Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406467

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406467
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre

Résumé IA

Refus de renouvellement de titre de séjour étudiant – Tribunal Administratif de Lyon – Irrecevabilité pour tardiveté – Articles L. 614-4 et R. 776-2 du CESEDA. Le tribunal a rejeté la requête de M. A, ressortissant éthiopien, contestant l’arrêté préfectoral du 21 décembre 2023. La notification de l’arrêté, retournée à la préfecture le 28 décembre 2023 avec la mention "destinataire inconnu", a été jugée régulière faute de déclaration de changement d’adresse par l’intéressé. La requête, enregistrée le 28 juin 2024, était tardive, le délai de recours de trente jours étant expiré.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.

M. A soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la réorientation dans ses études supérieures en France est due à un choix initial de domaine d'études qui ne correspondait pas à ses aspirations professionnelles et à des raisons de santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Un mémoire été produit pour M. A le 10 septembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience.

Par une décision du 29 août 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant éthiopien né le 4 mars 2002, est entré en France le 2 septembre 2021 muni de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Il demande l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi.

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 776-2 alors applicable du même code : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ". Enfin, l'article R. 431-23 de ce code prévoit que : " Tout étranger, séjournant en France et titulaire d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an, est tenu, lorsqu'il transfère le lieu de sa résidence effective et permanente, d'en faire la déclaration, dans les trois mois de son arrivée, à l'autorité administrative territorialement compétente ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a été notifié par lettre recommandée avec avis de réception à l'adresse figurant sur la demande de renouvellement de son titre de séjour, l'intéressé, qui a déménagé avant l'envoi de ce pli, n'alléguant pas qu'il aurait déclaré son changement d'adresse aux services de la préfecture en application des dispositions précitées de l'article R. 431-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou que la préfète du Rhône aurait eu connaissance de sa nouvelle domiciliation. Ainsi, alors que le pli a été retourné aux services préfectoraux le 28 décembre 2023 revêtu de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", l'arrêté attaqué doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au plus tard à la date à laquelle le pli a été retourné aux services de la préfecture du Rhône, soit le 28 décembre 2023. Dès lors, la requête enregistrée le 28 juin 2024, a été introduite après l'expiration du délai de recours contentieux d'un mois. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2023 sont tardives et la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Rhône doit être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée comme irrecevable.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Feron, première conseillère,

Mme Leravat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La présidente-rapporteure,

V. Vaccaro-Planchet

L'assesseure la plus ancienne,

Mme Feron

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Mme Feron

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,