Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407861

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407861
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBITOO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme tardive la requête de M. B contestant le retrait de points et l’invalidation de son permis de conduire. Le juge a constaté que les décisions attaquées, notifiées par plis recommandés présentés en juillet 2022 et juin 2023, mentionnaient les voies et délais de recours, et que le recours gracieux formé en mai 2024 n’avait pu proroger un délai déjà expiré. En application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 5 août 2024, a été jugée manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. A B représenté par Me Bitoo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré trois points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 6 avril 2022, ainsi que la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre a retiré trois points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 5 octobre 2022, a prononcé l'invalidation de son titre de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 27 mai 2024 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son titre de conduire, rétabli en sa validité ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas été destinataire des d'informations préalables prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité de l'infraction commise le 5 octobre 2022 n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête sur le fond.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été introduite plus de deux mois après la notification régulière des décisions attaquées, le recours gracieux du 27 mai 2024 n'ayant pas pu conserver les délais ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des avis de réception postaux produits par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que les plis contenant la décision retirant trois points du permis de conduire de M. B pour une infraction commise le 6 avril 2022 ainsi que la décision " 48SI " retirant trois points du permis de conduire de l'intéressé pour une infraction commise le 5 octobre 2022 et constatant l'invalidation du son permis de conduire ont été présenté à l'adresse du requérant, respectivement le 15 juillet 2022 et le 6 juin 2023 et ont tous deux été retournés à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Ces décisions comportaient la mention des voies et délais de recours. Il s'ensuit que le délai de recours contentieux de deux mois a commencé à courir le 15 juillet 2022 s'agissant de la première décision et le 6 juin 2023 s'agissant de la seconde décision, sans que le recours gracieux formé par M. B le 27 mai 2024 n'ait eu pour effet de proroger ce délai qui était déjà expiré. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur et des outre-mer est fondé à soutenir que la requête de M. B enregistrée au greffe du tribunal le 5 août 2024, a été présentée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois et est, par suite, tardive.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Lyon, le 24 septembre 2024

Le président de la 4ème chambre,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier