Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405918
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 16 juin 2024 et le 19 juin 2024 sous le n° 2405917, Mme C B épouse D E, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 17 mai 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir ; à titre subsidiaire de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail jusqu'au réexamen de sa situation ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche de s'assurer de l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen consécutif à l'interdiction de retour sur le territoire français ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait concernant sa situation professionnelle ;
- faute d'instruction de sa demande d'autorisation de travail, elle est entachée d'une erreur de droit et d'un vice de procédure ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ainsi que celles de l'article L. 423-23 du même code ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions précédentes ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions précédentes ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de son principe et de sa durée.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 16 juin 2024 et le 19 juin 2024 sous le n° 2405918, M. A D E, représenté par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 17 mai 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir ; à titre subsidiaire de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail jusqu'au réexamen de sa situation ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche de s'assurer de l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen consécutif à l'interdiction de retour sur le territoire français ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait concernant sa situation professionnelle ;
- faute d'instruction de sa demande d'autorisation de travail, elle est entachée d'une erreur de droit et d'un vice de procédure ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ainsi que celles de l'article L. 423-23 du même code ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions précédentes ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions précédentes ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de son principe et de sa durée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clément, président,
- et les observations de Me Wiedemann, représentant Mme B épouse D E et M. D E.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées présentées par Mme et M. D E, membres d'une même famille, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme C B épouse D E et M. D E, respectivement nés le 24 octobre 1994 et le 16 février 1983, de nationalité tunisienne, sont entrés régulièrement en France le 20 décembre 2018 sous couvert d'un visa court séjour. Les intéressés ont sollicité leur admission exceptionnelle au séjour en novembre 2022 qui leur a été refusé par une décision du 19 décembre 2022 assortie d'une obligation de quitter le territoire français. M. D E a par ailleurs fait l'objet, à la même date d'une interdiction de territoire pour une durée d'un an et a été placé sous assignement à résidence au lendemain de ces décisions. Les requérants ont à nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour et, par les décisions attaquées du 17 mai 2024, la préfète de l'Ardèche a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et a prononcé une interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les décisions portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
4. M. et Mme D E se prévalent de leur résidence en France depuis 2018, de la présence en France de leurs deux enfants scolarisés et de l'intégration professionnelle de M. D E comme technicien pour une société spécialisée dans la pose de pompes à chaleur dont il est fait valoir que le secteur connaît des difficultés de recrutement et l'activité de Mme D E comme aide à domicile depuis janvier 2024. Toutefois alors que les requérants ont fait l'objet d'un premier refus de titre assorti d'une obligation de quitter le territoire français non exécutée par arrêté du préfet de l'Ardèche du 19 décembre 2022, les requérants, arrivés récemment en France et alors que la cellule familiale peut se reconstituer dans leur pays d'origine, ne sont pas fondés à soutenir que les refus de titre de séjour qui leur ont été opposés porteraient à leur droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et méconnaîtraient, ainsi, les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La préfète de l'Ardèche n'a pas davantage méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Enfin elle n'a pas commis d'erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences de ses décisions sur leur situation.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
6. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier et des éléments exposés précédemment au point 4, que les requérants justifient de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier la délivrance de cartes de séjour temporaires portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ". Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Ardèche aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié". / (). ". Aux termes de l'article 11 du même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent accord, dans les conditions prévues par sa législation. ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
9. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié aux requérants sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, la préfète de l'Ardèche a relevé que les intéressés ne justifient pas d'un contrat de travail visé favorablement par les autorités compétentes et qu'ils ne sont détenteurs d'un visa long séjour.
10. Si les requérants font valoir que la préfète de l'Ardèche n'a pas procédé à l'instruction des demandes d'autorisation de travail présentées à l'appui de leur demandes et que les décisions en litige seraient en conséquence entachées d'insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen, d'erreurs de faits, d'une erreur de droit, d'un vice de procédure et qu'elle méconnaissent les dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail, il résulte en tout état de cause de ce qui a été dit précédemment que les décisions en litige sont également fondées sur la circonstance que les requérants ne justifient pas d'un visa long séjour, ce qu'ils ne contestent pas, et que la préfète de l'Ardèche aurait pris les mêmes décisions si elle s'était fondée sur ce seul motif.
11. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que la préfète de l'Ardèche ne pouvait opposer l'absence de qualification professionnelle de la requérante alors que les emplois auxquels elle postule n'exigent pas de qualification particulière et devait retenir l'expérience professionnelle de M. D E. Alors la requérante ne fait valoir en tout état de cause aucune qualification professionnelle particulière, se bornant à se référer à un emploi familial à compter de janvier 2024, les moyens tirés de l'erreur de droit, de défaut d'examen particulier de leur situation et d'erreur de fait ne peuvent qu'être écartés.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français.
13. En second lieu, en l'absence d'argumentation distincte, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 4.
Sur les décisions fixant le pays de destination :
14. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre des décisions fixant le pays de renvoi.
Sur les décisions portant interdiction du territoire français :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre des décisions fixant le pays de renvoi.
16. En second lieu, en l'absence d'argumentation distincte, alors que les requérants se sont soustraits à une précédente mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 4.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation des requêtes doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme D E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse D E, à M. F E et à la préfète de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Duca, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le président,
M. Clément
L'assesseure la plus ancienne,
A. Duca
Le greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N° 2405917 - 2405918
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