Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407528

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407528
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Refus de carte mobilité inclusion – stationnement pour personne handicapée. Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de Mme A pour irrecevabilité manifeste. La requérante n’avait pas formé le recours administratif préalable obligatoire avant de saisir le juge, en méconnaissance des articles R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles et R. 412-1 du code de justice administrative. La régularisation intervenue en cours d’instance, par un recours déposé après l’introduction de la requête, n’a pas pu couvrir cette irrecevabilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée les 11 juillet 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a refusé de lui attribuer une " carte mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personne handicapée " ;

2°) de lui délivrer la carte sollicitée.

Par un courrier du 5 août 2024, Mme A a été invitée à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a rejeté son recours administratif préalable obligatoire, ou l'accusé de réception du dépôt de ce recours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ". Aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à l'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite du recours préalable, laquelle se substitue à la décision initiale, est susceptible d'être déférée au juge administratif.

4. A la suite de la demande de régularisation visée ci-dessus qui lui a été adressé le 5 août 2024, dont elle a accusé réception le 7 août suivant, Mme A a produit le justificatif du dépôt du recours préalable obligatoire présenté devant la maison départementale des personnes handicapées de la Loire le 7 août 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête. Toutefois, si une requête peut être régularisée par l'intervention en cours d'instance d'une décision rendue sur le recours administratif préalable obligatoire, celui-ci doit avoir été effectué avant la saisine du tribunal. Par suite, la requête de Mme A est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Lyon, le 30 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier