Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405715
lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405715 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision référencée " 48M " du 20 décembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points du capital de points affectés à son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 14 décembre 2023 et de la recréditer de ces trois points, ainsi que l'amende qui lui a été infligée suite à cette infraction.
Elle soutient que l'amende et le retrait de points en litige lui ont été infligés pour une infraction portant sur une circulation sur " une chaussée interdite temporairement " pour cause d'inondation qui n'est pas justifiée alors que cette interdiction résulte d'un excès de zèle d'un élu, que la route n'était pas praticable et que tous les contrevenants n'ont pas été verbalisés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".
2. Par ailleurs, aux termes de l'article 521 du code de procédure pénale : " Le tribunal de police connaît des contraventions ". Selon l'article 522 du même code : " Est compétent le tribunal de police du lieu de commission ou de constatation de la contravention ou de la résidence du prévenu () ".
3. Enfin, aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
4. En premier lieu, il résulte des dispositions des articles 521 et 522 du code de procédure pénale que les conclusions principales de la requête tendant à l'annulation d'une amende infligée à l'intéressé à raison de la constatation de la commission d'une infraction au code de la route constituent un litige qui ne ressort manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative mais relève de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation d'une telle amende ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître en application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. En second lieu, lorsque le destinataire d'un avis de contravention choisit d'éteindre l'action publique par le paiement de l'amende forfaitaire, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route que ce paiement établit la réalité de l'infraction et entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. Il résulte de l'instruction, et notamment de la mention " payé le 28/12/23 " inscrite de manière manuscrite sur l'avis de contravention litigieux produit par la requérante, que celle-ci a réglé le 28 décembre 2023 l'amende forfaitaire réclamée en raison de l'infraction commise le 14 décembre 2023. Par suite, la requérante ne peut dès lors utilement soutenir qu'elle ne peut être regardée comme ayant commis une infraction et en contester ainsi la réalité au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision de retrait de points. La requête, qui ne repose ainsi que sur un moyen inopérant, doit en conséquence être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Lyon, le 9 septembre 2024.
Le président de la 6ème chambre,
Juan Segado
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
N°2405715
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