Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406277

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406277
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B A, qui contestait les courriers de la communauté de communes Montagne d'Ardèche lui imposant un diagnostic de son installation d'assainissement non collectif sous peine de pénalité. Le juge a estimé que les moyens soulevés par le requérant, tirés d'un sentiment de harcèlement et de l'absence de refus d'accès, étaient manifestement infondés ou insusceptibles de venir au soutien de sa demande. La solution retenue est un rejet par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative. Les textes appliqués sont les articles L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales et L. 1331-1-1, L. 1331-8 et L. 1331-11 du code de la santé publique, qui encadrent les obligations des propriétaires en matière d'assainissement non collectif et les pouvoirs de contrôle du service public.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 juin, 17 juillet et 11 septembre 2024 (ce dernier n'ayant pas été communiqué), M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler :

- le courrier du 16 mai 2024 par lequel le vice-président de la communauté de communes Montagne d'Ardèche lui a demandé de contacter, avant le 14 juin 2024, le prestataire Véolia afin de réaliser un diagnostic de son installation d'assainissement non collectif, sous peine d'être astreint à une pénalité d'un montant de 544,50 euros ;

- le courrier du 26 juin 2024 par lequel cette même autorité administrative l'a mis en demeure de contacter le prestataire Véolia dans un délai de huit jours, sous peine d'être astreint à une pénalité d'un montant de 544,50 euros.

Il fait valoir qu'il n'a pas refusé l'accès à son installation, n'ayant jamais vu personne ; il se sent menacé et harcelé et s'interroge sur les pouvoirs du SPANC.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales : " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. / () . III. - Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, la commune assure le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission consiste : / 1° Dans le cas des installations neuves ou à réhabiliter, en un examen préalable de la conception joint, s'il y a lieu, à tout dépôt de demande de permis de construire ou d'aménager et en une vérification de l'exécution. A l'issue du contrôle, la commune établit un document qui évalue la conformité de l'installation au regard des prescriptions réglementaires ; / 2° Dans le cas des autres installations, en une vérification du fonctionnement et de l'entretien. A l'issue du contrôle, la commune établit un document précisant les travaux à réaliser pour éliminer les dangers pour la santé des personnes et les risques avérés de pollution de l'environnement. / Les modalités d'exécution de la mission de contrôle, les critères d'évaluation de la conformité, les critères d'évaluation des dangers pour la santé et des risques de pollution de l'environnement, ainsi que le contenu du document remis au propriétaire à l'issue du contrôle sont définis par un arrêté des ministres chargés de l'intérieur, de la santé, de l'environnement et du logement. / Les communes déterminent la date à laquelle elles procèdent au contrôle des installations d'assainissement non collectif ; elles effectuent ce contrôle au plus tard le 31 décembre 2012, puis selon une périodicité qui ne peut pas excéder dix ans. / Elles peuvent assurer, avec l'accord écrit du propriétaire, l'entretien, les travaux de réalisation et les travaux de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif prescrits dans le document de contrôle. Elles peuvent en outre assurer le traitement des matières de vidanges issues des installations d'assainissement non collectif. / Elles peuvent fixer des prescriptions techniques, notamment pour l'étude des sols ou le choix de la filière, en vue de l'implantation ou de la réhabilitation de tout ou partie d'une installation d'assainissement non collectif. / () ".

3. Aux termes de l'article L. 1331-1-1 du code de la santé publique : " I. - Les immeubles non raccordés au réseau public de collecte des eaux usées sont équipés d'une installation d'assainissement non collectif dont le propriétaire assure l'entretien régulier et qu'il fait périodiquement vidanger par une personne agréée par le représentant de l'Etat dans le département, afin d'en garantir le bon fonctionnement. / () II. - Le propriétaire fait procéder aux travaux prescrits par le document établi à l'issue du contrôle prévu au III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, dans un délai de quatre ans suivant la notification de ce document. / () ". L'article L. 1331-8 du même code dispose que : " Tant que le propriétaire ne s'est pas conformé aux obligations prévues aux articles L. 1331-1 à L. 1331-7-1, il est astreint au paiement d'une somme au moins équivalente à la redevance qu'il aurait payée au service public d'assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d'une installation d'assainissement autonome réglementaire, et qui peut être majorée dans une proportion fixée par le conseil municipal ou le conseil de la métropole de Lyon dans la limite de 400 %. / () ". Enfin, l'article L. 1331-11 du même code précise que : " Les agents du service d'assainissement ont accès aux propriétés privées : / () 2° Pour procéder à la mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif prévue au III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales ; / 3° Pour procéder à l'entretien et aux travaux de réhabilitation et de réalisation des installations d'assainissement non collectif en application du même III ; / () En cas d'obstacle mis à l'accomplissement des missions visées aux 1°, 2° et 3° du présent article, l'occupant est astreint au paiement de la somme définie à l'article L. 1331-8, dans les conditions prévues par cet article. "

4. En application des dispositions précitées, par les deux courriers attaqués des 16 mai et 26 juin 2024, le vice-président de la communauté de communes Montagne d'Ardèche a demandé à M. A, puis a mise en demeure celui-ci, de contacter le prestataire Véolia, dans les délais fixés par ces courriers, afin de réaliser un diagnostic de son installation d'assainissement non collectif, sous peine d'être astreint à une pénalité d'un montant de 544,50 euros.

5. La requête de M. A, qui se borne à faire valoir, sans fournir à l'appui de ses allégations des précisions particulières, qu'il n'a pas refusé l'accès à son installation, n'ayant " jamais vu personne ", et qu'il se sent menacé et harcelé et s'interroge sur les pouvoirs du service public d'assainissement non collectif (SPANC), ne comporte aucun moyen articulé en droit et ne s'appuie sur aucun document. Elle n'est ainsi manifestement pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il suit de là que la requête doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la communauté de communes Montagne d'Ardèche.

Fait à Lyon, le 4 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier