Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par Mme A... d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour. En cours d’instance, la préfète a accordé à la requérante une carte de séjour temporaire, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Par ordonnance, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a également condamné l’État à verser 1 200 euros à l’avocat de Mme A... au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Mme D... A..., représentée par Me Zouine, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet du silence gardé par la préfète du Rhône sur sa demande de titre de séjour présentée le 11 août 2023 ;
2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 hors taxes à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 19 août 2025, la préfète du Rhône informe le tribunal qu’elle a accordé à la requérante une carte de séjour temporaire valable du 14 décembre 2024 au 13 décembre 2025 et conclut au-non-lieu à statuer sur la requête ainsi qu’au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Mme C... A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2024.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
– le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, la préfète du Rhône a accordé une carte de séjour temporaire à la requérante. Par suite, les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet et il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.
Mme C... A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros à verser à Me Zouine, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de Mme C... A....
Article 2 : L’État versera à Me Zouine une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi n° 91‑647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Zouine renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... A..., à Me Zouine et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 28 janvier 2026.
La présidente,
P. Dèche
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,