vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 11 juin 2024 sous le n° 2405887, M. D B, représenté par la Selarl BS2A Bescou-Sabatier Avocats associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de le munir d'une autorisation provisoire de séjour puis de lui délivrer dans le délai de deux mois une carte de séjour d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre sous les mêmes conditions à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- le refus de séjour critiqué méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire qui lui sont opposés portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résultent d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui est opposé entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision lui refusant un délai de départ volontaire, qui résulte également d'un défaut d'examen de sa situation, d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision fixant son pays de destination, qui méconnaît également les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter sans délai le territoire français entache d'illégalité la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois, dont la durée résulte d'une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 juillet 2024.
II- Par une requête enregistrée le 11 juin 2024 sous le n° 2405888, Mme A C épouse B, représentée par la Selarl BS2A Bescou-Sabatier Avocats associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de la munir d'une autorisation provisoire de séjour puis de lui délivrer dans le délai de deux mois une carte de séjour d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre sous les mêmes conditions à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- le refus de séjour critiqué méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire qui lui sont opposés portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résultent d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui est opposé entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision lui refusant un délai de départ volontaire, qui résulte également d'un défaut d'examen de sa situation, d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision fixant son pays de destination, qui méconnaît également les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter sans délai le territoire français entache d'illégalité la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois, dont la durée résulte d'une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 juillet 2024.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Reniez a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissants du Kosovo nés respectivement en 1963 et 1967, M. et Mme B contestent, chacun en ce qui le concerne, les arrêtés du 21 mai 2024 par lesquels la préfète de l'Ain a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays vers lequel ils pourraient être éloignés d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois.
2. Les requêtes visées ci-dessus sont relatives à la situation des membres d'un même couple et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Les arrêtés attaqués ont été signés par M. E, directeur de la citoyenneté et de l'intégration, en vertu de la délégation que la préfète de l'Ain lui a donnée par un arrêté du 15 février 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 19 février suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.
En ce qui concerne les refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
5. Au soutien de leur requête, M. et Mme B font valoir qu'ils résident depuis plus de onze ans en France où vivent également leurs trois enfants, dont deux s'y trouvent en situation régulière, et se prévalent de la maîtrise de la langue française de M. B, de l'engagement bénévole de celui-ci, de son activité de réparateur de cycles exercée dans le cadre d'un contrat d'insertion de six mois et de ses perspectives professionnelles, ainsi que de leurs efforts respectifs d'intégration. Toutefois, les requérants, dont les demandes d'asile ont été rejetées, se sont maintenus irrégulièrement en France en dépit notamment des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dont ils ont fait l'objet en 2017 puis en 2021 et, alors que l'aîné de leurs enfants fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, M. et Mme B ne justifient pas d'une insertion particulière sur le territoire français. Dans ces conditions et alors que les efforts d'insertion par le travail de M. B sont récents, les moyens tirés de l'atteinte excessive que les refus de titre de séjour en litige porteraient au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les décisions en litige ne sauraient être regardées comme résultant d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, plus généralement, dans l'exercice du pouvoir dont dispose l'autorité préfectorale de régulariser la situation d'un étranger au regard notamment des conséquences d'un refus de titre de séjour sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à se prévaloir par voie d'exception de l'illégalité des décisions leur refusant un titre de séjour pour demander l'annulation des décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français prises sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français porteraient une atteinte disproportionnée au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen selon lequel ces mêmes décisions seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation des intéressés doivent être écartés.
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ".
9. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. et Mme B ne sont pas fondés à se prévaloir par voie d'exception de l'illégalité des décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français pour contester les décisions refusant de leur accorder un délai de départ volontaire.
10. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. et Mme B, la préfète de l'Ain s'est fondée sur la circonstance que ceux-ci s'étaient déjà soustraits à de précédentes mesures d'éloignement. Alors qu'il ne ressort pas des pièces des dossiers que l'autorité préfectorale se serait abstenue de prendre en compte la situation particulière des intéressés afin de leur accorder le cas échéant le bénéfice d'un délai de départ volontaire, les moyens tirés par ceux-ci de ce que la préfète aurait entaché ses décisions d'un défaut d'examen de leur situation et d'une erreur de droit doivent être écartés.
11. S'ils se prévalent de l'ancienneté de leur présence en France, de ce qu'une précédente mesure d'éloignement prise en 2023 à l'encontre de M. B a été annulée par le tribunal, de la régularité du séjour en France de deux de leurs enfants ou encore de leurs perspectives professionnelles, les requérants ne justifient cependant pas de circonstances particulières au sens de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré d'une inexacte application des dispositions des articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
12. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que l'illégalité des décisions leur faisant obligation de quitter sans délai le territoire français entache d'illégalité les décisions fixant leur pays de renvoi.
13. En se bornant à indiquer qu'ils ne peuvent rentrer au Kosovo, les requérants, dont les demandes d'asile ont été rejetées, n'apportent au dossier du tribunal aucun élément de nature à établir l'existence de risques auxquels ils seraient personnellement exposés en cas de retour dans leur pays d'origine et le moyen tiré par M. et Mme B de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut en conséquence qu'être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. et Mme B ne sont pas fondés à se prévaloir par voie d'exception de l'illégalité des décisions leur faisant obligation de quitter sans délai le territoire français ou, en tout état de cause, de l'illégalité du refus de titre de séjour qui leur a été opposé pour demander l'annulation des décisions leur faisant interdiction de revenir sur le territoire français.
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
16. Pour opposer aux requérants une interdiction de retour d'une durée de dix-huit mois, la préfète de l'Ain s'est déterminée au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment quant à la situation personnelle et familiale des intéressés, qui n'ont pas donné suite à de précédentes mesures d'éloignement et qui font l'un et l'autre l'objet de mesures analogues, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir qu'au regard de ses conséquences, la fixation à dix-huit mois de la durée de l'interdiction de retour qu'ils contestent résulte d'une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou que cette interdiction porte une atteinte excessive à leur vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B dirigées contre les arrêtés de la préfète de l'Ain du 21 mai 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions des requêtes de M. et Mme B à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2405887 de M. B est rejetée.
Article 2 : La requête n° 2405888 de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme A C épouse B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Nos 2405887-2405888
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026