Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403183

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403183
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMESSAOUD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, par une ordonnance du 14 octobre 2024, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande d'exécution d'un jugement présentée par M. B. Le requérant demandait l'exécution d'un précédent jugement du 12 juillet 2023 qui avait annulé un refus de séjour et enjoint à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour. La juridiction a relevé que la préfète avait finalement octroyé ce titre de séjour, rendant la demande sans objet. L'ordonnance, fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, admet également M. B à l'aide juridictionnelle provisoire et condamne l'État à verser 800 euros à son avocate au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Aux termes de l'article 20 de la loi visée ci-dessus du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. / (). ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

3. Par le jugement visé ci-dessus du 12 juillet 2023, devenu définitif, le tribunal a annulé les décisions du 21 février 2023 par lesquelles la préfète du Rhône avait refusé d'admettre M. B au séjour, l'avait obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et avait fixé le pays de renvoi. Le tribunal a également enjoint à la préfète de délivrer à l'intéressé un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

4. Il est constant que, durant la phase juridictionnelle de la procédure d'exécution, la préfète du Rhône a décidé d'octroyer à M. B un titre de séjour, valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025. Par suite, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de procéder, sous astreinte, à l'exécution de ce jugement sont devenues sans objet.

5. M. B étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser au conseil du requérant, sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle et que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

ORDONNE :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'exécution de M. B.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et que Me Messaoud renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Messaoud une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Rhône.

Copie en sera adressée pour information à Me Messaoud.

Fait à Lyon le 14 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,