Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404426

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404426
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B, ressortissant tunisien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 10 avril 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. M. B invoquait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, fondée sur son mariage récent avec une Française et son entrée en France en 2020. Le tribunal a jugé que, compte tenu du caractère récent de son arrivée et de son mariage, la décision ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien, ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2024 et un mémoire enregistré le 17 mai 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office.

Il soutient que le refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Clément,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 14 novembre 1994, demande l'annulation des décisions du 10 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination en cas de reconduite.

2. Aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien susvisé : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale". ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

3. M. B entré en France en 2020 selon ses dires, fait valoir qu'il est marié, depuis le 10 juin 2023, avec une ressortissante française. Toutefois, compte tenu du caractère récent de son arrivée en France et de son mariage, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et méconnaîtrait les stipulations de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Duca, première conseillère,

Mme Gros, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

Le président,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

A. Duca

La greffière,

A. Calmès

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,