Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402872

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402872
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de remise de dette d’aide personnelle au logement (1 654,02 euros) de la CAF du Rhône. Statuant en tant que juge de plein contentieux, le tribunal a estimé que la requête, malgré une demande de régularisation, ne comportait que des moyens non assortis de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé de la demande, notamment sur la situation de précarité. La décision a été prise sur le fondement des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 13 février 2024, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé sa demande de remise de dette d'aide personnelle au logement d'un montant total de 1 654,02 euros, et de lui en accorder la remise totale.

Elle soutient que :

- le quotient familial élevé retenu par la caisse d'allocations familiales du Rhône pour le traitement de sa demande de remise de dette résulte d'une erreur déclarative de sa part ;

- sa situation de précarité ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un courrier du 12 avril 2024, le greffe du tribunal a invité Mme B, en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, à motiver et compléter sa requête, dans un délai d'un mois, en indiquant précisément au tribunal l'objet de sa demande et en présentant une argumentation destinée à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. En matière de contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur de travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, d'apprécier, en application de l'article L.553-2 du code de la sécurité sociale, si une remise gracieuse est susceptible d'être accordée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi du requérant. A cet égard, il ne lui appartient pas de statuer sur le bienfondé de l'indu.

4. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 12 avril 2024 et dont l'accusé de réception postal a été signé le 16 avril, Mme B n'a pas retourné le formulaire. Dans sa requête, elle se borne à soutenir que le quotient familial élevé retenu par la caisse d'allocations familiales du Rhône pour l'étude de sa demande de remise de dette résulte d'une erreur déclarative de sa part, et que sa situation de précarité ne lui permet pas de rembourser la somme due, qu'elle a un enfant à charge et ne perçoit que des indemnités de chômage. Toutefois, en l'absence de régularisation, elle ne fournit aucune pièce sur sa situation de précarité permettant, le cas échéant, de lui accorder une remise. Dans ces conditions, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 29 novembre 2024.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.