jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 juin, 25 juin et 6 novembre 2024, M. B D, représenté par Me Pochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 juin 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer le titre de séjour demandé dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de cette même date et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivé ;
- le préfète n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- en estimant qu'il a échoué à l'issue de la première année d'études, qu'il a procédé à une réorientation dans ses études au cours de l'année 2022 / 2023 et qu'il n'a pas fourni les documents qui ont été sollicités, la préfète a entaché sa décision d'erreurs de fait qui ont eu une incidence sur le sens de la décision qui a été prise ;
- en estimant qu'il ne justifie pas d'une progression dans ses études et du caractère sérieux de celles-ci, la préfète a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;
- compte tenu de ses attaches sur le territoire français, le refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- pour ces mêmes raisons, cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de titre de séjour qui lui a été opposé étant illégal, l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale ;
- subsidiairement, compte tenu des attaches dont il justifie en France et des conséquences sur ses études, cette obligation a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de titre de séjour qui lui a été opposé étant illégal, la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Pochard, représentant M. D, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant gabonais né le 10 octobre 1999, est arrivé le 14 mars 2022 sur le territoire français, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Par des décisions du 4 juin 2024, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Ces dispositions ne font pas obstacle à la possibilité d'effectuer dans l'autre Etat d'autres types d'études ou de stages de formation dans les conditions prévues par la législation applicable. " Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier et sous le contrôle du juge, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études sur le territoire français et d'apprécier la réalité et le sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'année 2021 / 2022, M. D, a effectué une première année de bachelor en marketing et développement à l'INSEEC de Paris. Ayant réussi cette année d'études, il a entamé une deuxième année de bachelor à l'Ecole de commerce de Lyon en 2022 / 2023. S'il a également validé cette année d'études et a pu s'inscrire en 3ème année de bachelor dans cette même école, au titre de l'année 2023 / 2024, il soutient toutefois, en produisant des éléments à l'appui de ses allégations et sans être contesté en défense par la préfète du Rhône, n'avoir pu normalement suivre ses études en raison de la défaillance de l'entreprise dans laquelle il devait effectuer son stage, ce qui a amené l'Ecole de commerce de Lyon à l'autoriser à se réinscrire durant l'année 2024 / 2025. Dans ces conditions, en estimant que M. D, ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études, la préfète a entaché sa décision de refus de titre de séjour d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision refusant de délivrer un titre de séjour à M. D est entachée d'illégalité. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, cette décision doit être annulée, ainsi, par voie de conséquence, que l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu et du fait que M. D a été autorisé par l'Ecole de commerce de Lyon à se réinscrire en 3ème année de Bachelor au titre de l'année 2024 / 2025, le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que la préfète du Rhône lui délivre un titre de séjour. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de prendre cette mesure d'exécution, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de munir l'intéressé, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de cette même date.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Les décisions du 4 juin 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. D, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer un titre de séjour à M. D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de cette même date.
Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président rapporteur,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
J.-P. Chenevey M. A
La greffière,
S. Saadallah
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026