Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405835

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405835
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSAINT LAGER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B et M. F, qui demandaient l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire de Montagny. Les requérants soutenaient que le permis entraînait l'enclavement de leurs parcelles en supprimant une servitude de passage. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, car une autorisation d'urbanisme est délivrée sous réserve des droits des tiers et n'a pas à régler les questions de servitudes privées. En l'absence d'autre moyen opérant présenté dans le délai de recours, la requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative. Les demandes de frais de justice ont également été rejetées, la commune n'étant pas partie perdante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, Mme A D, épouse B, et M. H F, représentés par Me Cleyet, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2024 par lequel le maire de Montagny a accordé à Mme E un permis de construire une maison individuelle, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montagny une somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que le permis de construire attaqué, qui entraîne la suppression d'une servitude de passage, a pour conséquence d'enclaver les parcelles cadastrées BA 14, BA 15, BA 16 et BA 17 situées au sud du terrain d'assiette du projet litigieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. L'autorisation d'urbanisme, qui a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elle autorise avec la règlementation d'urbanisme, est délivrée sous réserve des droits des tiers. Le moyen visé ci-dessus invoqué par Mme B et M. F, tiré de ce que le projet en litige a pour conséquence d'enclaver plusieurs parcelles situées au sud du terrain d'assiette, est dès lors sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Les requérants n'ont présenté aucun autre mémoire contenant au moins un moyen opérant avant l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois, lequel a au plus tard commencé à courir à compter de l'enregistrement de la requête au greffe du tribunal, le 10 juin 2024. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, selon la modalité définie au 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montagny, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, verse à Mme B et M. F la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B et M. F est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, épouse B, représentante unique des requérants, à la commune de Montagny et à Mme C E.

Fait à Lyon, le 6 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier