44 euros est mise à la charge de la collectivité en charge de l'urbanisme et que ces travaux peuvent être réalisés dans un délai de quatre à six mois après l'ordre de service de la collectivité et l'accord du client au sujet des devis respectifs. Dans ces conditions, la commune était en mesure d'indiquer de manière suffisamment précise le délai d'exécution des travaux ainsi que la personne chargée de leur réalisation, sans être tenue d'obtenir, préalablement à la délivrance du permis, l'accord de la société Entreprise Thomas pour leur mise en œuvre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article UCb 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Priest-en-Jarez : " 3.1. Accès : / Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire ne produise une servitude de passage suffisante, instituée par acte authentique ou par voie judiciaire, en application de l'article 682 du code civil. / Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques, l'accès sur celle de ces voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit. / Chaque fonds ne disposera en principe que d'un seul accès charretier. / Les garages et les portails seront placés et conçus de telle sorte que les manœuvres d'entrée et de sortie puissent se faire dans les meilleures conditions de visibilité. Les garages et les portails seront aménagés de telle sorte que si un véhicule doit stationner immédiatement avant de pénétrer dans le garage ou franchir le portail, il puisse le faire en dehors de la chaussée ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'installation d'un portail coulissant automatisé positionné à l'alignement du trottoir. Une telle configuration rend nécessaire l'arrêt, fût-il temporaire, des véhicules sur la chaussée durant le temps requis pour l'ouverture du portail, en méconnaissance des prescriptions de l'article UCb 3 précité du règlement du plan local d'urbanisme.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
20. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
21. Il ressort des pièces du dossier et des clichés disponibles sur le site internet " Google maps ", accessible tant au juge qu'aux parties, que le terrain d'assiette est desservi par la rue de la Piot. Cette voie rectiligne, d'une largeur excédant six mètres, offre une excellente visibilité aux automobilistes et la commune fait valoir sans être contestée que la vitesse y est limitée à 30 kilomètres par heure. Si les requérants affirment que cette rue est fortement fréquentée en raison de la présence de la Clinique du Parc située en vis-à-vis du terrain d'assiette, qu'elle subit des embouteillages fréquents et un stationnement irrégulier sur les trottoirs, ils n'apportent aucun commencement de preuve permettant de corroborer leurs allégations. Enfin, le simple fait que des véhicules doivent s'arrêter temporairement sur la chaussée pour franchir le portail et la survenance d'un accident isolé le 4 avril 2024, attribuable à un conducteur quittant le parking de la clinique, ne suffisent pas à démontrer un risque pour la sécurité publique tel qu'il aurait dû inciter le maire à refuser le permis de construire sollicité. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le maire de la commune de Saint-Priest-en-Jarez n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation en ne s'opposant pas au projet sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
22. En septième lieu, aux termes de l'article UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " 6.1. Les constructions doivent être édifiées en recul, au minimum 5 m, par rapport à l'alignement des voies existantes, modifiées ou à créer. Toutefois, lorsque cette voie est un chemin piéton, l'implantation peut être faite en limite pour des constructions d'une hauteur inférieure ou égale à 3.5 m. / 6.2. Dans le cas de composition d'ensemble et pour les constructions en bande, ce minimum peut être ramené à 2,5 m. / 6.3. La règle générale peut être modifiée, notamment pour tenir compte de l'implantation des constructions existantes, de la déclivité du terrain. Dans ce cas les constructions pourront être autorisées à l'alignement ou dans la continuité du bâti existant à condition de ne pas compromettre la visibilité et la sécurité ".
23. Il ressort des pièces du dossier que le local destiné à l'entreposage des déchets et au stationnement des cycles sera positionné à l'alignement de la voie, à proximité immédiate du portail d'accès. La commune de Saint-Priest-en-Jarez et la société Entreprise Thomas font valoir que cette implantation dérogatoire est motivée par la déclivité du terrain d'Est en Ouest et vise à faciliter l'accès des résidents au local. Toutefois, l'aire de stationnement projetée, sur laquelle s'implante ledit local, ne présente quant à elle aucune pente et s'étend sur plus de dix-sept mètres à partir de l'alignement. Ainsi, ni la commune, ni le pétitionnaire ne démontrent que l'implantation du local sur l'alignement se justifie par la topographie du terrain en dénivelé. Les requérants sont dès lors fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UCb 6 précité du règlement.
24. En huitième lieu, aux termes de l'article UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol existant jusqu'au sommet du bâtiment, ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures exclus. / Hauteur absolue : / La hauteur de toute construction ne doit pas excéder 7 m. La hauteur des constructions annexes (garages, buanderies) ne doit pas excéder 3,50 m ".
25. Pour l'application de ces dispositions, la hauteur maximale des bâtiments édifiés doit être mesurée depuis le niveau du sol naturel et jusqu'au faîte du toit ou, en ce qui concerne les toitures terrasses, jusqu'au sommet de l'acrotère, sans inclure les ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures. En l'espèce, le sommet de l'acrotère de la toiture terrasse de l'immeuble projetée s'érige à 6,95 mètres par rapport au terrain naturel. Si Mme A et M. D soutiennent que cette hauteur devait tenir compte des garde-corps installés sur la terrasse, ces ouvrages techniques sont exclus du calcul de la hauteur. Le projet respecte dès lors les dispositions de l'article UCb 10 précité du règlement du plan local d'urbanisme.
26. En neuvième lieu, aux termes de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme communal : " Si la construction par son implantation, son volume, son aspect général ou certains détails de ses façades est de nature à porter atteinte à l'environnement bâti, le permis de construire peut-être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de certaines prescriptions particulières. / Les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrage à édifier ou à modifier, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages urbains. / I. Constructions / - l'aspect et l'implantation des constructions doivent être en harmonie avec le paysage naturel ou bâti existant / - les constructions dont l'aspect général ou certains détails architecturaux sont d'un type régional affirmé étranger à la région sont interdites / - doivent être recouverts d'un enduit tous les matériaux qui, par leur nature et par l'usage de la région, sont destinés à l'être, tels le béton grossier, les parpaings agglomérés, etc / - les mouvements de sol susceptibles de porter atteinte au caractère d'un site naturel ou bâti sont interdits. / - les extensions ou modifications devront être en harmonie avec le bâtiment existant. / Tout projet d'expression contemporaine et innovant par rapport aux règles ci-dessus devra prendre en compte le caractère du site naturel et bâti. / Toitures / - les toitures doivent avoir deux, trois ou quatre pans par volume dans le sens convexe ; leur pente étant comprise entre 30 et 50 % / - en règle générale, le faîtage doit être parallèle aux courbes de niveau - les toitures à une pente sont autorisées pour les volumes annexes lorsque ceux-ci sont accolés à une construction de taille importante et pour les abris de jardin de petite dimension / - les couvertures seront exécutées en tuile de ton rouge. / - les toitures terrasses végétalisées sont autorisées / - des dispositions différentes peuvent être admises pour l'implantation de dispositifs d'économies d'énergies et d'énergies renouvelables (capteurs solaires, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux de pluie,). / Toutefois, d'autres matériaux de couverture et d'autres formes de toitures peuvent être autorisés pour la réfection des toitures existantes, l'extension des bâtiments existants ou des bâtiments annexes pour être en harmonie avec le bâti et le paysage environnant. / Façades / Si dans les alentours un matériau de façade ou de toiture est d'usage dominant, il peut être imposé de l'introduire dans la construction projetée ou de choisir un matériau voisin par l'aspect et la couleur. / Les imitations de matériaux sont rigoureusement interdites, notamment les fausses briques, les faux pans de bois, les fausses pierres, etc Les matériaux n'ayant pas une tenue suffisante dans le temps sont proscrits. / L'aspect des constructions et notamment la couleur des façades et des menuiseries, sera compatible avec la tenue générale de la zone et l'harmonie du paysage existant. Les principes suivants doivent être respectés : / - Simplicité des formes / - Harmonie des couleurs / - Harmonie des volumes / - Intégration dans le site () ".
27. Si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, l'autorité administrative compétente peut s'opposer au projet ou assortir son autorisation de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou l'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
28. Eu égard à la teneur des dispositions de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, d'apprécier si l'autorité administrative a pu légalement autoriser la construction projetée, compte tenu de ses caractéristiques et de celles des lieux avoisinants, sans méconnaître les exigences résultant de cet article. Dans l'exercice de ce contrôle, le juge doit tenir compte de l'ensemble des dispositions de cet article et de la marge d'appréciation qu'elles laissent à l'autorité administrative pour accorder ou refuser de délivrer une autorisation d'urbanisme.
29. Ainsi qu'il a été dit, la société Entreprise Thomas a pour projet d'édifier un immeuble collectif à toit plat de vingt-cinq logements répartis sur deux étages, pour une hauteur totale au sommet de l'acrotère de 6,95 mètres. Il ressort des photographies versées aux débats par les parties, ainsi que des vues disponibles sur le site internet " Google maps ", que le terrain d'assiette du projet se trouve dans un secteur pavillonnaire de la commune sans unité architecturale particulière, composé de maisons traditionnelles de taille considérable, de quelques maisons modernes à toit plat ainsi que d'immeubles à trois étages, dont la Clinique du Parc implantée en face du projet. L'immeuble projeté, bien qu'imposant, présente ainsi des volumes, une hauteur et un aspect similaires aux immeubles et équipements collectifs avoisinants. Par suite, et alors que les immeubles collectifs d'habitation ne sont pas interdits en zone UCb, le maire de la commune de Saint-Priest-en-Jarez n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que la construction projetée ne porte pas atteinte à l'environnement bâti.
30. En dernier lieu, aux termes du II. de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " II. Clôtures / Les clôtures sont facultatives. / Les clôtures devront avoir une hauteur maximum de 1,6 mètres. / Elles seront constituées : / - soit d'une haie vive / - soit d'un système à claire-voie léger en bois ou en métal / - soit par un mur bahut de 0,6 mètre en pierres apparentes ou en matériaux enduits avec le même soin que les façades de la construction surmonté d'un dispositif à claire-voie en métal ou en bois d'une hauteur maximum de 1 mètre, l'ensemble doublé ou non d'une haie végétale. / Cette hauteur maximum de 1,6 m pourra être réduite pour des raisons de sécurité ou de visibilité routière / Des clôtures plus élevées ou pleines ne sont autorisées que si elles s'intègrent parfaitement dans le site : choix des matériaux, topographie, visibilité, et notamment dans le cas de reconstruction de clôtures pleines existantes. Dans ce cas, elles seront constituées par un mur de pierres apparentes de préférence locales ou paysagé pour les murs de soutènement (éléments modulaires permettant une végétalisation, enrochement, béton architectural etc) ".
31. Il ressort de la notice architecturale que les murs de clôtures existants longeant la rue de la Piot seront réenduits et que des couvertines monopentes y seront ajoutées. Le portail existant sera quant à lui supprimé et remplacé par un nouveau mur dans la continuité de l'existant. Si Mme A et M. D soutiennent que ces clôtures ne sont pas constituées d'un mur bahut surmonté d'un dispositif à claire-voie, l'article précité du règlement autorise les clôtures pleines lorsqu'elles " s'intègrent parfaitement " à leur environnement, ce que les requérants ne remettent pas en cause en l'espèce.
32. En revanche, les documents joints à la demande de permis de construire ne précisent pas l'aspect, la hauteur et les matériaux de la clôture figurée en limite séparative Est du document graphique d'insertion. Le maire de la commune de Saint-Priest-en-Jarez n'était ainsi pas en mesure de porter une appréciation sur la conformité de cette clôture aux dispositions de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit sur ce point.
Sur les conséquences de l'illégalité du permis de construire :
33. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que seuls les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des dispositions du j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, de la méconnaissance des articles UCb 3 et 6 ainsi que de l'erreur de droit dans l'application de l'article UCb 11 en ce qui concerne la clôture située à l'Est peuvent, le cas échéant, justifier l'annulation du permis de construire en litige, les autres moyens invoqués se révélant infondés.
34. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
35. Lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce.
36. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
37. Le vice retenu au point 12, qui concerne l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire s'agissant de l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale et l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie, et ceux retenus aux points 18, 23 et 32 tenant à la méconnaissance des articles UCb 3 et 6 ainsi qu'à l'erreur de droit dans l'application de l'article UCb 11 en ce qui concerne la clôture située à l'Est sont susceptibles d'être régularisés sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
38. Les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventuelle mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Par suite, et alors que le pétitionnaire ne s'oppose pas à la mise en œuvre de ces dispositions, il y a lieu de surseoir à statuer pendant un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de l'intervention éventuelle d'une mesure de régularisation propre à remédier à l'illégalité retenue.
D É C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sur la légalité du permis de construire délivré le 26 septembre 2023 par le maire de Saint-Priest-en-Jarez à la société Entreprise Thomas jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour lui permettre de notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices mentionnés aux points 12, 18, 23 et 32 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à M. B D, à la commune de Saint-Priest-en-Jarez et à la société Entreprise Thomas.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Hervé Drouet, président,
M. François-Xavier Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Océane Viotti, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
H. Drouet
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2402779
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026